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jeudi 8 octobre 2015

Déjeuner mythique à Hollywood



Buzz : En 1972, s'est tenu à Hollywood un déjeuner qui a réuni certains des plus grands cinéastes de tous les temps. George Cukor avait organisé ce repas en l'honneur de Luis Buñuel, invitant pour l'occasion : John Ford, Alfred Hitchcock, William Wyler, Billy Wilder, Robert Wise, Robert Mulligan, George Stevens et Robert Mamoulian !


Une photo a immortalisé cet événement, auquel ont pris part le producteur Serge Silberman et le scénariste Jean-Claude Carrière. Pour la revue Noto, ce dernier est revenu sur ce qu'il a surnommé "l'Olympe". Découvrez son récit ci-dessous.

jeudi 25 juin 2009

Luis Buñuel : le charme discret de la subversion

Artistes : Ami cinéphile, jusqu’au 2 août, tu as rendez-vous avec l’intégrale de Luis Buñuel à la Cinémathèque. Pour te rendre compte que le cinéma espagnol ne se limite pas à Almodovar.
A priori, je te l’accorde, comme beaucoup d’ancêtres, Buñuel, ça sent le ranci et la naphtaline. Détrompe-toi : marqué par le surréalisme et la subversion, le désir et l’humour, l’anticléricalisme et la critique des valeurs bourgeoises, les songes et la rêverie, son cinéma est l’un des plus passionnants qui soient. 32 films d’une œuvre qui parcourt le XXe siècle, qui commence en France pour s’y achever, en passant par les Etats-Unis et le Mexique, avec quelques incursions par son pays natal, l’Espagne.

Petite sélection – forcément subjective – dans l’œuvre de cet admirateur de Sade :
- Un chien andalou (1928) : son 1er film, écrit en collaboration avec Salvador Dali. Si vous n’aimez ni les scalpels, ni les yeux filmés en gros plan, ce film est pour vous !
- L’Age d’or (1930) : le 1er film scandale digne de son nom : déchaînement des ligues antisémites, interdiction par la préfecture de police en France. Quasiment jamais distribué jusqu’en 1980. Subversif, poétique, expérimental.
- Los Olvidados (1951) : contes cruels de la jeunesse. Les Beaux gosses version Goya. Indispensable. Prix de la mise en scène Cannes en 1951.
- El (1953) : étude quasi-clinique d’un cas de jalousie paranoïaque. Toujours aussi moderne.
- Viridiana (1961) : Palme d’Or à Cannes. Le film du retour de Bunuel en Espagne. Nouveau scandale, nouvelle interdiction– cette fois-ci, en Espagne, jusqu’à la mort de Franco. Puissant et blasphématoire.
- Belle de jour (1966) : les jours et les nuits de China Blue sans Kathleen Turner, mais avec Catherine Deneuve, dans le rôle culte de Séverine.
- Tristana (1969) : Catherine Deneuve amputée, Tolède en noir et blanc, musique de Chopin. Beau, cruel et triste à pleurer.
- Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) : satire féroce et drôlissime de la bourgeoisie que l’on qualifiait alors en France de pompidolienne. Oscar du meilleur film étranger.
- Cet obscur objet du désir (1977) : son ultime œuvre, qui révéle Carole Bouquet, aux côtés d’Angela Molina, dans le même rôle.

Egalement quelques curiosités : une adaptation de Robinson Crusoe et des Hauts de Hurlevent ; ses collaborations avec Simone Signoret – La mort en ce jardin – et Gérard Philipe – La fièvre monte à El Pao. Enfin, je ne peux évoquer Buñuel sans évoquer sans fabuleux livre de souvenirs, Mon dernier soupir, co-écrit avec le scénariste Jean-Claude Carrière : sans doute l’un des témoignages les plus importants sur le bouillonnement culturel du XXe siècle.
Travis Bickle

lundi 9 avril 2007

Star attitude : les petites phrases du "moi"...

Artistes : Comme tous les mois, Première offre un aperçu de l'actu ciné nationale et internationale. Et comme tous les mois, on retrouve dans les pages du magazine, tout un tas de stars qui ont plein de choses à dire sur tous les sujets et sur eux en particulier. Dégustons ensemble ce florilège printanier de petites phrases empruntes de spiritualité...

. La plus poétique
"J'ai reçu plein de courriers à la sortie du film. Les gens m'écrivaient des déclarations, pas forcément d'amour mais d'existence".
(Romain Duris à propos du Péril Jeune : Rien à dire, c'est beau, c'est simple, c'est vrai. On ferme les yeux et on médite)
. La plus incohérente
"Je ne me reconnais pas forcément dans les films générationnels de Cédric [Klapisch], ce qui ne m'empêche pas de les aimer. J'ai toujours été un peu à part, en classe ou dans les cours de théâtre".
(Juliette Binoche : Rapport entre les films de Klapisch et son sentiment d'originalité ? On s'interroge et on préconise une bonne thérapie)
. La plus sensée :
"Le sexe n'est pas un danger et peut servir d'exutoire. Si les gens ne baisaient pas, ils se taperaient dessus. Le porno a une véritable utilité sociale".
(Gaspard Noé : C.Q.F.D)
. La plus mystique :
"On le tenait pour un intellectuel, il n'était qu'un homme du ciel et de la terre. Comme nous tous".
(Michel Piccoli à propos de Luis Bunuel : ben... Amen.)
. La plus rhétorique :
"J'aime quand les choses ne sont pas démonstratives, qu'il n'y a pas de pléonasme".
(Sandrine Kiberlain : oui... Mais on fait comment si on ne distingue pas la synegdoque de la métonymie ?)
. La plus motivée :
"J'ai pensé qu'il était temps, plutôt que d'être un réalisateur qui se masturbe intellectuellement, de me masturber pour de bon à l'écran".
(Steven Soderbergh défendant Schizopolis dans le Première d'avril 1997)

. La plus lucide :
"Bruce sait qu'on ne peut pas tourner ce genre de film en se prenant trop au sérieux. Sinon on devient Steven Seagal".
(Justin Long, partenaire de Willis dans Die Hard 4 : ... Die Hard... Depuis quand Bruce Willis joue dans des films allemands ?)
. La plus mégalo :
"D'abord, je ne me qualifierais pas du tout de girafe. Cette comparaison, ras le bol ! Je me décrirais passionnée, actrice, musicienne, vivante, mère, inquiète, drôle (beaucoup plus qu'on ne l'imagine), fragile, dure à la douleur, honnête. Mes défauts ? Obsessionnelle, impatiente, trop exigeante ; puis, revers de mes éventuelles qualités, inquiète et aussi... actrice".
(Sandrine Kiberlain toujours : oui, enfin, "girafe", c'était plus court non ?)

Black-Mamba (qui ne se moque pas...)