En salles : Coppola pour clore 2009 (précipitez-vous sur
Tetro !), Coppola pour débuter 2010 : que demander de plus ?! Carlotta ressort en ce tout début d’année l’œuvre la plus méconnue du réalisateur d’
Apocalypse Now, malgré sa Palme d’Or décrochée en 1974 :
Conversation secrète.
Tourné entre les deux
Parrains, Conversation secrète s’inscrit dans la veine intimiste du cinéaste, aux côtés des
Gens de la pluie, Peggy Sue ou
Jardins de pierre. En plein scandale du Watergate, le film dresse le portait d’Harry Caul – subtilement incarné par un Gene Hackman méconnaissable – un être hostile à toute forme de communication, réduit à sa fonction première : technicien du son, spécialiste des écoutes clandestines. Pris à son propre jeu, le film décrit sa lente descente aux enfers, qui s’achève sur un saisissant solo de saxo.
Un film qui se regarde autant qu’il s’écoute
Dans la lignée des
Trois jours du Condor de Sydney Pollack ou de
A cause d’un assassinat d’Alan J. Pakula, le film baigne dans l’atmosphère paranoïaque du Watergate. Il témoigne également du sens visionnaire de
Francis Coppola qui nous mettait alors en garde contre l’omniprésence des techniques de surveillance dans nos vies privées. Au point de les réduire à une irréductible solitude. Un constat tragique, pour un film qu’il faut bien qualifier d’un poil désespérant !