Les tueurs en série fascinent, dans les médias comme au cinéma ou dans les séries. Normal que la bande dessinée s'y intéresse aussi. La suite de l'excellent Beneath the trees where nobody sees est très réussie tandis que Dust to Dust nous emmène sur les traces d'un mystérieux assassin pendant la Grande Dépression.
Patrick Horvath : Beneath the trees where nobody sees - Rite of Spring (Ankama)
Succès critique et public mérité pour Beneath the trees, sorti l'an dernier. Patrick Horvath a imaginé un monde à la Richard Scarry, peuplé d'animaux mignons, qu'il a peint à l'aquarelle. S'en dégage une douceur et une délicatesse qui tranchent (pun intended) avec l'horreur du propos... et des images : Samantha Strong, la serviable ourse qui tient la quincaillerie de Woodbrook, a pour passion le meurtre. Elle kidnappe ses victimes dans la grande ville voisine puis les découpe méthodiquement dans les bois.
Dans le premier album, elle devait faire face à un copycat qui avait décidé d'agir à Woodbrook. Dans cette suite, c'est l'arrivée de la soeur d'une victime qui vient bousculer le quotidien de Samantha. Horvath fait monter la tension jusqu'à un final éclaboussant. Prenant, mignon et gore, ce nouvel album est une franche réussite. We want more !
JG Jones et Phil Bram : Dust to Dust (Delcourt)
Contrairement à son nom, New Hope a perdu tout espoir. Pendant l'entre-deux guerres, cette bourgade paumée de l'Oklahoma traverse deux tempêtes : l'une économique (la Grande Dépression), l'autre climatique, le Dust Bowl, une sécheresse sans précédent. Et comme si les habitants ne souffraient pas assez, une troisième "plaie d'Egypte" s'abat sur la contrée : un mystérieux tueur en série enchaîne les assassinats. Le shérif Meadows est sur le coup mais il doit lutter contre le maire, une famille de brutes et de vieux démons : l'alcool dans lequel il se réfugie pour tenter d'oublier le traumatisme de la première guerre mondiale. Pour autant, il peut compter sur l'aide d'une photojournaliste (dont les traits sont ceux de Cate Blanchett) venue faire un reportage sur place.
Dans une ambiance qui évoque Les Raisins de la colère, Bonnie & Clyde et Seven, les auteurs racontent une Amérique au fond du trou, minée par la crise, rongée par la ségrégation, qui délaisse ses boys revenus traumatisés de la guerre en Europe. Un récit complet sans concession que JG Jones, le dessinateur de Wanted, illustre à l'aquarelle dans une nuance de tons sépia (découvrez les premières planches).
Anderton


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