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lundi 4 janvier 2016

Michel Galabru en 15 scènes cultes

Artistes : A 93 ans, Michel Galabru a tiré sa révérence et c'est un pan du cinéma français qui disparaît. Dans la lignée de Harry Baur et de Michel Simon, Galabru est un monstre sacré : un physique massif, une personnalité exubérante et une finesse de jeu qui sera reconnue tardivement. La faute à une filmographie foisonnante (plus de 200 longs-métrages !) et foutraque, marquée par beaucoup de comédies populaires, trop de panouilles franchouillardes et quelques chefs-d'oeuvre.

Galabru semble s'être moqué de sa postérité, reconnaissant avoir souvent couru les cachetons sans tenir compte du scénario, du metteur en scène ou du rôle. Or, si parfois les films de Galabru sont franchement mauvais, lui ne l'est jamais. C'est aussi ça, un grand acteur. Et faire marrer, lors d'une scène fugace, c'est tout un art que le comédien maîtrisait à la perfection. Le Michel cultivait un côté bourrin avec accent chantant et enchaînement de mimiques... une hénaurmité qui cachait une grande sensibilité, lui qui a mené une immense carrière théâtrale, et notamment à la Comédie française, se faisant l'interprète de Molière, Pagnol, Guitry, Feydeau, Goldoni ou Shakespeare.

Nous avons tous en tête des apparitions de Galabru qui nous ont marqués. Voici ma petite anthologie personnelle en vidéos, du Gendarme à Uranus, en passant par Flic ou Voyou et Le Juge et l'assassin.

lundi 12 novembre 2012

Cinéma français : "Opposer auteur et genre n'a pas de sens"

A lire : Le cinéma français aime cultiver sa différence au sein d'une production mondiale qui serait déclinante ou inféodée à Hollywood. Le 7e art à la française serait celui des auteurs quand son homologue américain ne serait qu'une usine à produire des films de genre. Critique de cinéma, Pierre Bas a décidé de tordre le cou à cette (im)posture hexagonale avec un ouvrage bien troussé : Je vous trouve très conformiste - Panorama impertinent du cinéma français, publié aux éditions Vendémiaire.

Avec inventivité, le critique met au jour les genres qui caractérisent la production cinématographique française : le film de pique-nique, le film prestige, le film gallo-américain, le film bobo... Et l'auteur de passer en revue une centaine de films de notre patrimoine. C'est bien vu, souvent drôle, parfois cruel mais toujours écrit avec beaucoup de style. On applaudit des deux mains lorsqu'il mitraille un film que l'on a détesté ; et on s'emporte au contraire quand il s'en prend à nos oeuvres fétiches. Cela méritait bien de poser quelques questions par téléphone à Pierre Bas sur ses motivations.

Cineblogywood : Alors, comme ça, on n'aime pas le cinéma français ?
Pierre Bas : Je n'ai aucune hostilité contre le cinéma français. Le constat de départ de mon livre, c'est que le cinéma français est très fier de sa singularité et qu'il n'adhérerait pas au genre. Ce que je réfute. Il existe des genres auxquels il est possible d'associer les films français, y compris ceux de Jean Renoir, que j'admire beaucoup. Le public a besoin d'être rassuré comme un enfant qui veut toujours le même conte. C'est la fonction même du genre.