Dossier

lundi 15 février 2010

Mary et Max : un DVD en recommandé


En DVD : L'animation, ce n'est pas que pour les enfants. Le genre est désormais suffisamment installé et respecté pour qu'il s'adresse à un public plus mûr. Adam Elliot l'a bien compris, qui a réalisé un petit bijou de film en pâte à modeler : Mary et Max.
Mary Dinkle est une fillette un peu gauche qui cache sa solitude derrière de grosses lunettes et une imagination alerte. Elle vit dans une banlieue pavillonnaire d'Australie, livrée à elle-même, ignorée de sa mère qui carbure au sherry et de son père adepte de l'empaillage de volatiles. Ses seuls rayons de soleil sont les sourires de ses voisins : un garçon très timide et un vieux monsieur agoraphobe. 
Aussi pour se faire un ami décide-t-elle d'écrire à un nom trouvé par hasard dans l'annuaire de New-York. Ce sera Max Jerry Horovitz qui recevra donc la missive de Mary. Un solitaire également, affublé d'un double handicap : l'obésité et une forme d'autisme baptisée syndrome d'Asperger. Et contre toute attente, l'Américain de 44 ans répond à l'Australienne de 8 ans.
Pathos à ma pâte !
De cette relation épistollaire improbable naît une amitié fragile mais sincère, qui saura résister à l'assaut du temps qui passe. Drôle et poignant, cruel aussi, le film d'Adam Elliot évite le pathos et les bons sentiments pour brosser le portrait de personnages caricaturaux dans leur forme mais profondément humains. Le réalisateur prend un malin plaisir à dérouler une histoire pleine d'apparentes digressions et d'événements futiles... la vie, quoi.
On pense un peu au Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, d'autant qu'une voix off accompagne le spectateur tout au long du récit. Mais l'oeuvre s'affirme par son originalité et son ton mi-grave mi-humoristique. Et ici, peu de couleurs : le marron d'Australie succède au gris de New York, les seuls éclats étant apportés par quelques objets rouges. La bande son, pleine de gaieté, apporte un contrepoint intéressant aux tuiles qui ne cessent de s'abattre sur les personnages.
Le DVD, édité par Gaumont, propose par ailleurs quelques bonus intéressants, notamment une longue interview du réalisateur australien, qui revient sur la fabrication du film et son style unique (lié à sa tremblote !). Philip Seymour Hoffman (Max) explique également comment il s'est retrouvé embarqué sur ce projet. Eric Bana (Damian, le voisin timide), lui, plaisante lors de la séance de doublage. Un beau cast vocal, complété par Toni Collette (Mary adulte) et Barry Humphries (le narrateur). Que vous l'ayez vu ou pas au cinéma, Mary et Max est à (re)découvrir d'urgence.
Anderton

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