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samedi 6 décembre 2025

Coppola parano : Conversation secrète et Dementia 13

Francis Ford Coppola Conversation secrète Dementia 13 4K CINEBLOGYWOOD

Après leur ressortie en salles, six films restaurés de Francis Ford Coppola sont disponibles en vidéo dans des éditions magnifiques et complètes signées Pathé Films. Focus sur Conversation secrète et Dementia 13, deux films qui nous plongent dans la paranoïa de personnages manipulés, dépassés.

jeudi 16 mai 2024

Francis Coppola : la filmo d'un Phénix - VIDEOS

Francis Ford Coppola Apocalypse Now CINEBLOGYWOOD

Artistes :  Avec Megalopolis, présenté en compétition à Cannes cette année, Francis Ford Coppola ajoute une une touche supplémentaire au tableau d'éternel Phénix du cinéma. A 85 ans, il remet non seulement son titre de double palmé en jeu (Conversation secrète en 1974 et Apocalypse Now en 1979), mais joue à quitte ou double en ayant hypothéqué son patrimoine pour financer son dernier opus de manière indépendante des studios hollywoodiens. En gestation depuis plus de 40 ans, Megalopolis signera-t-il sa renaissance cinématographique ou son ultime salut artistique ? 


Malgré ses multiples casquettes -  réalisateur, donc, mais aussi acteur (au moins à ses débuts, sur les planches), scénariste, distributeur, producteur, metteur en scène de théâtre et d'opéras, entrepreneur dans la presse, le cinéma et le vignoble - Coppola est resté un infatigable visionnaire. Que ce soit sur le pan formel comme sur le plan de la mise en scène, sur le plan financier ou sur le plan fonctionnel, il a toujours été à la recherche de formes, de récits, de modes de financement et de production qui lui permettaient de réaliser un grand œuvre total : "Je vais essayer d'écrire un roman. Mais au lieu d'être un roman sur page écrite, il serait écrit en cinéma", déclare-t-il en 1983. Avec pour appui famille, amis, fidèles collaborateurs, tournés vers le même but : donner corps et chair à ses intuitions, ses folies, et son génie..

Dictateur mégalo, gourou mystique, nabab excessif ? Un peu de tout cela. Mais reste une foi dans un art qui l'a vu plusieurs fois échouer, plusieurs fois triompher, plusieurs fois réinvestir ses gains dans sa passion avant d'en profiter personnellement. Mis à part Cimino, Coppola est celui de ses contemporains et amis Scorsese, Lucas, De Palma, Spielberg qui aura payé le plus lourd tribut à l'industrie hollywoodienne, tout en ayant poursuivi une carrière intègre et exemplaire.  Au final, avec ses scories et ses errements, une oeuvre qui mérite un immense respect. Focus sur le grand roman d'un géant du cinéma.

samedi 16 mai 2015

Le Festival de Cannes selon Léo Soesanto (Semaine de la critique)


Buzz : Léo Soesanto a certainement plus de casquettes que de smokings. Journaliste, il est également sélectionneur de longs métrages à la Semaine de la Critique, directeur de la programmation au Festival international du film indépendant de Bordeaux et programmateur de séries TV au Festival Tous Ecrans de Genève. Nous lui avons soumis notre Questionnaire cannois (découvrez toutes nos interviews). Son Festival de Cannes à lui, ce sont notamment du babysitting, Duran Duran et des semi-comas euphoriques.

mercredi 6 janvier 2010

Conversation secrète : autoportrait de Coppola en apprenti-sorcier



En salles : Coppola pour clore 2009 (précipitez-vous sur Tetro !), Coppola pour débuter 2010 : que demander de plus ?! Carlotta ressort en ce tout début d’année l’œuvre la plus méconnue du réalisateur d’Apocalypse Now, malgré sa Palme d’Or décrochée en 1974 : Conversation secrète.
Tourné entre les deux Parrains, Conversation secrète s’inscrit dans la veine intimiste du cinéaste, aux côtés des Gens de la pluie, Peggy Sue ou Jardins de pierre. En plein scandale du Watergate, le film dresse le portait d’Harry Caul – subtilement incarné par un Gene Hackman méconnaissable – un être hostile à toute forme de communication, réduit à sa fonction première : technicien du son, spécialiste des écoutes clandestines. Pris à son propre jeu, le film décrit sa lente descente aux enfers, qui s’achève sur un saisissant solo de saxo.
Un film qui se regarde autant qu’il s’écoute
Dans la lignée des Trois jours du Condor de Sydney Pollack ou de A cause d’un assassinat d’Alan J. Pakula, le film baigne dans l’atmosphère paranoïaque du Watergate. Il témoigne également du sens visionnaire de Francis Coppola qui nous mettait alors en garde contre l’omniprésence des techniques de surveillance dans nos vies privées. Au point de les réduire à une irréductible solitude. Un constat tragique, pour un film qu’il faut bien qualifier d’un poil désespérant !

lundi 29 janvier 2007

"La Vie des autres" : destins sur écoute

En salles : Les Allemands n’en finissent pas de se pencher sur leur passé le plus sombre. Avec humour ou gravité, selon les films. La Chute (Oliver Hirschbiegel, 2005) racontait les derniers jours d’un Hitler dément tandis que Mein Fürher (Dani Levy, 2006) s'attache à tourner en dérision le dictateur : on le voit jouer dans son bain ou se faire pisser dessus par son berger allemand.
Autre époque sur laquelle se penchent les réalisateurs d’Outre-Rhin : les années du rideau de fer, quand l’Allemagne était divisée en une République fédérale (RFA) et une République démocratique (RDA). Dans Good Bye Lenin ! (Wolfgang Becker, 2003), le mode de vie est-allemand était abordé par le biais d’une comédie douce-amère, un brin nostalgique. Comme par un mouvement de balancier, La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck), qui sort en salles ce mercredi, revisite le Berlin-Est des années 80 avec gravité.
Oppression
L’histoire : un couple d’artistes est mis sur écoute par la Stasi, la police politique. En charge de la surveillance : le capitaine Gerd Wiesler, formidablement interprété par Ulrich Mühe, qui ressemble à Kevin Spacey avec quelques années en plus et beaucoup de cheveux en moins. Wiesler est un fonctionnaire qui fait son boulot sans se poser de questions.
Lorsqu’il s’installe dans le grenier au-dessus de l’appartement des "suspects", entouré de machines dans cette grande pièce vide, un casque sur la tête, on ne peut s’empêcher de penser à Gene Hackman dans Conversation secrète (Francis Ford Coppola), Palme d’Or à Cannes en 1974. Dans les deux films, la vie des "espions" bascule à la suite de leurs écoutes : Harry Caul, le spécialiste de la filature joué par Hackman, sombre dans la paranoïa tandis que Wiesler, homme froid et consciencieux, s’ouvre aux sentiments, à l’art, à la vie en pénétrant dans l’intimité de ces artistes victimes du système communiste.
Emotion
Plans fixes, rythme lent rendent compte de l’ambiance glauque, étouffante, oppressive de la RDA. L’appartement des artistes est un îlot de chaleur, menacé et menaçant pour le pouvoir, dans un environnement de rues vides et d’immeubles tristes aux murs gris et aux lumières blafardes. Raconté comme ça, ça ne donne pas envie mais le film est tout sauf ennuyeux : l’histoire est prenante et l’on s’attache aux personnages, dont les destins brisés suscitent l'émotion.
La Vie des autres a déjà fait le plein de récompenses aux European Film awards et dans divers festivals. Sa nomination aux Oscars est amplement méritée. Coincé entre Blood Diamond, A la poursuite du bonheur, Molière et L’Ile aux trésor, ce beau film allemand mérite toute l’attention des cinéphiles.