En salles : Si Robert Altman a imposé un genre à lui tout seul – la peinture chorale des Etats-Unis, à vocation satirique et iconoclaste -, cela ne l’a pas empêché d’emprunter une voie plus secrète et onirique, afin de sonder la psyché humaine, notamment féminine. Trois femmes (Three Women, 1977) qui ressort ces jours-ci appartient à cette veine, au même titre qu'Images (1971) ou Quintet (1978). Et en constitue le point d’orgue.
Film onirique totalement unique en son genre, Trois femmes ne se compare à rien, tout juste à du Bergman. Dans la lignée d’Images, il accentue son travail formel et intimiste pour livrer un tableau onirique de la psyché féminine.
En salles (bientôt) : Pour la 2e semaine consécutive, Tout... sauf en Famille (Four Christmases) de Seth Gordon occupe la 1e place du box-office US, avec 18,18 millions de dollars. Une comédie de saison puisque, comme le titre original l'indique, elle se déroule à Noël.
L'histoire : un couple (Reese Witherspoon et Vince Vaughn) invente chaque année des excuses bidon pour échapper aux fêtes de fin d'année dans leurs familles respectives. Pas de pot, cette année, ils ne peuvent pas y couper. Et comme leurs parents sont divorcés, les voici donc obligés de se taper... quatre Noëls à la suite.
Le 31, c'est pas le 25 !
Evidemment, les parents (Robert Duvall, Sissy Spacek, John Voight, Mary Steenburgen) sont tous à leur manière assez spéciaux. Mêmes les frangins d'ailleurs - entre Iron Man et Iron Man 2, Jon Favreau a eu le temps de composer un rôle de "white trash" plutôt marquant ! D'où quelques situations qui rendent ce trailer plutôt marrant. C'est à voir ci-dessous et dans notre playlist Wat.
A noter qu'après le bide de Frère Noël (Fred Claus) l'an passé, Vince Vaughn a persisté dans les gags à base de boules et de sapin. Ben, il a eu raison. Le seul truc que je ne comprends pas, c'est pourquoi le distributeur français sort le film le 31 décembre. Il fallait, comme aux States, le sortir avant Noël, histoire de donner un avant-goût des réunions familiales à venir. Là, le 31, c'est comme proposer de la dinde et du saumon à la mi-janvier : l'envie t'est passée... quand ça ne te file pas carrément la gerbe, rien que d'y penser.
En DVD : Les pourfendeurs germanopratins du cinéma américain reprochent à Hollywood de produire à la chaîne des films formatés. C'est oublier que les Américains savent aussi pondre des ovnis, y compris au sein de grands studios. Hot Rod en est la parfaite illustration.
Cette comédie loufoque, éditée en DVD par Paramount, a été écrite par une équipe du Saturday Night Live : Akiva Schaffer le réalisateur et les comédiens Andy Samberg et Jorma Taccone. Trois potes qui, nous apprend un bonus du DVD, sont inséparables à l'écran comme à la ville - ils vivent d'ailleurs ensemble à New York. Le bonus nous montre par ailleurs que Taccone aime bien se balader sur les plateaux les couilles à l'air (calmez-vous les pervers, elles sont floutées) mais c'est une autre histoire.
L'histoire : Rod Kimble (Andy Shamberg), un ado attardé (ou un adulescent, au choix), prétend marcher sur les traces de son défunt père, un grand cascadeur. Enfin, c'est ce qu'il croît car il ne l'a jamais connu. Affublé d'une fausse moustache rappelant les bacchantes paternelles, il enfourche sa mob ou son VTT et s'élance sur des tremplins de fortune. Pour finir par s'écraser comme une grosse merde. Mais voici qu'une occasion se présenter d'effectuer La cascade ultime, LE saut de la mort qui lui fera gagner le respect de tous.
Napoléon dynamité ?
Hot Rod, dont le trailer se mate ci-dessous et dans notre playlist Wat, se situe entre le génialissime Napoleon Dynamite (un autre ovni), dont il tente de copier l'ambiance ringarde, les plans un peu plats et longuets, les situations décalées, et une comédie de Will Ferrell (héros bénet et ringard). D'ailleurs, à l'origine, le film avait été écrit pour Will Ferrell, qui s'est tout de même impliqué comme producteur exécutif.
Hot Rod hésite donc entre ces deux inspirations sans vraiment parvenir à les égaler. Pour autant, le film est loin d'être raté mais il plaira aux amateurs de second degré et plus (exemple avec la scène dite "Cool Beans"). Les autres resteront probablement sans voix et sans rire. Personnellement, j'ai eu du mal à ne pas voir les influences précitées mais certaines scènes m'ont bien fait marrer.
Au sein de la distribution, citons les présences inattendues de Sissy Spacek et de Ian McShane (le patron de saloon de Deadwood).
Mon conseil : réservé aux amateurs de comédies décalées.