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jeudi 13 mars 2014

Robert Mulligan : un cinéaste à réhabiliter en 9 films


Artistes : Immanquablement, évoquer Alan J. Pakula, comme nous l’avons fait le mois dernier, mène tout droit à un autre cinéaste, à la carrière plus discrète, plus indéfinissable : Robert Mulligan. Les deux hommes furent très proches, formant un duo unique dans l’histoire du cinéma, l’un comme réalisateur, l’autre comme producteur – 6 films en 6 ans.

Injustice de l'histoire, son plus gros succès critique et commercial – Un été 42 – a eu tendance à éclipser tout le reste de son œuvre, commencée à la fin des années 50. Ce New-Yorkais pur jus, né en 1925, et décédé en 2008, ex-journaliste, a été formé à la télévision – comme John Frankenheimer ou Sidney Lumet. Il y signe notamment une adaptation de David Copperfield et un biopic consacré à Gauguin. Pourtant, tout au long de son œuvre, il a marqué de son empreinte son attention pour le monde de l’enfance et son antagonisme avec celui des adultes ; ou bien pour le passé, souvent nostalgique ou valeur refuge ; enfin, son sens de l’espace en font un véritable peintre de l’Americana, qu’elle soit rurale ou urbaine.

Parfois jugé avec condescendance – "honnête cinéaste", "artisan du cinéma" – il n’a pas l’aura et la flamboyance d’un Sidney Pollack ou la verve d’un Sidney Lumet. Pour Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon, Mulligan est "de tous les jeunes réalisateurs (américains des années 60) l’un des plus constants, des plus personnels, des plus fidèles à lui-même". Pourtant son œuvre recèle de très belles pépites. Passage en revue.
 

lundi 24 février 2014

Alan J. Pakula : cinéaste de la paranoïa et de l'intime


Artistes : Comme son quasi-contemporain Norman Jewison (dont nous avons parlé ici), Alan J. Pakula (1928-1998) moins célèbre que ses films – au moins trois reviennent spontanément à l’esprit : Klute (1971), A cause d’un assassinat (1974), Les Hommes du Président (1976). Et pourtant, sa filmographie ne se réduit pas à ces trois films – certes des piliers de son œuvre et du cinéma américain des années 70 : 16 films la composent, de la comédie au western, en passant par la fresque intimiste et le thriller, sa veine de prédilection. 

Retour donc sur sa carrière d’un producteur devenu réalisateur, mort prématurément et stupidement – fauché au volant de sa voiture par une poutrelle métallique en 1998 – destin ironique pour le peintre le plus acerbe de la paranoïa américaine des années 70.