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jeudi 2 janvier 2025

Emilia Perez : la comédie musicale d'un nouveau genre

Emilia Perez Blu-ray CINEBLOGYWOOD


Jacques Audiard poursuit son travail sur la quête d'identité avec Emilia Perez, ovationné et récompensé au Festival de Cannes 2024 et désormais disponible en vidéo. L'occasion de se replonger dans un oeuvre fascinante et d'en découvrir l'original processus de création.

dimanche 5 décembre 2021

Jungle Cruise : 6 raisons d'embarquer pour l'aventure

Jungle Cruise Blu-ray CINEBLOGYWOOD


En Blu-ray et DVD : Blockbuster de l'été 2021, Jungle Cruise réunit devant la caméra de Jaume Collet-Serra un couple qui fait des étincelles : Dwayne Johnson et Emily Blunt. A l'occasion de la sortie du film en vidéo chez Disney, voici au moins six raisons de (re)prendre part à cette trépidante aventure amazonienne.

mercredi 28 juillet 2021

Jungle Cruise : aventure trépidante sous les tropiques

Jungle Cruise Disney CINEBLOGYWOOD

En salles : Comme à l'été 2020 avec Terrible Jungle, l'Amazonie s'invite à nouveau au cinéma. Cette fois-ci, la forêt tropicale est le décor d'un blockbuster signé Disney. Réalisé par Jaume Collet-Serra, 
 Jungle Cruise, qui réunit Dwayne Johnson et Emily Blunt, est un grand spectacle familial aussi exubérant que trépidant. All aboard !

mercredi 7 juillet 2010

Edgar Ramirez : "Carlos était le Don Quichotte de la terreur"


En salles : Qui a dit que le cinéma français était trusté par les mêmes têtes d’affiche ? Après Le Prophète et l’éclatante révélation Tahar Rahim, Carlos d’Olivier Assayas fait exploser un nouveau venu, Vénézuélien, comme son personnage : Edgar Ramirez. "Le jour où j’ai rencontré Edgar, il est devenu évident que le film existerait", nous a déclaré le réalisateur (lire son interview). Bel hommage à un acteur dont le jeu intense et magnétique, l’implication physique et la présence animale parviennent à restituer toutes les complexités du personnage. Entretien exclusif avec Edgar Ramirez.

Cineblogywood : Comment entre-t-on dans la peau d’un personnage aussi lourd et complexe que celui de Carlos ?
Edgar Ramirez : J’ai énormément lu : histoire contemporaine pour comprendre le contexte politique de l’époque. Puis de la documentation sur Carlos. Enfin, j’ai eu des entretiens avec son entourage proche, dont sa famille. Ensuite, j’ai oublié, et j’ai versé toute cette substance dans le personnage écrit par Olivier. J’étais comme dans un match de foot : on est là, on joue !

Qu’est-ce qui vous a séduit dans Carlos : le personnage, le projet, le réalisateur ?
Le réalisateur. Je suis un très grand fan d’Olivier. Mais ce qui m’a attiré dans Carlos, c’est son énorme potentiel de contradictions. C’est un personnage plein de nuances, qui démystifie le stéréotype du révolutionnaire de l’époque, sérieux, intellectuel, dévoué, sacrificiel, qui renonce aux satisfactions de la vie et du plaisir. Carlos était plutôt rigolard, bon vivant, impulsif, fou. Plus perversement, j’étais également fasciné par son insolence, son effronterie, son attitude toujours hautaine. Même au bord de la débâcle, il était toujours convaincu d’avoir raison. Comme un Don Quichotte de la terreur.

Comment êtes-vous parvenu à rendre aussi fluides les transformations physiques du personnage ?
J’ai pris du poids et mangé beaucoup de pâtes. Pour moi, la transformation physique de Carlos est une métaphore de la dégradation émotionnelle du personnage. Il était très clair depuis le début que je devais montrer ce passage de l’idéalisme à l’individualisme, de sa volonté de défendre des causes collectives à l’ambition individuelle.

mardi 6 juillet 2010

Olivier Assayas : "Pour faire Carlos, j'ai été kamikaze"


En salles : Allons-y franchement, Carlos, qui sort ce mercredi au cinéma, marque une date-clé dans l’histoire du cinéma français. Par son ambition, sa réalisation, l’ampleur des moyens, il prouve que le cinéma français est largement capable de rivaliser avec ses grands modèles italiens et américains des années 70 (Rosi, Pollack, Pakula, Coppola), de proposer une lecture critique d’événements contemporains et de saisir toutes les ambiguités et complexités d’un personnage comme Carlos sans jamais sacrifier au film de genre et au film d’auteur. 

Le pari était audacieux, il est remporté haut la main par Olivier Assayas, souvent galvaudé comme cinéaste français, c’est-à-dire d’abord passionné par les enjeux intimes et romanesques (L’Eau froide, Paris s’éveille ou Fin août, début septembre). A tort, parce que son œuvre montre également un large appétit pour l’ouverture au monde, aux enjeux culturels extérieurs et contemporains (Demonlover, ses articles consacrés au cinéma taïwanais et hong-kongais, sa passion pour le rock). Entretien exclusif pour Cineblogywood.

Cineblogywood : Comme Flaubert à propos de madame Bovary, est-ce que vous pourriez dire Carlos, c’est moi ?
Olivier Assayas :
Non, je ne peux pas, ce serait un mensonge… Car Carlos, c’est Edgar Ramirez ! Edgar s’est réellement substitué à Carlos. Votre question a longtemps été cruciale pour moi : comment aurais-je pu être Carlos ? Dans mes autres films, je parviens à répondre à cette question : où je me place, dans quels personnages je me reconnais… Dans le cas de Carlos, non, je ne suis pas Carlos ! La vraie question était de savoir comment filmer Carlos sans être Carlos, comment vivre pendant un an et demi et tourner pendant 92 jours sans m’identifier à Carlos. C’est Edgar qui m’a apporté la réponse en disant : "Je prends Carlos sur mes épaules, j’assume Carlos, Carlos, c’est moi, j’assume en moi les contradictions, complexités et dangers du personnage".

Sans Edgar Ramirez, il n’y aurait pas eu de film ?
Non, vraiment. Des acteurs très connus ont souhaité interpréter Carlos. Ils n’avaient pas la moitié des caractéristiques indispensables au personnage et qui sont présentes chez Edgar. Au-delà de ces spécificités, (parler 5 langues, la taille, le physique), ils n’avaient pas le degré d’implication d’Edgar pour que les choses se mettent réellement en place. Avant, je pensais au projet Carlos, mais parmi d’autres projets. Je n’étais pas sûr à 100% que je le ferai. Le jour où j’ai rencontré Edgar, il est devenu évident que le film existerait.

Au-delà de la puissance d’incarnation d’Edgar Ramirez, le film propose enfin la martingale du cinéma français : un film de genre – biopic à l’américaine – et un film d’auteur, dans lequel on retrouve parfaitement votre univers. Comment êtes-vous parvenu à vous approprier complètement ce projet ?
La question-clé, c’est celle de la liberté. La raison pour laquelle j’ai fini par faire Carlos – projet sur lequel j’étais très réticent et hésitant : tout en y travaillant, je me demandais si j’allais pouvoir passer un an et demi, quel serait le destin du film (une diffusion sur Canal, puis basta !) - c’est que le matériau était vivant, riche, risqué et ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu faire avant. Mais si je me décidais à le faire, c’était dans des conditions d’absolue liberté. Si j’avais eu la moindre contrainte au niveau de la préparation et de la production, j’aurais quitté le projet sans remords. Il était très clair qu’il me faillait des conditions de liberté absolue.
Le paradoxe, c’est que c’est à la télévision qu’on me les a données ! Car pour moi, la télévision, c’est le monde de la contrainte, du formatage, de l’approximation. Je savais donc que je m’exposais à ce qu’on me dise non. Ce qui m’a permis de faire le film en toute liberté, c’est d’avoir été kamikaze. Dès que je voyais que les choses butaient sur des aspects que je jugeais essentiels, je disais : "OK, mais sans moi". Je n’ai jamais bluffé avec ça.
Une fois cette liberté acquise, je me suis approprié le sujet. Le film est donc le produit de tout ce que j’ai appris au cinéma auparavant. Par exemple, je n’avais fait que quelques scènes d’action dans Demonlover ou Boarding Gate. Donc, il m’a fallu donc apprendre pendant le tournage ! Et de fait, dans un film comme Carlos, il y a beaucoup de types de scènes. Du coup, ça donne beaucoup d’espace et de marge de manoeuvre, alors que généralement, on est beaucoup plus contraint (durée, genre, etc). Le film se trouve être divisé en trois et durer 5h30 : il aurait duré 6 heures, personne n’aurait trouvé rien à redire ! Je n’ai donc jamais été contraint.