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lundi 13 juin 2016
dimanche 2 novembre 2008
John Huston : des beautiful losers à la conquête de l'impossible
En DVD : 1979 : John Huston présente au Festival de Cannes Le Malin ; face à lui, Apocalypse Now, Les Moissons du Ciel, Hair, Manhattan. 1984 : rebelotte, le vieux lion présente Au-dessous du Volcan. Face à lui, Paris Texas, Il était une fois en Amérique, Broadway Danny Rose. A chaque fois, il repart bredouille, tels ses héros magnifiques, ses beautiful losers à la conquête de l'impossible et du dépassement de soi, qu'il filma avec tant de hargne et de brio dans Asphalt Jungle ou bien L'homme qui voulut être roi.
Huston fait Le Malin, Tarantino son malin...
Carlotta nous donne l'occasion de revoir dans de superbes éditions ces deux opus mal-aimés et incompris à leur sortie. Les 70 ans bien sonnés, le cinéaste nous livrait alors deux leçons de cinéma qu'un Tarantino ferait bien de méditer.
Huston fait Le Malin, Tarantino son malin...
Carlotta nous donne l'occasion de revoir dans de superbes éditions ces deux opus mal-aimés et incompris à leur sortie. Les 70 ans bien sonnés, le cinéaste nous livrait alors deux leçons de cinéma qu'un Tarantino ferait bien de méditer.
Surtout au moment où QT tient des propos peu amènes sur son aîné dans un entretien donné à Bertrand Tavernier à paraître dans la prochaine édition d'Amis américains (Actes Sud/Institut Lumière) : "OK, sa vie fut géniale, reconnaît-il. Mais il aurait pu être plus artiste. Les parties de poker, où il mettait en jeu ses propriétés en Irlande, ça l'intéressait plus que d'être un cinéaste. C'était un macho plus intéressé à tuer les éléphants ou à gagner aux cartes qu'à faire de l'art". Quentin, tu sais de qui tu parles, vraiment ? C'est quoi, tes équivalents de Gens de Dublin ou des Désaxés ?!
Deux adaptations de classiques de la littérature anglo-saxonne – signé Flannery O'Connor et Malcolm Lowry - réputés inadaptables ; deux mises en scène nerveuses, rythmées et inventives – rien à voir avec le clinquant et tape-à-l'oeil de Tarantino ; deux monuments d'interprétation qui rendent hommage au génie créatif de Brad Dourif d'un côté – vu dans Vol au-dessus d'un nid de coucou ou Heaven's Gate – et du Britannique Albert Finney – vu dans Voyage à 2, Big Fish et plus récemment, dans 7h58 ce samedi-là – deux modèles d'intelligence scénaristique face aux matériaux littéraires initiaux .
Superbes fleurons
Enfin, c'est surtout l'occasion de découvrir deux des plus beaux fleurons de l'oeuvre d'un cinéaste alors à l'automne de sa vie, mais qui n'hésite pas à se lancer dans des défis de jeune homme : adapter l'inadaptable, tout en restant fidèle à ses obsessions ; proposer un regard décapant sur deux régions ô combien cinégéniques – le Sud profond des Etats-Unis, le Mexique le jour de la fête des Morts ; enfin, faire mentir l'adage selon lequel la vieillesse est un naufrage en proposant deux films sardoniques, percutants et émouvants, qui dépassent de loin les tarantineries désormais en vogue.
Outre la qualité des masters qui rendent leur plénitude au travail sur la lumière effectué par les chefs op' choisis par le réalisateur (Gerry Fisher et Gabriel Figueroa), cette édition bénéficie de la Carlotta's touch : interview audio du cinéaste lors du Festival de Cannes 1984 – jouissif d'entendre Michel Ciment se faire rabrouer par Huston ! - un doc sur le tournage d'Under the volcano qui témoigne de l'ambiance exceptionnelle du tournage, ainsi que des analyses lumineuses sur quelques thématiques hustoniennes.
Message à Carlotta : à quand une éditon de même acabit de FatCity ?
Travis Bickle
Deux adaptations de classiques de la littérature anglo-saxonne – signé Flannery O'Connor et Malcolm Lowry - réputés inadaptables ; deux mises en scène nerveuses, rythmées et inventives – rien à voir avec le clinquant et tape-à-l'oeil de Tarantino ; deux monuments d'interprétation qui rendent hommage au génie créatif de Brad Dourif d'un côté – vu dans Vol au-dessus d'un nid de coucou ou Heaven's Gate – et du Britannique Albert Finney – vu dans Voyage à 2, Big Fish et plus récemment, dans 7h58 ce samedi-là – deux modèles d'intelligence scénaristique face aux matériaux littéraires initiaux .
Superbes fleurons
Enfin, c'est surtout l'occasion de découvrir deux des plus beaux fleurons de l'oeuvre d'un cinéaste alors à l'automne de sa vie, mais qui n'hésite pas à se lancer dans des défis de jeune homme : adapter l'inadaptable, tout en restant fidèle à ses obsessions ; proposer un regard décapant sur deux régions ô combien cinégéniques – le Sud profond des Etats-Unis, le Mexique le jour de la fête des Morts ; enfin, faire mentir l'adage selon lequel la vieillesse est un naufrage en proposant deux films sardoniques, percutants et émouvants, qui dépassent de loin les tarantineries désormais en vogue.
Outre la qualité des masters qui rendent leur plénitude au travail sur la lumière effectué par les chefs op' choisis par le réalisateur (Gerry Fisher et Gabriel Figueroa), cette édition bénéficie de la Carlotta's touch : interview audio du cinéaste lors du Festival de Cannes 1984 – jouissif d'entendre Michel Ciment se faire rabrouer par Huston ! - un doc sur le tournage d'Under the volcano qui témoigne de l'ambiance exceptionnelle du tournage, ainsi que des analyses lumineuses sur quelques thématiques hustoniennes.
Message à Carlotta : à quand une éditon de même acabit de FatCity ?
Travis Bickle
mercredi 8 octobre 2008
Carlotta (2/2) : Orgie de films !
En salles et en DVD : Pour fêter ses 10 ans d'existence, Carlotta nous convie à une véritable orgie de cinéma, sous toutes ses formes. Menu.Sélection d'enfer au Champo
Tout d'abord, parce qu'un film ne se savoure jamais aussi bien qu'en salles, Carlotta régale les cinéphiles tout le mois d'octobre au Champollion, à Paris, avec une sélection d'enfer. Parmi les titres les plus alléchants, on retiendra la version intégrale du film mythique de Michael Cimino, La Porte du Paradis ; Blue Velvet de David Lynch ; Le Désert rouge de Michelangelo Antonioni ; The Shooting de Monte Hellman ; ou bien encore le trop rare Esprit de la ruche de l'Espagnol Victor Erice ; Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia de Sam Peckinpah ; ou bien La Vie privée de Sherlock Holmes de Billy Wilder. Enfin, bon, j'dis ça, j'dis rien – y a plein d'autres titres...
Pour clore ce mois d'octobre made in Carlotta, le 22 octobre ressort en copies neuves Fenêtre sur cour (Rear Windows) d'Alfred Hitchcock, un réalisateur très cher au coeur du fondateur de Carlotta, Vincent Paul-Boncour (lire Carlotta : la décade prodigieuse, l'entretien exclusif que VPB a accordé à Cinéblogywood). Une occasion unique de vérifier plus de 50 ans après la puissance d'un film qui ne cesse d'inspirer les cinéastes contemporains. Et pour Carlotta de boucler la boucle entamée il y a tout juste 10 ans, avec pour premier fait d'armes la réédition de La Mort aux trousses (North by Northwest).
Coffret DVD collector emblématique
Ce n'est pas tout : pour ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir se déplacer jusqu'au Champo, Carlotta a édité un superbe coffret DVD collector - 10 titres emblématiques d'une ligne éditoriale qui allie variété, plaisir et exigence cinéphiliques (voir le trailer ci-dessous).
Cria Cuervos de Carlos Saura ; Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk ; Salo ou les 120 jours de Sodome de Pasolini ; Assurance sur la mort de Billy Wilder ; L'Aurore de Murnau ; Tous les autres s'appellent Ali de Fassbinder ; Voyage à Tokyo d'Ozu ; Le Temps des gitans de Kusturica ; La source thermale d'Akitsu de Yoshida ; et last but not least, l'ancêtre pop et 60's de Eyes Wide Shut, le superbe et méconnu Voyage à deux de Stanley Donen.
Bref, de quoi satisfaire tous les goûts. D'autant que chacun des titres est accompagné des bonus qui ont fait la réputation de Carlotta : docus inédits, entretiens exceptionnels, commentaires audios, etc. Pour le digeo : un livret collector de 80 pages.
Cerises sur le gâteau
Encore ? Eh bien, rayon nouveautés DVD, un énorme gâteau : un coffret John Huston ultime période, composé du Malin et d'Au-dessous du volcan, films inédits jusque-là en DVD made in France, et cerise sur le gâteau, sûrement deux des films les plus réussis de ce cinéaste prolifique, parfois désinvolte, souvent passionnant.
Cerises sur le gâteau
Encore ? Eh bien, rayon nouveautés DVD, un énorme gâteau : un coffret John Huston ultime période, composé du Malin et d'Au-dessous du volcan, films inédits jusque-là en DVD made in France, et cerise sur le gâteau, sûrement deux des films les plus réussis de ce cinéaste prolifique, parfois désinvolte, souvent passionnant.
Enfin, grande première pour l'éditeur : la sortie en Blu-ray de deux titres bien appropriés au support, le Casanova de Fellini et One+One de Godard sur les Stones.
Bon appétit !!
Bon appétit !!
Travis Bickle
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