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samedi 6 décembre 2025

Coppola parano : Conversation secrète et Dementia 13

Francis Ford Coppola Conversation secrète Dementia 13 4K CINEBLOGYWOOD

Après leur ressortie en salles, six films restaurés de Francis Ford Coppola sont disponibles en vidéo dans des éditions magnifiques et complètes signées Pathé Films. Focus sur Conversation secrète et Dementia 13, deux films qui nous plongent dans la paranoïa de personnages manipulés, dépassés.

vendredi 16 novembre 2018

Under Fire : retour de flamme

En Blu-ray et DVD : Peut-on relater un conflit en restant neutre et sans se faire manipuler ? C'est la question qui sous-tend Under Fire (1983), réalisé par Roger Spottiswoode, avec Nick Nolte et Gene Hackman. La question et le film ont résisté au passage du temps, comme le prouve cette belle édition vidéo. 

vendredi 20 juin 2014

Arthur Penn : le démythificateur de l'Amérique


Artistes : Avec une oeuvre dense mais peu fournie – 12 films en 30 ans –, Arthur Penn (1922-2010) est l'un des cinéastes américains majeurs de sa génération, celle qui précéda le Nouvel Hollywood. Et l'une des carrières les plus riches. Issu, comme John Frankenheimer ou Sidney Lumet, de la télévision (200 dramatiques TV entre 1953 et 1958 !), il a également à son actif plusieurs dizaines de mises en scène à Broadway, après avoir été acteur de théâtre dans sa jeunesse et étudié la littérature aux Etats-Unis et en Italie. Ce qui en fait un des réalisateurs les plus complets de sa génération.


Frère du photographe Irving Penn, il passe allègrement d'un genre à l'autre, avec une attention particulière sur le jeu des comédiens. Cinéaste du chaos intérieur, peintre des âmes tourmentées par l'image qu'ils cherchent avant tout à produire dans des univers en proie à l'instabilité, Arthur Penn a construit une œuvre éminemment personnelle, tout en cherchant à s'inscrire dans son époque. Avec le recul, on s'aperçoit combien les utopies de la fin des années 60 n'ont jamais été aussi bien perçues que dans Little Big Man ou Alice's restaurant, et surtout Georgia, son grand œuvre, incompréhensiblement invisible actuellement. Car c'est en tant que démythificateur d'une Amérique construite sur des mensonges qu'Arthur Penn s'avère un cinéaste majeur. Retour sur sa filmographie.

mardi 18 février 2014

Lilith : diamant noir pour canapé


En DVD : Chant du cygne d'un cinéaste mystérieux et mal connu, Lilith est un authentique diamant noir. Diamant noir que se partagent les cinéphiles et dont Wild Side vient de relustrer en DVD l'éclat de la beauté vénéneuse, pour le bonheur du plus grand nombre. Décryptage en quatre clés pour tenter de maîtriser les sortilèges de Lilith.




mercredi 6 janvier 2010

Conversation secrète : autoportrait de Coppola en apprenti-sorcier



En salles : Coppola pour clore 2009 (précipitez-vous sur Tetro !), Coppola pour débuter 2010 : que demander de plus ?! Carlotta ressort en ce tout début d’année l’œuvre la plus méconnue du réalisateur d’Apocalypse Now, malgré sa Palme d’Or décrochée en 1974 : Conversation secrète.
Tourné entre les deux Parrains, Conversation secrète s’inscrit dans la veine intimiste du cinéaste, aux côtés des Gens de la pluie, Peggy Sue ou Jardins de pierre. En plein scandale du Watergate, le film dresse le portait d’Harry Caul – subtilement incarné par un Gene Hackman méconnaissable – un être hostile à toute forme de communication, réduit à sa fonction première : technicien du son, spécialiste des écoutes clandestines. Pris à son propre jeu, le film décrit sa lente descente aux enfers, qui s’achève sur un saisissant solo de saxo.
Un film qui se regarde autant qu’il s’écoute
Dans la lignée des Trois jours du Condor de Sydney Pollack ou de A cause d’un assassinat d’Alan J. Pakula, le film baigne dans l’atmosphère paranoïaque du Watergate. Il témoigne également du sens visionnaire de Francis Coppola qui nous mettait alors en garde contre l’omniprésence des techniques de surveillance dans nos vies privées. Au point de les réduire à une irréductible solitude. Un constat tragique, pour un film qu’il faut bien qualifier d’un poil désespérant !

lundi 29 janvier 2007

"La Vie des autres" : destins sur écoute

En salles : Les Allemands n’en finissent pas de se pencher sur leur passé le plus sombre. Avec humour ou gravité, selon les films. La Chute (Oliver Hirschbiegel, 2005) racontait les derniers jours d’un Hitler dément tandis que Mein Fürher (Dani Levy, 2006) s'attache à tourner en dérision le dictateur : on le voit jouer dans son bain ou se faire pisser dessus par son berger allemand.
Autre époque sur laquelle se penchent les réalisateurs d’Outre-Rhin : les années du rideau de fer, quand l’Allemagne était divisée en une République fédérale (RFA) et une République démocratique (RDA). Dans Good Bye Lenin ! (Wolfgang Becker, 2003), le mode de vie est-allemand était abordé par le biais d’une comédie douce-amère, un brin nostalgique. Comme par un mouvement de balancier, La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck), qui sort en salles ce mercredi, revisite le Berlin-Est des années 80 avec gravité.
Oppression
L’histoire : un couple d’artistes est mis sur écoute par la Stasi, la police politique. En charge de la surveillance : le capitaine Gerd Wiesler, formidablement interprété par Ulrich Mühe, qui ressemble à Kevin Spacey avec quelques années en plus et beaucoup de cheveux en moins. Wiesler est un fonctionnaire qui fait son boulot sans se poser de questions.
Lorsqu’il s’installe dans le grenier au-dessus de l’appartement des "suspects", entouré de machines dans cette grande pièce vide, un casque sur la tête, on ne peut s’empêcher de penser à Gene Hackman dans Conversation secrète (Francis Ford Coppola), Palme d’Or à Cannes en 1974. Dans les deux films, la vie des "espions" bascule à la suite de leurs écoutes : Harry Caul, le spécialiste de la filature joué par Hackman, sombre dans la paranoïa tandis que Wiesler, homme froid et consciencieux, s’ouvre aux sentiments, à l’art, à la vie en pénétrant dans l’intimité de ces artistes victimes du système communiste.
Emotion
Plans fixes, rythme lent rendent compte de l’ambiance glauque, étouffante, oppressive de la RDA. L’appartement des artistes est un îlot de chaleur, menacé et menaçant pour le pouvoir, dans un environnement de rues vides et d’immeubles tristes aux murs gris et aux lumières blafardes. Raconté comme ça, ça ne donne pas envie mais le film est tout sauf ennuyeux : l’histoire est prenante et l’on s’attache aux personnages, dont les destins brisés suscitent l'émotion.
La Vie des autres a déjà fait le plein de récompenses aux European Film awards et dans divers festivals. Sa nomination aux Oscars est amplement méritée. Coincé entre Blood Diamond, A la poursuite du bonheur, Molière et L’Ile aux trésor, ce beau film allemand mérite toute l’attention des cinéphiles.