Artistes : Robert Altman. Décédé il y a 5 ans, le cinéaste me manque déjà – heureusement qu’il y a les frères Coen ! Ce qui les caractérise ? Une générosité et une ironie dans le regard qu’ils portent sur l’Amérique, ses habitants. Et ses genres. Car outre leur passion pour la musique, ce qui les rapproche, c’est leur volonté de revisiter tous les genres hollywoodiens, du western au thriller, en passant par la screwball comedy et la BD.
Là s’arrête la comparaison. Car Altman a imposé un genre à lui tout seul : le film choral, à vocation satirique et iconoclaste. Ce qui ne l’a pas empêché d’emprunter une voie plus secrète et onirique, afin de sonder la psyché humaine, notamment féminine. Mal aimé dans son pays d’origine, malgré une Palme d’Or obtenue avec MASH (1970), le réalisateur s’exile en Europe après l’échec cinglant de Popeye (1981), avant de revenir en force avec The Player (1993) pour livrer une éblouissante fin de carrière (Short Cuts, Gosford Park).
Focus sur 10 films du cinéaste que célèbre
la Cinémathèque depuis le 18 janvier :
John McCabe (1972) : sur une musique composée par Leonard Cohen, un véritable western sous la neige. Qui rend hommage de manière sarcastique et élégiaque aux pionniers de l’Ouest américain. Pensez ! Son héros, barbu, jouisseur, décide d’ouvrir un bordel pour les pionniers. Warren Beatty et Julie Christie, alors en pleine idylle, pour un film magnifié par la lumière de Vilmos Zsigmond.
Trois Femmes (1977) : film onirique totalement unique en son genre, qui ne se compare à rien, pas même à du Bergman. Trois femmes isolées dans un motel perdu au fin fond du désert Mohave californien donne lieu à un spectacle envoûtant et onirique d’inspiration jungienne, dominé par trois figures féminines, incarnations possibles de la trinité père-mère-enfant. Sissy Spacek dans son plus grand rôle – prix d’interprétation à Cannes 1977 pour Shelley Duvall.