DOSSIER

22 mars 2011

Les Yeux de sa Mère : un air de ciné espagnol


En salles : Le 14 mars, Thierry Klifa est venu à Rouen pour présenter son dernier film Les yeux de sa mère. Accompagné des 2 acteurs principaux, Nicolas Duvauchelle et Jean-Baptiste Lafarge, il a répondu à quelques questions des téléspectateurs timides mais émus par la beauté de son film.

Plein de sensibilité, ce 3ème film méritait bien un coup de chapeau. Surtout que le réalisateur invite chacun à en parler sur les réseaux sociaux. Cette sincérité et cette invitation justement proposée, valaient bien qu’on en parle chez Cineblogywood.


L’histoire : un jeune écrivain se fait engager auprès d’une star du journal de 20h pour écrire une biographie non autorisée. S’immisçant à la fois dans la vie de la mère, de la fille et du petit-fils, il va jouer le confident et se retrouver piégé par ses propres névroses. Ce qui paraît à priori qu’une pâle copie d’un film d’Almodovar (on retrouve les thèmes chers au réalisateur espagnol : la relation difficile mère-fille, l’impossibilité d’assumer sa maternité, le désir d’être femme avant d’être mère), s’avère devenir une belle histoire de reconstruction sentimentale. Les opportunités de la vie qui vous apportent parfois une seconde chance.

L’atmosphère latine est omniprésente : les origines espagnoles paternelles de Géraldine Pailhas, les dialogues tantôt en français, tantôt en espagnol avec sa belle mère (Marisa Paredes). Des signes d’émotions sulfureux mais dignes. Si vous aimez le cinéma espagnol, alors vous ne serez pas insensibles à ce film co-écrit avec Christopher Thompson. Fils de Danièle Thompson et petit-fils de Gérard Oury, il est également le mari de Géraldine Pailhas. On reste donc un peu en famille. C’est sa 4ème collaboration avec Thierry Klifa. A l’issue de la projection, ce dernier m’avoue d’ailleurs qu’il ne compte pas en rester là car ils planchent déjà sur leurs prochains films respectifs.

On trouve ici quelques clichés dans les personnages mais toute ressemblance avec des personnages existant serait bien sûr fortuite ! Le regard porté sur les actrices comme sur les acteurs est extrêmement bienveillant. Car l’homme n’a pas son pareil pour parler des femmes. Tour à tour, fortes, sensibles, sensuelles ou maternelles. Des générations de mères coupables et des personnages avec des destins à accomplir au prix des plus grands sacrifices professionnels. Consciemment ou non, elles tracent leur chemin sans se retourner. Même chez les hommes, Klifa fait ressortir une forte part de féminité jusqu’à étonner le spectateur.

Qui mieux que Catherine Deneuve, icône du cinéma français, pouvait incarner la présentatrice star Léna Weber, femme à la fois fragile et ambitieuse qui s’aperçoit un peu tardivement qu’elle est passée à côté des choses essentielles de la vie, comme d’apprendre à communiquer avec sa fille.

Sa fille, c’est Géraldine Pailhas. Elle interprète une danseuse qui à son tour sacrifie sa vie personnelle au profit de sa carrière. Mère trop jeune, enfant délaissée par sa mère, elle fonce tête baissée dans les étoiles pour assouvir ses rêves. Pour ce rôle, la comédienne s’est pliée à une discipline nécessaire pour se forger un corps de danseuse. Elle a pour partenaire le danseur Sylvain Groud, chorégraphe normand. C’est sa troisième collaboration avec Thierry Klifa après Une vie à t’attendre en 2004 et Le héros de la famille en 2006. Ce serait presque l’actrice fétiche du réalisateur.

Et puis, il y a le fils (Jean-Baptiste Lafarge), un jeune homme qui a renoncé depuis longtemps à sa mère biologique pour tracer son chemin, surprotégé par une mère adoptive angoissée. C’est le premier grand rôle du comédien et sans doute pas le dernier…

Marina Foïs est sa mère. Elle sait que le jour viendra où elle devra se séparer de son enfant. Ses mots sont rares mais ses regards sont intenses. Le destin de tous ces personnages, qui vivent en parallèle, va se lier et basculer grâce à Mathieu, l’écrivain en mal d’inspiration.

L’acteur Nicolas Duvauchelle, semble l’éternel jeune premier. Le regard ténébreux et la voix rauque, il incarne parfaitement le cynisme et l’ambiguïté due à son personnage. Tantôt rebelle et, tantôt généreux, il oscille entre envie et devoir. Son interprétation dans Les corps impatients auprès de Laura Smet, lui a valu une nomination aux César 2004. En 2006, il a interprété le rôle d’Augustin dans Le Grand Meaulnes. En 2010, il jouait déjà dans Happy Few auprès de Marina Foïs.

Malgré l’histoire cousue de fil blanc, le film réserve quelques surprises. Il vous transporte et vous étonne. On aimerait presque en connaître la suite.



Mrs Peel




1 commentaire:

lea gouverneur a dit…

C'est très difficile à comprendre surtout quand les acteurs parlent très vite et très bas, surtout les hommes.

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