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mercredi 20 mai 2026

Le Festival de Cannes selon Jean-Fabrice Janaudy (Les Acacias)

Jean-Fabrice Janaudy Les Acacias Festival de Cannes 2026 Questionnaire cannois CINEBLOGYWOOD

Directeur de la société de distribution Les Acacias, Jean-Fabrice Janaudy s'est rendu au Festival de Cannes 2026 pour "défendre" quatre films de patrimoine. Dans le cadre de notre Questionnaire cannois (découvrez toutes nos interviews), il a évoqué un premier festival à l'arrache, une montée des marches avec Wang Bing et une brochette avec Brad Pitt.


Qu'allez-vous faire à Cannes ?

Voir des films, toutes sections confondues, pour avancer, en tant qu’exploitant, dans ma programmation du cinéma Le Vincennes. D’ailleurs les premières projections cannoises ont démarré dès le samedi 9 mai avec les Journées du Scare, suivies des Rencontres Afcae. Ces journées professionnelles pré-Festival sont l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée et d’aborder des questions plus politiques.

Mais je viens aussi défendre des films au nom des Acacias distribution. Cette année nous sommes le distributeur français de deux films présentés à Cannes Classics : La Ciociara de Vittorio de Sica et L’Innocent de Luchino Visconti. Et le distributeur international de deux autres : Espoir Sierra de Teruel d’André Malraux et La Dérive de Paula Delsol. Respectivement aux côtés de StudioTF1, StudioCanal, Les Grands Films Classiques et la succession Delsol.

Combien de fois avez-vous participé au Festival ?

22 fois. Une toute première en 1998 avec des potes, à l’arrache, sans accréditation et en logeant dans un camping. Et, depuis 2006, je viens chaque année.

Qu’attendez-vous de cette édition 2026 ?

J’ai autant envie de surprendre, par la modernité et l’actualité des films d’André Malraux et de Paula Delsol, que d’être surpris, au hasard de la billetterie, par de nouvelles façons de raconter des histoires au cinéma.

Quel est votre plus grand plaisir pendant le Festival ?

Manger un hot-dog et une glace italienne sur la Croisette, avant de chiner des vinyles chez Discotis.

Qu’est-ce qui vous énerve le plus ?

Les démonstrations d’ego, sobres ou alcoolisées.

Quel est votre plus beau souvenir ?

La montée des marches avec Wang Bing lors de la présentation en compétition officielle de Jeunesse (Le Printemps). Une expérience d’émotion et de fierté collective que je ne revivrai sans doute jamais.

Qu’y a-t-il dans votre valise ?

Trop de fringues, à cause du temps souvent changeant. Aussi parce que je finis toujours par porter les mêmes. Et un ou deux romans que je n’ai pas le temps de lire.   

Quel est votre truc pour tenir le coup pendant la quinzaine ?

Deux trucs qui semblent contradictoires. En journée, il faut absolument que je dégage du temps pour être seul et me ressourcer. Le soir, au fil des années, j’ai appris à aimer les moments de convivialité avec les copains de la profession, sur la terrasse des Acacias ou autour d’une Kilkenny au Ma Nolan, loin du tumulte du Palais.

Pour quel(le) artiste redeviendriez-vous un fan de base si vous le/la croisiez sur la Croisette ?

Étrangement pour de jeunes artistes en devenir qui me fascinent et devant lesquels je serais tétanisé. Des gens comme Victor Bonnel ou Julien Frison.

Votre fête cannoise la plus délirante, c’était où et quand ?

Sans hésiter, c’était la soirée privée organisée en 2008 à la Villa Tinchant pour le film de Charlie Kaufman Synecdoche New York. Hervé Heumann (Solaris distribution) m’avait refilé une invitation pour ce barbecue en tout petit comité. Et, fringué n’importe comment, comme à mon habitude, je me suis retrouvé autour d’un feu en compagnie de Philip Seymour Hoffman, qui tombait constamment de son transat, de Sean Penn, alors Président du Jury, et de Brad Pitt qui me voyant gêné m’a tendu une brochette en me souriant, genre : "Vas-y, sers-toi !". Quand j’y repense, je me demande si ce moment n’est pas sorti de mon imagination.

Quelle est votre Palme d’or préférée ?

Le Messager de Joseph Losey.

Quel est votre programme après le Festival ?

Retour au bureau pour rattraper tout ce que je n’ai pas pu faire en deux semaine à distance et la tentative de retrouver un rythme équilibré : des repas sains à heures fixes, un peu de sport pour éliminer la graisse et les litres de bière accumulés, des nuits complètes… De vaines bonnes résolutions.


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photo : Jean-Fabrice Janaudy

Anderton


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