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vendredi 27 février 2026

César 2026 : palmarès complet et meilleurs moments

César 2026 Jim Carrey Benjamin Lavernhe CINEBLOGYWOOD

Belle cérémonie des César 2026 et carton d'audience ! Certes, il y a eu quelques rares moments malaisants et discours trop longs, mais surtout du spectacle, de l’émotion, de l’espoir, de l’envie portés par les artistes sur scène et le formidable maître de cérémonie Benjamin Lavernhe, qui a tout donné devant son idole, Jim Carrey, venu recevoir un César d’honneur. Si L’Attachement et Nouvelle vague ont été multi-récompensés, la réalisatrice du premier, Carine Tardieu, a bien résumé la soirée lors de son touchant discours lorsqu’elle a obtenu le César du meilleur film : "J'ai l'impression que tout le monde en a eu un peu". De quoi mettre du baume au cœur à une profession et une industrie qui en ont bien besoin. Outre des soutiens affichés au peuple iranien, c’est aussi l’exception française – ses écoles gratuites, son système de financement, son cinéma diversifié, sa cinéphilie ouverte – qui a reçu un hommage appuyé au cours de la soirée. Découvrez le palmarès complet et les meilleurs moments de la cérémonie.

lundi 5 septembre 2016

Rétro Belmondo : le héraut de la Nouvelle vague (1/5)

Artistes : Jean-Paul Belmondo, notre Bébel national, reçoit cette année un Lion d’Or exceptionnel pour l’ensemble de sa carrière à l’occasion de la Mostra 2016. Enfin ! S’il n’aime guère les hommages – les Césars se souviennent encore de sa fameuse lettre envoyée en 1988 – ce n’est que justice : à 83 ans, il a à son actif près d’une centaine de films, et ses compositions restent dans les mémoires.


vendredi 8 mai 2015

De Broca de A à Z : Rappeneau, Truffaut, Welles & co (4/4)


Artistes : Philippe de Broca (découvrez notre dossier) est notre idole. Merci à la Cinémathèque, qui lui rend hommage jusqu'au 1er juin. Voici la dernière partie de notre abécédaire consacré au cinéaste mais rassurez-vous, nous avons encore quelques articles en réserve. En attendant, reprenons à la lettre R comme...


jeudi 16 octobre 2014

Marie Dubois, mort de "la fille du Guignol"


Artistes : Elle avait de grands yeux bleus, un regard perçant, un peu dur, qu'atténuaient son beau visage et son joli sourire. Marie Dubois est morte mercredi, jour de la sortie des films, à l'âge de 77 ans. Souvenirs, souvenirs.

vendredi 22 mai 2009

50 ans de Nouvelle Vague : tsunami ou clapot ?

Artistes : Le monde est sans pitié. On a 50 ans et tout le monde vous tombe dessus ! Même si vous incarnez l’insolence, la jeunesse, la révolte… Et il est toujours périlleux de tirer le portrait d’une quinqua autant célébrée… Alors, voilà. Je n’irai pas par quatre chemins. La Nouvelle vague, c’est FI-NI, les gars.
T’as de beaux restes, tu sais !
OK, il reste des films magnifiques – A bout de souffle, Les 400 coups, Le Beau Serge, Paris nous appartient.
OK, les réalisateurs qui l’incarnent sont pour la plupart encore de sémillants cinéastes : si Truffaut est mort il y a maintenant 25 ans et Godard est carrément à l’ouest, Rohmer et Rivette font tourner leur petite entreprise, et Chabrol vieillit plutôt bien.
OK, pas une semaine sans qu’on s’en réclame – des Cahiers du cinéma à Christophe Honoré, en passant par le réalisateur taïwanais Tsai Min Liang, en compet cette année à Cannes, avec un film qui rassemble les survivants de la Nouvelle Vague (Léaud, Moreau, Truffaut via Fanny Ardant).…
OK, l’esprit libertaire et frondeur des années 68 en est l’un des plus beaux fruits. Remember la fronde de Cannes en mai 68 mené par Truffaut et Godard. Ou bien la Cinémathèque de Langlois qui, sans la défense acharnée des cinéastes de la Nouvelle Vague, n’aurait survécu.
OK, sans elle, pas d’Anna Karina, de Jeanne Moreau, de Bernadette Lafont, de Jean-Paul Belmondo, de Jean-Claude Brialy, de Jean-Pierre Léaud ou de Gérard Blain.
Tirez sur le pianiste
Mais enfin ! C’est d’abord un mouvement d’exclusion, qui a fusillé certaines carrières qu’heureusement on réévalue à présent : René Clément (Plein soleil), Henri-Georges Clouzot (Le Corbeau) ou Julien Duvivier (Voici le temps des assassins).
C’est ensuite une pure conjonction entre l’esprit d’une génération frondeuse et l’avènement de techniques qui ont permis aux cinéastes de sortir des studios, de tourner en prise directe et en décors naturels, de privilégier l’improvisation, de casser les codes du studio. Mais pas seulement : bourrés de références plus ou moins décelables, certains films ressemblent à des brouillons brillants de khâgneux en mal de reconnaissance. Aussi beau soit-il formellement, Pierrot le fou reste un film suffisant de sa suffisance.
Et puis, la Nouvelle Vague, c’est l’esprit de chapelle le plus étroit : pourquoi Mocky, Resnais, Malle, Lelouch, Cavalier n’ont-ils jamais été reconnus et intégrés en tant que cinéastes de la Nouvelle Vague ? Et que dire du sort réservé à Deville et de Broca ? Et PIALAT, putain !! Même techniques, même liberté, même légèreté, mais ils n’appartenaient sans doute pas au club de ces critiques convertis au cinéma !
Enfin, n’oublions pas les précurseurs : avant la Nouvelle vague, on avait eu Rome Ville ouverte, le néo-réalisme italien, Renoir, Cassavetes – et même Le petit fugitif, ressorti fort opportunément par Carlotta l’hiver dernier.
Bref, on a eu beau la vénérer, l’adorer ou la relifter, la quinqua ne peut offrir que ce qu’elle a : 50 ans, quelques beaux restes, certes, mais pas mal de breloques et de dépouilles.
Tout a changé en Bretagne...
Mais bon, force est de constater qu’elle s’est imposée, tel un tsunami mondial. Oshima au Japon, Bertolucci en Italie, Rocha au Brésil, le Dogme danois, et même les Carax-Beinex-Besson : qu’ils s’en soient inspirés comme modèle ou contre-modèle, aucun n’est parvenu à endiguer les effets libératoires d’une lame de fond qui est parvenue le temps de quelques films magiques à imposer l’anticonformisme en œuvre d’art. La preuve ? 50 ans après, on célèbre son avènement.
Comme le disait si bien Châteaubriand dans son Journal, tout a changé en Bretagne, hormi les vagues qui ne changent jamais
Et pour toi, lecteur de Cinéblogywood, que reste-t-il de la Nouvelle Vague ? Des vieux films ? La magnificence cinéphilique d’un geste de révolte ? Une énième resucée de l’éternel combat des Anciens et des Modernes ? Le débat est ouvert…
Travis Bickle

jeudi 12 février 2009

Le Petit Fugitif ou Les 400 Coups made in US

En salles : Parmi les films marquants sur l'enfance, il y avait Le Kid de Charlie Chaplin, Le Petit voleur d'Eric Zonca, Le Petit criminel de Jacques Doillon, La Petite voleuse de Claude Miller – il y aura désormais Le Petit Fugitif (Little Fugitive). A la toute première place.
Curieux destin que cette oeuvre tombée aux oubliettes depuis 1954, malgré son Lion d'Argent à Venise et la renommée dont elle a joui à son époque ! Merci donc à Carlotta, encore elle, d'avoir déniché ce trésor pour le ressortir en salles dans une sompteuse copie. Et avec le recul, cinq ans avant A bout de souffle et Les 400 coups, ce Petit fugitif apparaît comme l'ancêtre de la Nouvelle vague. Pas moins.
Un formidable film d'apprentissage
L'histoire ? Toute simple : Joey (interprété par Richie Andrusco), 7 ans, erre dans Brooklyn, à la suite d'une mauvaise blague de son frère aîné qui en a la garde. Sinistre prétexte à une errance dans les rues de Brooklyn, puis sur les plages de Coney Island, un week-end d'été caniculaire. Filmée à hauteur d'enfant, avec une caméra conçue pour l'occasion – que Godard chercha à récupérer pour son propre cinéma ! - cette chronique fait partie de ces oeuvres apparemment fragiles mais dont la puissance, la vitalité et la liberté sont inversement proportionnelles à leur budget : énormes.
C'est tout d'abord un formidable film d'apprentissage : le temps d'un week-end, l'espace d'une fête foraine sur Coney Island, un gamin fait l'apprentissage de la solitude, de l'ennui, de l'amour, de l'errance, de la peur, du jeu, de l'argent, de la bagarre – bref, de la vie ! Sans que jamais ce ne soit sentencieux ou grave : léger, en apensanteur, à l'image de la canicule qui s'abat sur Coney Island, précédant un orage salvateur.
Un formalisme stupéfiant
Ensuite, de par ses conditions de tournage, de montage et de destin, ce film annonce par bien des points le cinéma de John Cassavetes, notamment Shadows. Réalisé avec 3 dollars 6 pences, en souscription, par Morris Engel, photographe de son état, en plein air, à l'aide d'une caméra si petite pour l'époque qu'elle permet de saisir le quotidien dans toute sa saveur, ce film fait preuve d'une belle énergie. Et d'un formalisme à tomber : plongée sur la plage désertée après l'orage, rais de lumière sous les pontons, sur fond entêtant d'harmonica...
Au final, il apparaît comme un témoignage unique sur une Amérique en train de se défaire de ses mythes – le cow-boy, le western, la famille – au profit de l'argent, du consumérisme et de la télévision qui pointent leur nez. Le trailer est à voir ci-dessous et dans notre playlist Wat.
Ironie de l'histoire : Le Petit Fugitif fait la une du numéro 31 des Cahiers du cinéma – détail a priori futile, sauf que cet exemplaire est passé à la postérité : un certain François Truffaut y fustigeait "Une certaine tendance du cinéma français" - article qui pose les jalons de la Nouvelle Vague.
Travis Bickle