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lundi 17 janvier 2011

Golden Globes 2011 : le palmarès complet

Buzz : La 68e édition des Golden Globes s'est tenue dimanche à Los Angeles. Pas de grosses surprises (The Social Network casse la baraque) mais un cocorico : Carlos la série d'Olivier Assayas a été distinguée. Ci-dessous le palmarès complet cinéma et TV.

CINEMA

Meilleur film dramatique

Meilleur réalisateur de film
David Fincher – The Social Network

Meilleure interprétation féminine dans un film dramatique
Natalie Portman – Black Swan

Meilleure interprétation masculine dans un film dramatique
Colin Firth – Le Discours d'un Roi (The King's Speech)

lundi 27 décembre 2010

Top 10 de la rédac : Travis Bickle


Buzz : Après le Top 10 des films 2010 de Marsellus  Wallace, à mon tour de vous soumettre mes coups de coeur de l'année écoulée et mes attentes pour 2011.
 
1 - Carlos d'Olivier Assayas : n'en déplaisent à mes amis de Cineblogywood, le seul film français digne du meilleur des films US des années 70, ce n'est pas Fred Cavayé qui l'a signé (A Bout Portant), mais Olivier Assayas, avec un impressionnant Edgar Ramirez. LE film de l'année, sans conteste, qui n'a pas eu la carrière en salle qu'il méritait - pourquoi l'avoir sorti en plein été ?

2 - Bright Star de Jane Campion, pour son indécrottable romantisme, violent, remuant, métaphysique - déjà un classique.

3 - Tatarak d'Andrzej Wajda : bouleversant film de deuil qui fait resurgir des limbes un des cinéastes les plus importants de l'histoire du cinéma.

4 - Tournée de Mathieu Amalric : n'en déplaisent à mes amis de Cineblogywood, le seul film français digne du meilleur des films US des années 70, ce n'est pas Fred Cavayé qui l'a signé, mais également Mathieu Amalric, avec un impressionnant Mathieu Amalric.

5 - Poetry de Lee Chun dong, pour la qualité de son regard, la beauté de son écriture, la délicatesse de sa mise en scène - bref, pour son humanité.

mardi 6 juillet 2010

Olivier Assayas : "Pour faire Carlos, j'ai été kamikaze"


En salles : Allons-y franchement, Carlos, qui sort ce mercredi au cinéma, marque une date-clé dans l’histoire du cinéma français. Par son ambition, sa réalisation, l’ampleur des moyens, il prouve que le cinéma français est largement capable de rivaliser avec ses grands modèles italiens et américains des années 70 (Rosi, Pollack, Pakula, Coppola), de proposer une lecture critique d’événements contemporains et de saisir toutes les ambiguités et complexités d’un personnage comme Carlos sans jamais sacrifier au film de genre et au film d’auteur. 

Le pari était audacieux, il est remporté haut la main par Olivier Assayas, souvent galvaudé comme cinéaste français, c’est-à-dire d’abord passionné par les enjeux intimes et romanesques (L’Eau froide, Paris s’éveille ou Fin août, début septembre). A tort, parce que son œuvre montre également un large appétit pour l’ouverture au monde, aux enjeux culturels extérieurs et contemporains (Demonlover, ses articles consacrés au cinéma taïwanais et hong-kongais, sa passion pour le rock). Entretien exclusif pour Cineblogywood.

Cineblogywood : Comme Flaubert à propos de madame Bovary, est-ce que vous pourriez dire Carlos, c’est moi ?
Olivier Assayas :
Non, je ne peux pas, ce serait un mensonge… Car Carlos, c’est Edgar Ramirez ! Edgar s’est réellement substitué à Carlos. Votre question a longtemps été cruciale pour moi : comment aurais-je pu être Carlos ? Dans mes autres films, je parviens à répondre à cette question : où je me place, dans quels personnages je me reconnais… Dans le cas de Carlos, non, je ne suis pas Carlos ! La vraie question était de savoir comment filmer Carlos sans être Carlos, comment vivre pendant un an et demi et tourner pendant 92 jours sans m’identifier à Carlos. C’est Edgar qui m’a apporté la réponse en disant : "Je prends Carlos sur mes épaules, j’assume Carlos, Carlos, c’est moi, j’assume en moi les contradictions, complexités et dangers du personnage".

Sans Edgar Ramirez, il n’y aurait pas eu de film ?
Non, vraiment. Des acteurs très connus ont souhaité interpréter Carlos. Ils n’avaient pas la moitié des caractéristiques indispensables au personnage et qui sont présentes chez Edgar. Au-delà de ces spécificités, (parler 5 langues, la taille, le physique), ils n’avaient pas le degré d’implication d’Edgar pour que les choses se mettent réellement en place. Avant, je pensais au projet Carlos, mais parmi d’autres projets. Je n’étais pas sûr à 100% que je le ferai. Le jour où j’ai rencontré Edgar, il est devenu évident que le film existerait.

Au-delà de la puissance d’incarnation d’Edgar Ramirez, le film propose enfin la martingale du cinéma français : un film de genre – biopic à l’américaine – et un film d’auteur, dans lequel on retrouve parfaitement votre univers. Comment êtes-vous parvenu à vous approprier complètement ce projet ?
La question-clé, c’est celle de la liberté. La raison pour laquelle j’ai fini par faire Carlos – projet sur lequel j’étais très réticent et hésitant : tout en y travaillant, je me demandais si j’allais pouvoir passer un an et demi, quel serait le destin du film (une diffusion sur Canal, puis basta !) - c’est que le matériau était vivant, riche, risqué et ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu faire avant. Mais si je me décidais à le faire, c’était dans des conditions d’absolue liberté. Si j’avais eu la moindre contrainte au niveau de la préparation et de la production, j’aurais quitté le projet sans remords. Il était très clair qu’il me faillait des conditions de liberté absolue.
Le paradoxe, c’est que c’est à la télévision qu’on me les a données ! Car pour moi, la télévision, c’est le monde de la contrainte, du formatage, de l’approximation. Je savais donc que je m’exposais à ce qu’on me dise non. Ce qui m’a permis de faire le film en toute liberté, c’est d’avoir été kamikaze. Dès que je voyais que les choses butaient sur des aspects que je jugeais essentiels, je disais : "OK, mais sans moi". Je n’ai jamais bluffé avec ça.
Une fois cette liberté acquise, je me suis approprié le sujet. Le film est donc le produit de tout ce que j’ai appris au cinéma auparavant. Par exemple, je n’avais fait que quelques scènes d’action dans Demonlover ou Boarding Gate. Donc, il m’a fallu donc apprendre pendant le tournage ! Et de fait, dans un film comme Carlos, il y a beaucoup de types de scènes. Du coup, ça donne beaucoup d’espace et de marge de manoeuvre, alors que généralement, on est beaucoup plus contraint (durée, genre, etc). Le film se trouve être divisé en trois et durer 5h30 : il aurait duré 6 heures, personne n’aurait trouvé rien à redire ! Je n’ai donc jamais été contraint.