lundi 23 mars 2026

L'Attachement : un hymne bouleversant à la vie

L'Attachement Carine Tardieu DVD CINEBLOGYWOOD

Faut-il (re)voir le César du meilleur film en vidéo ? Plus d'un an après sa présentation à la Mostra de Venise, sa sortie en salles et quelques semaines après son triplé aux César 2026, L'Attachement s'est invité dans mon salon. Il n'est jamais trop tard pour rattraper son retard. Surtout que le film de Carine Tardieu bénéficie d'une belle édition DVD signée Diaphana, incluant  notamment un court-métrage de la cinéaste.


Tout commence par un heureux événement : la naissance de Lucille. La veille, en partance pour la maternité, ses futurs parents, Alex et Cécile, ont confié Elliott, leur fils de six ans, à Sandra, leur voisine de pallier. Cette libraire quinquagénaire et célibataire a supporté avec bienveillance les questions indiscrètes du gamin mais elle a trouvé le temps un peu long. Le lendemain, quand la sonnette de son appartement a retenti, elle a découvert Alex effondré. Cécile est morte en couche. Peinant à maîtriser sa colère et sa détresse, le jeune veuf apprend alors à s'occuper de ses enfants avec parfois l'aide de Sandra, qui a développé un lien affectif avec Elliott.

Hymne à la vie

Je dois dire qu'en regardant L'Attachement, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Pupille. Les points communs m'ont sauté aux yeux : une histoire d'abandon et d'amour autour d'une naissance, des adultes qui se débattent pour transformer le drame en espoir, le regard humaniste d'une cinéaste sur ses personnages et ses acteurs, le refus du pathos. Même coup au coeur pour le spectateur qui passe par toutes les émotions.

Dès les premières images, Carine Tardieu filme avec tendresse des êtres qu'un deuil va rapprocher. L'Attachement baigne dans des couleurs chaudes, rassurantes - magnifique travail d'Elin Kirschfink et Yann Maritaud - qui donnent le ton : nous allons, personnages et spectateurs, traverser une épreuve bouleversante, assister à des moments de crise, être emportés par le chagrin et la colère sans que jamais l'amour, la joie, l'espoir ne disparaissent. Quand Tardieu sort les violons, ce sont ceux, entraînants, du jazz manouche et d'un orchestre tzigane.

César et César

Les comédiens sont excellents. Valeria Bruni-Tedeschi a la lourde tâche d'incarner Sandra, celle qui à l'image du spectateur se retrouve plongée dans cette histoire malgré elle. La comédienne lui donne une aura incroyable ainsi qu'une force, une intelligence émotionnelle qui s'expriment toujours dans la douceur. Sans faire de son personnage une sainte, elle en fait ressortir une bonté de tous les instants qui permet à ceux qu'elle côtoie de traverser la vie avec optimisme. Pio Marmaï est, une fois de plus, impressionnant. Où est-il allé chercher cette interprétation bouleversante ? Comment a-t-il réussi à faire jaillir ces émotions, parfois à peine contenues, parfois débordantes ? Que j'adore cet acteur.

Vimala Pons est fidèle à elle-même : naturelle et solaire, elle rend Emilia, la pédiatre, immédiatement attachante. En quelques regards graves, elle nous en fait comprendre aussi les questionnements et les tourments. Quant à Raphaël Quenard, en père irresponsable, il prouve qu'il est grand : il tempère son jeu, le nuance, sans perdre sa personnalité unique qui rend son personnage sympathique. On a plaisir à retrouver Catherine Mouchet (l'inoubliable Thérèse d'Alain Cavalier) et Marie-Christine BarraultEt n'oublions pas le jeune César Botti. On sait que dans un film, un enfant peut devenir horripilant à force d'être côté de la plaque. Pas lui ! Il est à la fois naturel et dans le ton juste. Ce n'est pas seulement lié à son jeune âge. Un bonus DVD montre les essais qu'il a passés pour être casté : il démontre un talent de comédien certain. C'est Vimala Pons qui a obtenu le César de la meilleure actrice dans un second rôle mais tous ces talents auraient mérité d'être récompensés, vraiment. 

Au générique de fin, nous voici grisé par de beaux sentiments. La formule est galvaudée mais L'Attachement est un hymne à la vie. Il nous fait du bien, tout comme le court-métrage de Carine Tardieu proposé dans cette édition vidéo, bonne initiative de Diaphana. L'Aîné de mes soucis (2004) est un joli conte, dans lequel déjà la cinéaste montre que l'amour et l'humour peuvent venir à bout du drame. Il ne tient qu'à nous que la vie soit belle !

Anderton

 

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