Dossier

vendredi 7 février 2014

Toshiaki Komura : "Il y a chez Tezuka cette vision bouddhique des cycles de la vie" - INTERVIEW


Artistes : Toshiaki Komura, le réalisateur japonais de Bouddha 2 Un voyage sans fin, le second volet de la trilogie Bouddha, adaptée du manga d’Osamu Tezuka. était à Paris, fin janvier, pour la promotion de son film. Cineblogywood l’a rencontré. 



Cineblogywood : Aux manettes de Bouddha 2 Un voyage sans fin, vous avez succédé à Kozo Morishita, producteur de la trilogie et réalisateur du premier film, Bouddha Le grand départ. Comment ce passage de témoin s’est-il déroulé ?

Toshiaki Komura : Kozo Morishita m’a questionné sur ce que je voulais faire pour ce second volet. Il se trouve que je suis fan de La vie de Bouddha, la bande dessinée d’Osamu Tezuka. J’ai lui ai donc demandé, de manière naïve, si on pouvait ramener Bouddha 2 dans la ligne graphique du manga original. Il m’a répondu catégoriquement : "non", puisqu’il fallait rester dans la logique du premier film [pour en savoir plus sur la conception de Kozo Morishita concernant l’adaptation graphique de l’œuvre de Tezuka, lisez son interview ici, NDLR]. Le premier volet a été produit dans la lignée de 300, le film américain de 2006 sur la bataille des Thermopyles, des Spartes contre la Perse, adapté du comic book éponyme du dessinateur Frank Miller. Un film épique, bourré de testostérone. J’ai dû rester dans cette continuité.

Quelle touche personnelle avez-vous réussi à insuffler à cette suite ?

La scène où Bouddha parvient à l’éveil est un moment-clé, dans lequel j’ai mis beaucoup de moi-même. Elle me semblait particulièrement difficile à mettre en œuvre, dans le sens où il fallait la différencier du reste du film. Je l’ai gardée en tête, dès que j’ai accepté de réaliser ce projet. Pour Pretty Cure Splash Star, une des séries d’animation de l’univers Precure [un anime de Magical Girls, NDLR] sur laquelle j’ai travaillé, j’avais prévu l’intervention d’éléments naturels, dans le dernier épisode. Des esprits des éléments de la terre et du ciel conçus en 3D. Mais, finalement, je n’ai pas réalisé moi-même la fin de la série. J’avais à l’esprit des images très précises que je n’ai pas eu l’occasion de concrétiser moi-même. Pour le basculement du personnage principal de Bouddha, cet instant si particulier où il parvient à l’éveil, j’ai repris cette idée des éléments naturels, ici liés à la terre, en utilisant une lumière irradiant du sol. Je suis assez content de cette scène exprimant ce moment miraculeux.

Que retiendrez-vous de votre expérience dans Bouddha ?

J’ai été lecteur des bandes dessinées d’Osamu Tezuka, dès le collègue. J’ai lu avec passion Phénix, l’oiseau de feu, également une œuvre fleuve sur la réincarnation, la destinée que l’on retrouve dans La vie de Bouddha et dans toute l’œuvre du mangaka. On y découvre toujours quelque chose qui relève de cette idée de cycle, de cette vision bouddhique des cycles de vie. Bouddha décrit le moyen de se libérer de cette cyclicité, de mettre fin à la souffrance. J’ai ressenti comme une forme de destinée le fait de travailler sur cette adaptation, faisant partie d’une œuvre m’ayant tellement touché.

Découvrez le site de Lionel Samain, l'auteur de la photo de Toshiaki Komura.

A consulter également : le site de Toei Animation Europe

Rachael



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