dimanche 13 septembre 2026

Carolco : plus dure a été la chute

Carolco Un rêve américain Blu-ray CINEBLOGYWOOD

Carolco. Un nom qui ne veut rien dire de l'aveu même d'un de ses fondateurs mais une ambition énorme. En un peu plus de dix ans, le studio indépendant créé par Andrew G. Vajna et Mario Kassar a imposé sa loi à Hollywood avant d'exploser en vol. Julien Dupuy et Jérémy Fauchoux reviennent sur cet American Dream contrarié dans Carolco Un rêve hollywoodien, disponible en vidéo chez L'Atelier d'images.


Kassar et Vajna, le duo de choc

C'est l'histoire de deux producteurs audacieux : Mario Kassar et Andrew G. Vajna. Le premier, d'origine libanaise, est la caricature du producteur des années 1980 (lire Box-office, la biographie de Don Simpson par Charles Fleming chez Sonatine): flambeur mais doté d'un flair certain pour dénicher les futurs blockbusters. Le second, d'origine hongroise, est plus austère et plus strict quand il s'agit de sortir le chéquier. Les deux font la paire ! En 1976, ils fondent Carolco avec une ambition forte : faire la nique aux majors. 

Blockbusters et films d'auteur

Le premier succès intervient en 1982 - Rambo (First Blood) - et lance une juteuse franchise. Sylvester Stallone (Rambo 2 et 3, Haute sécurité, Cliffhanger) puis Arnold Schwarzenegger (Double Détente, Total Recall, Terminator 2) et Jean-Claude Van Damme (Universal Soldier) rejoignent l'écurie Carolco. Les stars sont aussi derrière la caméra : James Cameron, Walter Hill, Costa-Gavras, Alan Parker, Adrian Lyne, Peter Hyams, Oliver Stone, Roland Emmerich, Richard Attenborough...

Trop vite, trop loin

Les succès s'enchaînent. La petite boîte indépendante fait de l'ombre aux studios historiques. Kassar vit la vida loca. On pense à la séquence "Push It To The Limit" dans Scarface (qui n'est pas une production maison).

Mais comme Tony Montana, Kassar perd le sens de la réalité. Son flair s'émousse, les budgets s'envolent. Après la baraka, c'est la baraque qui n'est plus tenue. En 1995, deux grosses productions coulent Carolco : L'Ile aux pirates de Renny Harlen et Showgirls de Paul Verhoeven. Et si le logo avait annoncé la catastrophe à venir ? La courbe lumineuse qui révèle le C du studio évoque finalement une mèche de dynamite qui finit par exploser. Bon, peut-être que je m'emballe. 

En tout cas, malgré l'apport financier de partenaires (dont Canal+), la banqueroute intervient en 1995. A Los Angeles, la concurrence pousse un long soupir de soulagement et s'empresse de "recruter" les talents que Carolco a été incapable de garder : la Fox sort Independence Day de Roland Emmercih en 1996 puis, avec Paramount, Titanic de James Cameron en 1997. Deux succès planétaires qui auraient pu sauver le studio de Kassar et Vajna... Hollywood, ton univers impitoyable.

Insiders à la barre

Dupuy et Fauchoux signent un documentaire passionnant, ponctué d'images d'archives et de témoignages de première bourre par des anciens de la maison, des partenaires (Pierre Lescure), le scénariste Joe Eszterhas (Basic Instinct) et les réalisateurs Paul Verhoeven, Adrian Lyne, Costa-Gavras, Roland Emmerich et Peter Macdonald. En bonus, on découvre comment l'illustrateur Gil Jouin a réalisé la belle affiche du documentaire.

Anderton


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