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mardi 12 novembre 2019
samedi 12 mai 2018
Cannes 2018 : J+4 en photos et vidéos
Buzz : Encore une belle journée au Festival de Cannes 2018 ! Les femmes sur les marches, Jean-Luc Godard en Facetime, Christopher Nolan en masterclass, Gaspar Noé en avion. Ovations pour l'équipe de Girl et celle du Monde est à toi (Romain Gavras, Vincent Cassel, Isabelle Adjani), photoshooting pour celle de Gueule d'ange (Marion Cotillard et Alban Lenoir)...
Cannes 2018 : Le Livre d'image "stupéfiant", "fascinant mais hermétique", "prévisible"
Buzz : Jean-Luc Godard au Festival de Cannes. Le cinéaste n'a pas fait le déplacement mais son film Le Livre d'image a été projeté. Evidemment, déchaînement des festivaliers. Florilège.
mardi 12 septembre 2017
Le Redoutable : 2 ou 3 choses que Michel sait de Jean-Luc...
En salles : Présenté cette année au Festival de Cannes 2017 en Sélection officielle, Le Redoutable permet à son réalisateur Michel Hazanavicius de revenir sur le devant de la scène après l’échec terrible de sa fresque consacrée à la Tchétchénie, The Search. Avec ce film insolent, caustique, incongru, ludique et amoureux, il livre un biopic bien différent des codes du genre, tout en se livrant à un autoportrait de l’artiste en JLG, saisi à un moment particulier de sa carrière : celui de la crise artistique, amoureuse et existentielle. Ni déférent, ni sarcastique, juste sérieux et jouissif... comme le plaisir. Décryptage.
dimanche 21 mai 2017
Cannes 2017 : Le Redoutable "Magnifique hommage", "laborieux", "flamboyant"
Buzz : Le Festival de Cannes pour Michel Hazanavicius, ce sont des montagnes russes. Il a touché les étoiles avec The Artist avant de plonger dans des abymes avec The Search. Le voici de retour en compéttition officielle avec Le Redoutable. Louis Garrel y interprète Jean-Luc Godard, en 1968. La critique est divisée.
lundi 5 septembre 2016
Rétro Belmondo : le héraut de la Nouvelle vague (1/5)
Artistes : Jean-Paul Belmondo, notre Bébel national, reçoit cette année un Lion d’Or exceptionnel pour l’ensemble de sa carrière à l’occasion de la Mostra 2016. Enfin ! S’il n’aime guère les hommages – les Césars se souviennent encore de sa fameuse lettre envoyée en 1988 – ce n’est que justice : à 83 ans, il a à son actif près d’une centaine de films, et ses compositions restent dans les mémoires.
mercredi 6 mai 2015
De Broca de A à Z : de Delerue à Montand (2/4)
Artistes : Chez Cineblogywood, on adore Philippe de Broca (découvrez notre dossier). L'hommage à la Cinémathèque, qui débute ce mercredi avec la projection du rarissime Roi de Coeur, nous fournit l'occasion de revenir sur la belle œuvre de ce cinéaste à la fois léger et profond. Aujourd'hui, deuxième partie de notre abécédaire.
samedi 24 mai 2014
Cannes 2014 : le palmarès complet
Buzz : La 67 édition du Festival de Cannes s'est achevée il y a quelques instants. Avec notamment une belle double ovation en l'honneur de Gilles Jacob, dont c'était le dernier festival. Et un hommage émouvant de Xavier Dolan à Jane Campion. Découvrez l'intégralité du palmarès ci-dessous.
jeudi 17 avril 2014
Cannes 2014 : la sélection à la loupe
Buzz : 1800 films projetés, pour18 films en compétition officielle ! Ah, qu’il est dur d’être sélectionneur. Voici donc les films sélectionnés par Thierry Frémaux qui tenteront de décrocher la Palme d’Or lors du prochain Festival de Cannes (14-24 mai 2014), dont le jury sera présidé par la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion. Petit tour d’horizon des cinéastes sélectionnés, de A à Z.
vendredi 1 mars 2013
A Bout de Souffle : "New York Herald Tribune!"
Buzz : Le Herald Tribune sera rebaptisé International New York Times. Son actionnaire, le New York Times donc, en a décidé ainsi. C'est son droit. Mais pour nous autres cinéphiles, le journal restera à jamais gravé dans nos mémoires sous le nom de New York Herald Tribune. Et dans notre imaginaire, il sera toujours vendu à la criée par Jean Seberg, suivie par Jean-Paul Belmondo le long des Champs-Elysées. Une scène mythique d'A Bout de Souffle, signé Jean-Luc Godard. Remember...
Anderton
mercredi 11 avril 2012
Jean-Luc Godard meets The Rolling Stones
Buzz : Ok, cette vidéo date d'il y a plus d'un an mais c'est une découverte en ce qui me concerne (z'avez le droit de me hurler : "Oooooooooooold !!"). Il s'agit d'un montage d'extraits de films de Jean-Luc Godard sur Gimme Shelter des Rolling Stones - morceau fétiche de Martin Scorsese. C'est bien foutu et ça se regarde ci-dessous. Enjoy !
Anderton
samedi 6 février 2010
Le Super Bowl filmé par Quentin Tarantino
Sur le web : It's Super Bowl time ! Dimanche 7 février 2010, les Indianapolis Colts affrontent les New Orleans Saints pour le trophée suprême du football américain. Et si ces finales (en général) pleines d'intensité étaient filmées par de grands réalisateurs : Quentin Tarantino, David Lynch, Wes Anderson, Jean-Luc Godard, Werner Herzog... Découvrez ce petit montage sympa ci-dessous.
mardi 8 septembre 2009
La Contestation : Mai 68 vu par 5 cinéastes
En DVD : Dans la famille Films à sketchs italiens, je demande le film… politique. OK : des Monstres aux Nouveaux monstres, en passant par Hier, aujourd’hui, demain, la plupart des comédies à sketchs italiennes (et des comédies classiques - cf Hold-up sur Le Pigeon) ont pour la plupart un fond de satire sociale. Mais rien à voir avec La Contestation. Rien à voir du tout. Quasiment invisible depuis sa sortie, le film est réédité grâce à Carlotta en DVD.
Témoignages à chaud
La Contestation – Amore e rabbia, en italien – c’est le manifeste cinématographique de cinq cinéastes en réaction aux évènements de mai 68.
Témoignages à chaud
La Contestation – Amore e rabbia, en italien – c’est le manifeste cinématographique de cinq cinéastes en réaction aux évènements de mai 68.
Et pas des moindres : Pier Paolo Pasolini (Salo ou les 120 journées de Sodome), Bernardo Bertolucci (Dernier Tango à Paris), Marco Bellocchio (Buona notte, Le Diable au corps), le moins connu Carlo Lizzani. Et LE cinéaste de 68 par excellence, Jean-Luc Godard.
Bref, autant qualifier ce film de brûlot dans un pays dont le principal dirigeant souhaitait, lors de son élection, liquider l’esprit de mai 68 !
Surprise : bien que venant d'horizons différents, ces cinq visions politiques usent avant toute chose de la grammaire du cinéma comme outil politique. Ainsi, le sketch d’ouverture signé Carlo Lizzani s'impose tout naturellement comme le meilleur de la série. L'individualisme et l'indifférence qui règnent dans New York cacophonique y sont capturés nerveusement et implacablement, caméra à l’épaule. Digne d’Antonioni.
Ensuite, ça se gâte franchement. Bernardo Bertolucci nous livre son pire film, supplice de 25 minutes, un trip consternant d'une troupe de théâtre activiste se concluant en partouze métaphysique où chacun revendique ses positions politiques et ses colères. A vous donner envie d’adhérer illico à l’UMP !
Pamphlets 70's
Heureusement, le sketch de Pier Paolo Pasolini redresse la barre. En accompagnant les déambulations romaines d’un jeune homme insouciant, le cinéaste lui superpose des images violentes de guerre et des dictateurs. Si le segment de Jean-Luc Godard est fidèle à Godard – pour inconditionnels seulement… - , celui de Marco Bellocchio reste paradoxalement à la fois le plus engagé et le plus intéressant. Réalisé et interprété par le cinéaste, ce sketch fait plus d’une fois songer à l’univers de Nanni Moretti par sa hargne et sa radicalité.
Au final, cinq témoignages singuliers, cinq pamphlets contestataires, qui malgré leurs défauts et leurs excès font preuve d’une vitalité et d’un engagement dont le cinéma contemporain semble avoir perdu le secret.
Travis Bickle
Surprise : bien que venant d'horizons différents, ces cinq visions politiques usent avant toute chose de la grammaire du cinéma comme outil politique. Ainsi, le sketch d’ouverture signé Carlo Lizzani s'impose tout naturellement comme le meilleur de la série. L'individualisme et l'indifférence qui règnent dans New York cacophonique y sont capturés nerveusement et implacablement, caméra à l’épaule. Digne d’Antonioni.
Ensuite, ça se gâte franchement. Bernardo Bertolucci nous livre son pire film, supplice de 25 minutes, un trip consternant d'une troupe de théâtre activiste se concluant en partouze métaphysique où chacun revendique ses positions politiques et ses colères. A vous donner envie d’adhérer illico à l’UMP !
Pamphlets 70's
Heureusement, le sketch de Pier Paolo Pasolini redresse la barre. En accompagnant les déambulations romaines d’un jeune homme insouciant, le cinéaste lui superpose des images violentes de guerre et des dictateurs. Si le segment de Jean-Luc Godard est fidèle à Godard – pour inconditionnels seulement… - , celui de Marco Bellocchio reste paradoxalement à la fois le plus engagé et le plus intéressant. Réalisé et interprété par le cinéaste, ce sketch fait plus d’une fois songer à l’univers de Nanni Moretti par sa hargne et sa radicalité.
Au final, cinq témoignages singuliers, cinq pamphlets contestataires, qui malgré leurs défauts et leurs excès font preuve d’une vitalité et d’un engagement dont le cinéma contemporain semble avoir perdu le secret.
Travis Bickle
vendredi 22 mai 2009
50 ans de Nouvelle Vague : tsunami ou clapot ?
Artistes : Le monde est sans pitié. On a 50 ans et tout le monde vous tombe dessus ! Même si vous incarnez l’insolence, la jeunesse, la révolte… Et il est toujours périlleux de tirer le portrait d’une quinqua autant célébrée… Alors, voilà. Je n’irai pas par quatre chemins. La Nouvelle vague, c’est FI-NI, les gars.T’as de beaux restes, tu sais !
OK, il reste des films magnifiques – A bout de souffle, Les 400 coups, Le Beau Serge, Paris nous appartient.
OK, les réalisateurs qui l’incarnent sont pour la plupart encore de sémillants cinéastes : si Truffaut est mort il y a maintenant 25 ans et Godard est carrément à l’ouest, Rohmer et Rivette font tourner leur petite entreprise, et Chabrol vieillit plutôt bien.
OK, pas une semaine sans qu’on s’en réclame – des Cahiers du cinéma à Christophe Honoré, en passant par le réalisateur taïwanais Tsai Min Liang, en compet cette année à Cannes, avec un film qui rassemble les survivants de la Nouvelle Vague (Léaud, Moreau, Truffaut via Fanny Ardant).…
OK, l’esprit libertaire et frondeur des années 68 en est l’un des plus beaux fruits. Remember la fronde de Cannes en mai 68 mené par Truffaut et Godard. Ou bien la Cinémathèque de Langlois qui, sans la défense acharnée des cinéastes de la Nouvelle Vague, n’aurait survécu.
OK, sans elle, pas d’Anna Karina, de Jeanne Moreau, de Bernadette Lafont, de Jean-Paul Belmondo, de Jean-Claude Brialy, de Jean-Pierre Léaud ou de Gérard Blain.
Tirez sur le pianiste
Mais enfin ! C’est d’abord un mouvement d’exclusion, qui a fusillé certaines carrières qu’heureusement on réévalue à présent : René Clément (Plein soleil), Henri-Georges Clouzot (Le Corbeau) ou Julien Duvivier (Voici le temps des assassins).
C’est ensuite une pure conjonction entre l’esprit d’une génération frondeuse et l’avènement de techniques qui ont permis aux cinéastes de sortir des studios, de tourner en prise directe et en décors naturels, de privilégier l’improvisation, de casser les codes du studio. Mais pas seulement : bourrés de références plus ou moins décelables, certains films ressemblent à des brouillons brillants de khâgneux en mal de reconnaissance. Aussi beau soit-il formellement, Pierrot le fou reste un film suffisant de sa suffisance.
Et puis, la Nouvelle Vague, c’est l’esprit de chapelle le plus étroit : pourquoi Mocky, Resnais, Malle, Lelouch, Cavalier n’ont-ils jamais été reconnus et intégrés en tant que cinéastes de la Nouvelle Vague ? Et que dire du sort réservé à Deville et de Broca ? Et PIALAT, putain !! Même techniques, même liberté, même légèreté, mais ils n’appartenaient sans doute pas au club de ces critiques convertis au cinéma !
Enfin, n’oublions pas les précurseurs : avant la Nouvelle vague, on avait eu Rome Ville ouverte, le néo-réalisme italien, Renoir, Cassavetes – et même Le petit fugitif, ressorti fort opportunément par Carlotta l’hiver dernier.
Bref, on a eu beau la vénérer, l’adorer ou la relifter, la quinqua ne peut offrir que ce qu’elle a : 50 ans, quelques beaux restes, certes, mais pas mal de breloques et de dépouilles.
Tout a changé en Bretagne...
Mais bon, force est de constater qu’elle s’est imposée, tel un tsunami mondial. Oshima au Japon, Bertolucci en Italie, Rocha au Brésil, le Dogme danois, et même les Carax-Beinex-Besson : qu’ils s’en soient inspirés comme modèle ou contre-modèle, aucun n’est parvenu à endiguer les effets libératoires d’une lame de fond qui est parvenue le temps de quelques films magiques à imposer l’anticonformisme en œuvre d’art. La preuve ? 50 ans après, on célèbre son avènement.
Comme le disait si bien Châteaubriand dans son Journal, tout a changé en Bretagne, hormi les vagues qui ne changent jamais
Et pour toi, lecteur de Cinéblogywood, que reste-t-il de la Nouvelle Vague ? Des vieux films ? La magnificence cinéphilique d’un geste de révolte ? Une énième resucée de l’éternel combat des Anciens et des Modernes ? Le débat est ouvert…
Travis Bickle
jeudi 12 février 2009
Le Petit Fugitif ou Les 400 Coups made in US
En salles : Parmi les films marquants sur l'enfance, il y avait Le Kid de Charlie Chaplin, Le Petit voleur d'Eric Zonca, Le Petit criminel de Jacques Doillon, La Petite voleuse de Claude Miller – il y aura désormais Le Petit Fugitif (Little Fugitive). A la toute première place.Curieux destin que cette oeuvre tombée aux oubliettes depuis 1954, malgré son Lion d'Argent à Venise et la renommée dont elle a joui à son époque ! Merci donc à Carlotta, encore elle, d'avoir déniché ce trésor pour le ressortir en salles dans une sompteuse copie. Et avec le recul, cinq ans avant A bout de souffle et Les 400 coups, ce Petit fugitif apparaît comme l'ancêtre de la Nouvelle vague. Pas moins.
Un formidable film d'apprentissage
L'histoire ? Toute simple : Joey (interprété par Richie Andrusco), 7 ans, erre dans Brooklyn, à la suite d'une mauvaise blague de son frère aîné qui en a la garde. Sinistre prétexte à une errance dans les rues de Brooklyn, puis sur les plages de Coney Island, un week-end d'été caniculaire. Filmée à hauteur d'enfant, avec une caméra conçue pour l'occasion – que Godard chercha à récupérer pour son propre cinéma ! - cette chronique fait partie de ces oeuvres apparemment fragiles mais dont la puissance, la vitalité et la liberté sont inversement proportionnelles à leur budget : énormes.
C'est tout d'abord un formidable film d'apprentissage : le temps d'un week-end, l'espace d'une fête foraine sur Coney Island, un gamin fait l'apprentissage de la solitude, de l'ennui, de l'amour, de l'errance, de la peur, du jeu, de l'argent, de la bagarre – bref, de la vie ! Sans que jamais ce ne soit sentencieux ou grave : léger, en apensanteur, à l'image de la canicule qui s'abat sur Coney Island, précédant un orage salvateur.
Un formalisme stupéfiant
Ensuite, de par ses conditions de tournage, de montage et de destin, ce film annonce par bien des points le cinéma de John Cassavetes, notamment Shadows. Réalisé avec 3 dollars 6 pences, en souscription, par Morris Engel, photographe de son état, en plein air, à l'aide d'une caméra si petite pour l'époque qu'elle permet de saisir le quotidien dans toute sa saveur, ce film fait preuve d'une belle énergie. Et d'un formalisme à tomber : plongée sur la plage désertée après l'orage, rais de lumière sous les pontons, sur fond entêtant d'harmonica...
Au final, il apparaît comme un témoignage unique sur une Amérique en train de se défaire de ses mythes – le cow-boy, le western, la famille – au profit de l'argent, du consumérisme et de la télévision qui pointent leur nez. Le trailer est à voir ci-dessous et dans notre playlist Wat.
Ironie de l'histoire : Le Petit Fugitif fait la une du numéro 31 des Cahiers du cinéma – détail a priori futile, sauf que cet exemplaire est passé à la postérité : un certain François Truffaut y fustigeait "Une certaine tendance du cinéma français" - article qui pose les jalons de la Nouvelle Vague.
Travis Bickle
Un formidable film d'apprentissage
L'histoire ? Toute simple : Joey (interprété par Richie Andrusco), 7 ans, erre dans Brooklyn, à la suite d'une mauvaise blague de son frère aîné qui en a la garde. Sinistre prétexte à une errance dans les rues de Brooklyn, puis sur les plages de Coney Island, un week-end d'été caniculaire. Filmée à hauteur d'enfant, avec une caméra conçue pour l'occasion – que Godard chercha à récupérer pour son propre cinéma ! - cette chronique fait partie de ces oeuvres apparemment fragiles mais dont la puissance, la vitalité et la liberté sont inversement proportionnelles à leur budget : énormes.
C'est tout d'abord un formidable film d'apprentissage : le temps d'un week-end, l'espace d'une fête foraine sur Coney Island, un gamin fait l'apprentissage de la solitude, de l'ennui, de l'amour, de l'errance, de la peur, du jeu, de l'argent, de la bagarre – bref, de la vie ! Sans que jamais ce ne soit sentencieux ou grave : léger, en apensanteur, à l'image de la canicule qui s'abat sur Coney Island, précédant un orage salvateur.
Un formalisme stupéfiant
Ensuite, de par ses conditions de tournage, de montage et de destin, ce film annonce par bien des points le cinéma de John Cassavetes, notamment Shadows. Réalisé avec 3 dollars 6 pences, en souscription, par Morris Engel, photographe de son état, en plein air, à l'aide d'une caméra si petite pour l'époque qu'elle permet de saisir le quotidien dans toute sa saveur, ce film fait preuve d'une belle énergie. Et d'un formalisme à tomber : plongée sur la plage désertée après l'orage, rais de lumière sous les pontons, sur fond entêtant d'harmonica...
Au final, il apparaît comme un témoignage unique sur une Amérique en train de se défaire de ses mythes – le cow-boy, le western, la famille – au profit de l'argent, du consumérisme et de la télévision qui pointent leur nez. Le trailer est à voir ci-dessous et dans notre playlist Wat.
Ironie de l'histoire : Le Petit Fugitif fait la une du numéro 31 des Cahiers du cinéma – détail a priori futile, sauf que cet exemplaire est passé à la postérité : un certain François Truffaut y fustigeait "Une certaine tendance du cinéma français" - article qui pose les jalons de la Nouvelle Vague.
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