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vendredi 15 mai 2026

Le Festival de Cannes selon Olivier Père (Arte)

Olivier Père Arte Festival de Cannes Questionnaire cannois CINEBLOGYWOOD

Olivier Père fait partie des "passeurs", ceux qui savent parler des films et les faire aimer. Le directeur du cinéma d'Arte France nous régale en présentant certains des longs-métrages diffusés sur la chaîne et en animant de passionnantes Conversations avec les grands talents du 7e art. Habitué du Festival de Cannes, il a répondu avec générosité à notre Questionnaire cannois (découvrez l'intégralité de nos interviews). Il évoque son travail sur place, les oeuvres qui l'ont marqué, ses Palmes d'or préférées...


Qu'allez-vous faire à Cannes ?

Depuis que je dirige ARTE France Cinéma, je vais à Cannes pour accompagner les coproductions de la filiale, et les films soutenus par ARTE en général, invités dans les différentes sections du festival. Cela se traduit par des entretiens filmés avec les cinéastes, réalisés pour la plateforme arte.tv. J’y vais aussi, bien sûr, pour revoir la plupart de nos coproductions avec leurs équipes et dans la mesure du possible, pour découvrir un grand nombre de films.

Combien de fois avez-vous participé au Festival ?

Je vais au Festival de Cannes depuis 1996, sans interruption sauf en 2003, où j’ai raté une édition pourtant immanquable - il y fut montré The Brown Bunny dans un montage non définitif. J’y suis d’abord allé comme simple cinéphile - je venais d’entrer à la Cinémathèque française -, puis comme pigiste aux Inrockuptibles à partir de 1998. Ensuite j’ai été délégué général de La Quinzaine des cinéastes quand elle s’appelait Quinzaine des réalisateurs entre 2004 et 2009, puis je suis retourné à Cannes en tant que visiteur les trois années où j’étais directeur artistique du Festival de Locarno. Et enfin, depuis 2013, sous la bannière d’ARTE.

Mais ma vraie première fois, c’était en 1988 grâce à des amis cannois de mes parents qui m’avaient hébergé quelques jours et obtenu des tickets pour des films, parmi lesquels Patty Hearst de Paul Schrader et Sur le globe d’argent d’Andrzej Żuławski. J’avais 17 ans.

Qu’attendez-vous de cette édition 2026 ?

Comme chaque année, J’espère découvrir des films magnifiques, ceux que je guette depuis plusieurs mois et aussi les belles surprises révélées par le festival. J’attends bien sûr le lancement de nos coproductions, qu’elles obtiennent le plus de succès possible, durant le Festival et pour la suite de leur carrière.

Quel est votre plus grand plaisir pendant le Festival ?

Retrouver des amis, saluer des artistes que j’admire et assister à des projections inoubliables. Compter parmi les premiers spectateurs de Once Upon A Time in Hollywood de Quentin Tarantino, The House That Jack Built de Lars von Trier, The Assassin de Hou Hsiao-hsien, Elle de Paul Verhoeven ou La Zone d’intérêt de Jonathan Glazer, ce n’est pas rien. Et puis lorsque le festival se conclut par le sacre d’un film soutenu par ARTE, c’est une immense joie et une grande satisfaction. 

Qu’est-ce qui vous énerve le plus ?

Rien ne m’énerve vraiment à Cannes, où je dispose d’un statut très privilégié qui me permet d’assister aux projections que je souhaite, et c’est le plus important. C’est un festival que j’aime beaucoup, de loin le meilleur du monde dans sa catégorie. Le seul motif d’énervement, purement cinéphile, concerne l’accueil de films adorés, lorsqu’ils sont mal reçus ou absents du palmarès.

Quel est votre plus beau souvenir ?

J’ai une foule de souvenirs merveilleux à Cannes. D’abord durant les six années passées à la tête de la Quinzaine, grâce à des films et des moments passés avec des cinéastes qui continuent de beaucoup compter pour moi. Depuis que je vais à Cannes avec les équipes d’ARTE, je ramène d’excellents souvenirs de chaque édition du festival. Comme l’annonce de la Palme d’or pour Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan en 2014, par la présidente du jury Jane Campion.

Qu’y a-t-il dans votre valise ?

Comme d’habitude quand je voyage. Mon ordinateur, des livres. Plus le smoking indispensable à Cannes, ce qui n’est pas le cas des autres festivals en général, même si j’ai découvert l’année dernière qu’il fallait être en tenue de soirée pour assister à la cérémonie d’ouverture du festival de Bishkek au Kirghizstan.

Quel est votre truc pour tenir le coup pendant la quinzaine ?

Très simple : éviter de boire de l’alcool et ne pas me coucher trop tard.

Pour quel(le) artiste redeviendriez-vous un fan de base si vous le/la croisiez sur la Croisette ?

Scarlett Johansson.

Votre fête cannoise la plus délirante, c’était où et quand ?

Tellement délirante que je n’en garde aucun souvenir !

Quelle est votre Palme d’or préférée ?

Impossible de ne citer qu’un seul film, il y a trop de chefs-d’œuvre. Voici mon top 5, improvisé et dans le désordre : Le Guépard (Visconti), Blow-Up (Antonioni), Taxi Driver (Scorsese), Apocalypse Now (Coppola), Kagemusha (Kurosawa).

Quel est votre programme après le Festival ?

Il me reste une semaine pour finir d’écrire un bouquin.


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Photo de Bernard Père : Bertrand Noël

Anderton


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