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vendredi 28 octobre 2011

Poulet aux Prunes : délice aux prunelles


En salles : Comme son nom l’indique, ce Poulet aux Prunes nous propose un mix sucré-salé. Qui mélange les genres, les acteurs, les tonalités. Et qui multiplie les audaces narratives, tente des trucs, en réussit beaucoup, en rate certains.

Mélo aux allures de conte poétique

Car c’est la toute première qualité de ce conte poétique : son audace narrative et formelle. Gonflé, que de proposer un conte oriental contemporain, tiré d’une BD, dans des décors en carton-pâte censés figurer l’Iran des années 50, avec des acteurs réels dans notre France si cartésienne, si férue de psychologie, d’action et de terroirs ! Pari réussi sur toute la ligne : on est embarqué dans une histoire aux multiples ramifications, centrée sur les 8 derniers jours d’un violoniste incarné par Amalric, décidé à mourir après que sa femme lui eut volontairement détruit son précieux instrument. Truffée de flashbacks, ellipses, et flashforward, l’intrigue évoque avec délice et malice aussi bien les charmes des Contes des 1001 nuits, les labyrinthes narratifs de Raoul Ruiz ou les coqs à l’âne de Luis Bunuel. 

mardi 3 juillet 2007

Persepolis nique la police

En salles : Marjane Satrapi avait prévenu : Persepolis ne doit pas être vu comme un réquisitoire contre la république islamique d'Iran mais bien comme l'histoire universelle de n'importe quelle petite fille confrontée au fanatisme des uns et à l'indifférence des autres.
Le choix de l'animation avait d'ailleurs été fait afin de faciliter l'identification des spectateurs: l'abstraction des dessins les forcant à s'approprier les personnages. Le travers de ce choix artistique est qu'il confère au film une étrange patine hermétique qui rend désespérés nos efforts pour participer au récit. Il est quand même dommage de rester passif devant un récit si poignant (j'aurais aimé crier, rire, pleurer).
Emotion absente
Quelques pointes d'humour nous rappellent que nous sommes au cinéma mais, dans l'ensemble, l'émotion est belle et bien absente. La volonté d'universaliser le propos a sans doute vidé de sa substance ce voyage initiatique dans l'esprit d'une jeune iranienne...Ce qui est d'autant plus dommage que les voix de Chiara Mastroianni et de sa mère, Catherine Deneuve, nous donneraient presque envie de les voir en live.
Mon conseil: Il faut le voir pour le croire. Ne serait-ce que parce que ce film a obtenu le prix du jury au dernier festival de Cannes.

Sentenza (entre chien et Shah)