Affichage des articles dont le libellé est Julian Schnabel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Julian Schnabel. Afficher tous les articles

lundi 14 janvier 2008

Golden Globes : Marion Cotillard ne regrette rien…

Artistes : Non rien de rien, Marion Cotillard ne regrette rien. Surtout pas d’avoir accepté de se laisser emporter, corps et âme, par La Môme d’Olivier Dahan. Elle a bien fait finalement. Elle a bien fait de se recroqueviller, d’adopter une démarche clopin-clopant, de s’enlaidir, de prendre la gouaille et l’accent titi parisien. Et pour cause, son interprétation magistrale d’Edith Piaf vient de lui valoir le prix de la meilleure actrice dans un film musical aux Golden Globes. Rien que ça.
Faute de cérémonie glamour, annulée à cause de la grève des scénaristes, c’est au cours d’une conférence de presse bien sobre que les lauréats ont été annoncés, le 13 janvier. Et voilà donc notre petite Française de 33 ans honorée. On est fiers, oui et presque un peu dégoûtés de ne pas l’avoir vue en belle robe, sur un tapis rouge, pleurant devant un parterre de stars clinquantes et bafouillant ses remerciements en anglais. Marion Cotillard méritait le strass et les paillettes, la robe Chanel et les escarpins Louboutin, mais tant pis, elle le recevra en colis express par la poste son beau trophée. Oui ça fait moins rêver, mais c’est toujours aussi beau sur une cheminée.
Et comme si cela ne suffisait pas à satisfaire notre chauvinisme exacerbé, Le Scaphandre et le papillon, le film tourné en français avec des acteurs français, de l’américain Julian Schnabel a reçu le prix du meilleur film étranger. Le cinéma français voit la vie en rose en ce début d’année.
Black Mamba

mercredi 30 mai 2007

Tous les scaphandres ont des hublots

En salles: Tout le monde connaît Jean-Dominique Bauby.
Et si vous ne connaissez pas son nom, vous connaissez au moins son histoire : l’histoire d’un homme entièrement paralysé qui parvint à écrire un livre à la force d’une paupière, celle de son œil gauche (un clignement pour oui, deux pour non).
Son livre raconte sa vie, son accident, son combat…Et l’extraordinaire pouvoir de l’esprit face à l’affaiblissement de la chair. C’est ce livre, Le Scaphandre et le Papillon, que Julian Schnabel (déjà auteur de Basquiat et d'Avant la nuit) a décidé d’adapter au cinéma.
Le pari était risqué : comment mettre en scène un pareil scénario sans sombrer dans la facilité, le pathétique, l’usine à kleenex ? La réponse de Schnabel est confondante de simplicité : en refusant le statut de victime au héros alité.
Bien sur l’écueil du pathos n’est pas toujours évité (les regards embués des plus belles femmes ou les pleurs d’un vieillard handicapé ne peuvent laisser insensibles) mais l’essentiel est sauf : on ne pleure pas parce que Bauby est paralysé, on rit parce que c’est un grand homme. Pas de commisération, de lamentation, d’empathie malsaine mais bien plutôt de l’admiration pour l’Homme, pour celui qui a su user de son imagination pour s’évader de sa condition. Ce film témoigne de l’humanité qu’il y avait en Bauby, qu'il y a en chacun de nous.
Cannes 2007...
Les parti pris de Schnabel sont justifiés de bout en bout : la caméra subjective (le spectateur est dans la tête de Bauby. Tout le monde n’a pas son sens l’autodérision mais ça fait du bien de le penser), le refus de l’apitoiement, la réalité des fantasmes du héros et le choix des acteurs, Amalric en tête (une voix-off pleine de retenue, explicite). Toute la distribution est au service d’une belle histoire: ça vaut une palme, celle de la mise en scène.
Mon conseil: si vous ne le voyez que d'un oeil, vous en raterez la moitié.
Sentenza (Palm Irina)