Dossier

dimanche 15 septembre 2019

The New Teen Titans : les ados prennent le (super) pouvoir

A lire : Alors que la saison 2 de Titans a débuté, Urban Comics édite le premier (gros) volume d'une anthologie consacrée à The New Teen Titans, un titre développé au début des années 1980 par Marv Wolfman et George Perez pour DC Comics. Que de souvenirs !



L'équipe de super-teenagers existe depuis le milieu des années 1960 mais à partir des années 1970, malgré une relance du titre, les aventures de Robin, Kid Flash & co peinent à emballer les lecteurs. Fin 1980, le scénariste Marv Wolfman et le dessinateur George Perez reboostent alors cette franchise en s'appuyant sur trois membres "historiques", Robin, Wonder Girl, et Kid Flash, auxquels s'associent Changelin, Cyborg, l'extra-terrestre Starfire et la mystérieuse Raven. C'est d'ailleurs cette dernière qui provoque la (re)constitution du groupe afin de défendre la Terre contre une extraordinaire menace venue d'une autre galaxie. 

Ces Jeunes Titans sont considérés comme la réponse de DC Comics au succès des X-Men de Marvel, revitalisés par le duo Chris Claremont et John Byrne. Même si les deux éditeurs n'ont jamais vraiment cessé de s'inspirer - ou se copier - mutuellement. Marv Wolfman, passé un temps chez la Maison des Idées, a compris qu'une association de super-héros ne peut pas intéresser les lecteurs si elle se limite à enchaîner les affrontements, sur Terre ou dans l'espace. Il a donc pris soin de travailler la psychologie des personnages. Nos héros, comme tous les jeunes de leur âge, sont travaillés par des questions existentielles. Et leurs hormones. Trois d'entre eux, Robin, Cyborg et Raven, vivent ainsi un demi-complexe d'Oedipe qui les amène à rejeter leur père ou mentor, Batman pour ne pas le citer. A ces questionnements individuels, s'ajoutent des tensions au sein du groupe. Les caractères s'affirment, la méfiance persiste et les sentiments, y compris amoureux, peinent à s'exprimer. Et tout cela, alors que de super-méchants menacent notre belle planète.

On s'attache rapidement à cette bande hétéroclite qui devient progressivement un groupe uni. D'autant que Wolfman nous concocte des épisodes haletants, qui dévoilent progressivement un récit ample emportant le lecteur dans de multiples mondes. Et les dialogues sont pleins de vie et d'humour. Habitué à mettre en scène des collectifs encapés (ou non) chez le concurrent (les Avengers et les Fantastic Four notamment), George Perez contribue par son dessin souple et vif à mettre en place une dynamique de groupe. Et à créer des batailles épiques. Certes, les costumes ont parfois vieilli - le slip de Robin, l'accoutrement disco-métallique de Cyborg, ce n'est pas possible ! - mais on est emballé par ce premier volume.



Et pour ma part, je retrouve avec joie ceux qui s'appelaient alors Les jeunes Titans, lorsqu'ils étaient publiés en VF chez Aredit en 1982. Il me reste trois volumes de cette collection Artima Color - DC Super Star. C'est d'ailleurs marrant de voir à quel point la traduction a évolué pour mieux respecter la version originale. Une comparaison qui permet également d'apprécier le travail sur les couleurs pour cette nouvelle édition.

En haut, la VF d'Aredit (1982) ; en bas, celle d'Urban Comics (2019)

A gauche, la VF d'Aredit (1982) ; à droite, celle d'Urban Comics (2019)

Ceux qui ont découvert ces ados super-héroïques à travers le cartoon déjanté Teen Titans Go ou Titans, la nouvelle série DC Originals, devraient apprécier autant cet album que les fans de comics.



Anderton

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