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17 février 2009

The Wrestler : l'âme du guerrier

En salles : Randi "The Ram" Robinson était un champion de catch dans les années 80. Il vit maintenant de petit boulot et continue de combattre en amateur pour quelques dollars et pour l'adoration de ses fans. Après une qu'une crise cardiaque l'aie forcé à mettre un genou à terre, il décide de se ranger définitivement et de renouer avec la vie qu'il avait négligée.
The Wrestler, le nouveau film de Darren Aronofsky, nous parvient un peu à la manière d'un catcheur qui monte sur le ring, à grand renfort de bruit et d'adjectifs dithyrambiques.
"Outstanding !"
Ben oui, qu'on se le dise apparemment ce film envoie le pâté ! Et comme toujours devant un film annoncé avec tant d'aplomb, on avance sur la pointe des pieds et on entre dans la salle méfiant comme si on entrait chez le dentiste. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si un grand sage (Frank Lucas dans American Gangster) a dit (à peu près): "Dans une pièce, celui qu'on entend le plus est toujours le plus faible". Héhé, ça c'est de la citation qui tabasse ! Sauf quand depuis la prime enfance, on vous répète sans arrêt que vous êtes trop bruyant...
Mais trêve d'auto-analyse, retour au film. Comment vous dire, c'est éblouissant. Désolé, on ajoute un adjectif à la déjà longue liste qui lui sert d'argument promotionnel, mais rien à faire, ces 110 minutes sont inoubliables.
Cinéaste devenu culte en deux films, Aronofsky nous avait quitté sur une déception avec The Fountain, d'autant plus douloureuse que ce film était attendu comme le messie. The Wrestler avait pris le chemin inverse. Un film aux allures plus simples et intimistes. On était forcément intrigué mais rien de plus, pas le frisson de l'année.
A l'économie
C'est finalement la qu'est la force du film. Il sait s'effacer. Non pas qu'il soit réalisé sans verve, mais juste que tout est tellement naturel qu'on en oublierait qu'on est au cinéma. On suit la vie de ce catcheur, et juste sa vie. Tout le contraire de Slumdog Millionaire, en fait. Là où l'un essayait d'exister en multipliant les effets de manche, l'autre vous chuchote une histoire à l'oreille et réussis à vous émouvoir jusqu'aux larmes.
Dès le premier plan, on se dit qu'Aronofsky a cherché à mettre de côté ses effets habituels pour s'orienter vers une économie narrative et visuelle toute nouvelle pour lui (même s'il est vrai que The Fountain amorçait déjà un virage, mais qui a envie de s'en souvenir ?). Puis, plus le film avance et plus cette économie se révèle être en fait de la retenue, voire de la douceur. L'histoire de ce catcheur ne sera pas contée par les coups qu'il reçoit mais par la manière dont il les encaisse, tout l'art du catch en somme, l'âme en supplément.
Mickey et Marisa
Si Aronofsky joue le jeu, ses acteurs le suivent, Mickey Rourke en tête, bouleversant. Les autres ne sont pas en reste, tout spécialement la magnifique Marisa Tomei qui après 7h58 ce matin-là de Sydney Lumet prouve qu'elle sait choisir ses projets... des fois (cf Bande de tocards euh Bande de sauvages, pardon). On espère que cela lui permettra de revenir au plus vite sur nos écrans, surtout si elle continue à mettre en valeur ses... atouts d'actrice avec autant de talent. Pouuuuh, ça me donne des frissons rien que d'y repenser.
Bref ! Pour ne pas remplir des pages, The Wrestler c'est bien, voire même outstanding ! Courrez-y.
The Dude

1 commentaire:

Jérôme a dit…

je suis entièrement d'accord ce film est un petit bijou
amis cinéphiles courez !!!

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