Dossier Super Bowl

dimanche 4 décembre 2022

Fumer fait tousser : on rit, là, j'crois

Fumer fait tousser CINEBLOGYWOOD

En salles : La cigarette, c'est pas bien. Mais quand c'est Quentin Dupieux qui l'allume, on a tout de suite envie de tirer une latte (comme on disait dans le temps). Et ça tombe bien, Fumer fait tousser nous propose un blend des plus originaux. Et, une fois de plus, un casting dingue : Gilles Lellouche, Jean-Pascal Zadi, Vincent Lacoste, Alain Chabat, Anaïs Demoustier et Oulaya Amamra, entre autres.


Faire pipi dans la nature réserve bien des surprises. Comme celle de découvrir ses super-héros mettre une raclée à une gigantesque tortue belliqueuse. Une fois la Terre sauvée, les Tabac Force - c'est leur nom - sont envoyés en retraite au vert par leur Chef Didier pour renforcer la cohésion d'équipe. Au programme : causeries au coin du feu, avec partage de belles histoires...

Dupieux fait appel à nos souvenirs télévisuels et joue avec nos héros d'enfance, les Power Rangers. Tout de bleu (Gitane) vêtu, son crew se coltine également la lutte contre des monstres en latex. Sauf qu'ils ne les explosent pas dans un déluge de fumée et d'étincelles mais dans une gerbe de viscères et d'hémoglobine. Celui qui s'attend à un pastiche d'une série Super Sentai ne connaît pas le cinéaste, maître du contrepied de nez. Il nous emmène dans un séminaire avec des chamallows grillés et surtout des histoires qui font peur racontées par Nicotine, Benzène, Mercure, Méthanol et Ammoniaque. Autant d'occasions de plonger à chaque fois dans un nouvel univers étrange, où la réalité bascule progressivement dans le foutraque et, souvent, le sanguinolent.

On rit encore et en gore. Parfois, c'est un ricanement ; et d'autres, un éclat de rire bien sonore. Une réaction pas toujours égale donc, comme dans les films à sketchs dont Fumer fait tousser est un avatar déglingo. Mais on kiffe l'inventivité de Dupieux qui nous embarque dans un trip inattendu, comme seul lui sait le faire. Ecrasant le clopot du conformisme sur la semelle de ses pieds ailés, le bonhomme sait prendre des risques et se remettre en question à chaque film et on l'en remercie. Et il réunit des comédiens qu'il va chercher dans des univers très différents et qu'il parvient à faire jouer harmonieusement tout en les faisant sortir de leur zone de confort. On retrouve les habitués (Demoustier toujours aussi formidable dans la composition de ses personnages, Chabat, Ludig, Marsais, Exarchopoulos, Poelvoorde...) et les nouveaux venus (Lellouche, Zadi, Lacoste, Tillier, Niel). Blanche Gardin nous régale.

 Ne boudez pas le plaisir d'aller en salle pour être surpris et vous marrer. C'est pas si fréquent.

Anderton


Aucun commentaire: