Acclamé à juste titre par la critique et le public, The Brutalist impressionne par la maîtrise de sa mise en scène, la complexité de son scénario, le jeu intense d’Adrian Brody 25 ans après The Pianist, de Roman Polanski, par la gravité de son propos, la richesse des thématiques abordées dans le cadre de l’Amérique apparemment idyllique des années 50. Surtout, il permet de remettre au centre de la réflexion une figure peu prisée jusque-là par le cinéma : celle de l’architecte. Pourtant quelques exemples existent. Et ce n’est qu’un début. Le point sur quelques figures marquantes.
A lire : Dans Piccoli derrière l'écran (Allary Editions), la journaliste Anne-Sophie Mercier a cherché à éclairer la personnalité complexe et attachante du comédien. Famille, amours, amis sont évoqués pour revenir sur une vie marquée par une approche exigeante du métier et des engagements forts.
Artistes : Michel Piccoli nous a quittés. Une perte immense pour le cinéma. Difficile de rendre hommage à son talent sans risquer de passer à côté de grandes interprétations, tant elles sont nombreuses. Aussi ai-je choisi de revenir sur quelques scènes qui m'ont marqué. Elles rendent compte de sa capacité à se fondre dans des rôles très différents, tout en imprimant sa marque unique. Entre colère et folie, douceur et exubérance.
L'équipe de CINEBLOGYWOOD est heureuse d'accueillir un nouveau rédacteur : Sam Lowry. Il écrit ses papiers avec la chanson Brazil dans la tête...
En salles : Du 13 au 19 avril, le cinéma parisien Les Fauvettes accueille le festival Play it again ! ("les films d'hier dans les salles d'aujourd'hui"), l’occasion de revoir des classiques en version restaurée. Du coup, on a revu Mauvais Sang, de Leos Carax, sorti en 1986 et présenté en ouverture du festival.
Buzz : Projeté en compétition officielle au Festival de Cannes il y a 40 ans (où il a remporté le prix Fipresci décerné par la presse internationale), La Grande Bouffe, film culte de Marco Ferreri, a provoqué un scandale sans nom (découvrez le reportage du JT de l'époque et une interview de Marco Ferreri) ! Qualifié de pornographique (il était interdit en salles aux moins de 18 ans), les cinq acteurs principaux (Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi, Andrea Ferreol) ont d'ailleurs subi pendant des mois les assauts, parfois violents, des spectateurs outragés.
Hier, le film était projeté dans le cadre de Cannes Classics, en présence des deux "survivants" : Michel Piccoli et Andrea Ferreol. Après une brillante introduction de Thierry Frémaux, les acteurs ont ainsi pu recevoir la standing ovation qu'ils n'avaient pas eu en 1973. Une belle réhabilitation pour le chef-d'œuvre de Ferreri.
Buzz : "Certainement, le film le plus barré de la sélection", dixit le sélectionneur Thierry Frémaux. Pour sa 4e présence au Festival de Cannes, près de 30 ans après la déflagration Boy meets girl, le cinéaste culte Leos Carax revient par la grande porte pour un film au titre étrange et mystérieux, Holy Motors.
Tout aussi mystérieux, son casting, qui rassemble outre son fidèle alter ego Denis Lavant, Michel Piccoli – déjà aperçu dans son meilleur film à ce jour, Mauvais sang – la fantômatique Edith Scob. Et surtout les deux atouts les plus glamour et sexy de la compétition : la brune Eva mendes et la blonde Kylie Minogue. Comment sont-elles arrivées dans l’univers onirique du cinéaste ? Mystère… En tout cas, pas de trace de Juliette Binoche.
Si on rajoute un pitch qui flirte avec le fantastique – un homme qui voyage dans les temps et les multiples identités d’êtres humains – sur une musique composée par le leader de Divine Comedy Neil Hannon, le film possède suffisamment d’atouts pour faire oublier la catastrophique présentation à Cannes de Pola X en 1999.
Remember : sélectionné dès janvier, porté par les rumeurs les plus folles, casting trois étoiles – Catherine Deneuve entourée des regrettés Guillaume Depardieu et Katerina Golubeva – cette adaptation d’un roman d’Herman Melville bercée par une partition mi-lyrique mi-indus de Scott Walker est littéralement assassiné avant de subir un cuisant échec commercial dès sa sortie. Carax ne remet plus les pieds dans un studio pendant quasiment 10 ans.
Artistes : Comme tous les mois, Premièreoffre un aperçu de l'actu ciné nationale et internationale. Et comme tous les mois, on retrouve dans les pages du magazine, tout un tas de stars qui ont plein de choses à dire sur tous les sujets et sur eux en particulier. Dégustons ensemble ce florilège printanier de petites phrases empruntes de spiritualité...
. La plus poétique "J'ai reçu plein de courriers à la sortie du film. Les gens m'écrivaient des déclarations, pas forcément d'amour mais d'existence". (Romain Duris à propos du Péril Jeune: Rien à dire, c'est beau, c'est simple, c'est vrai. On ferme les yeux et on médite) . La plus incohérente "Je ne me reconnais pas forcément dans les films générationnels de Cédric [Klapisch], ce qui ne m'empêche pas de les aimer. J'ai toujours été un peu à part, en classe ou dans les cours de théâtre". (Juliette Binoche : Rapport entre les films de Klapisch et son sentiment d'originalité ? On s'interroge et on préconise une bonne thérapie) . La plus sensée : "Le sexe n'est pas un danger et peut servir d'exutoire. Si les gens ne baisaient pas, ils se taperaient dessus. Le porno a une véritable utilité sociale". (Gaspard Noé : C.Q.F.D) . La plus mystique : "On le tenait pour un intellectuel, il n'était qu'un homme du ciel et de la terre. Comme nous tous". (Michel Piccoli à propos de Luis Bunuel : ben... Amen.) . La plus rhétorique : "J'aime quand les choses ne sont pas démonstratives, qu'il n'y a pas de pléonasme". (Sandrine Kiberlain : oui... Mais on fait comment si on ne distingue pas la synegdoque de la métonymie ?) . La plus motivée : "J'ai pensé qu'il était temps, plutôt que d'être un réalisateur qui se masturbe intellectuellement, de me masturber pour de bon à l'écran". (Steven Soderbergh défendant Schizopolis dans le Première d'avril 1997) . La plus lucide : "Bruce sait qu'on ne peut pas tourner ce genre de film en se prenant trop au sérieux. Sinon on devient Steven Seagal". (Justin Long, partenaire de Willis dans Die Hard 4 : ... Die Hard... Depuis quand Bruce Willis joue dans des films allemands ?) . La plus mégalo : "D'abord, je ne me qualifierais pas du tout de girafe. Cette comparaison, ras le bol ! Je me décrirais passionnée, actrice, musicienne, vivante, mère, inquiète, drôle (beaucoup plus qu'on ne l'imagine), fragile, dure à la douleur, honnête. Mes défauts ? Obsessionnelle, impatiente, trop exigeante ; puis, revers de mes éventuelles qualités, inquiète et aussi... actrice". (Sandrine Kiberlain toujours : oui, enfin, "girafe", c'était plus court non ?)