En salles : Comme son nom l’indique, ce Poulet aux Prunes nous propose un mix sucré-salé. Qui mélange les genres, les acteurs, les tonalités. Et qui multiplie les audaces narratives, tente des trucs, en réussit beaucoup, en rate certains.
Mélo aux allures de conte poétique
Car c’est la toute première qualité de ce conte poétique : son audace narrative et formelle. Gonflé, que de proposer un conte oriental contemporain, tiré d’une BD, dans des décors en carton-pâte censés figurer l’Iran des années 50, avec des acteurs réels dans notre France si cartésienne, si férue de psychologie, d’action et de terroirs ! Pari réussi sur toute la ligne : on est embarqué dans une histoire aux multiples ramifications, centrée sur les 8 derniers jours d’un violoniste incarné par Amalric, décidé à mourir après que sa femme lui eut volontairement détruit son précieux instrument. Truffée de flashbacks, ellipses, et flashforward, l’intrigue évoque avec délice et malice aussi bien les charmes des Contes des 1001 nuits, les labyrinthes narratifs de Raoul Ruiz ou les coqs à l’âne de Luis Bunuel.

