vendredi 10 avril 2026

Arco : Bienvenu dans une autre animation

Arco animation DVD CINEBLOGYWOOD

La qualité des films Pixar et leurs succès au box-office ont imposé un style qui a tendance à uniformiser la production mondiale. Pour autant, d'autres approches, aussi bien esthétiques que techniques, subsistent heureusement. Arco, le film d'animation multi-primé d'Ugo Bienvenu, en apporte la preuve éclatante. Sa sortie en vidéo, chez Diaphana, permet de (re)voir une oeuvre envoûtante et poétique et d'en découvrir les secrets de fabrication.


Le mystère de l'arc-en-ciel dévoilé

Dans un futur lointain, l'humanité a abandonné la surface de la Terre, devenue invivable du fait des activités humaines, pour s'installer au sommet de gigantesques arbres artificiels. Pour se déplacer, on revêt une combinaison qui capture les rayons du soleil et permet de voler, y compris dans le temps. Trop jeune pour en profiter, Arco décide tout de même de se lancer dans l'azur en volant la tenue de sa soeur aïnée. Mais il manque d'expérience et atterrit sur Terre, en 2075 - la préhistoire par rapport à son époque, le XXXe siècle. Il est recueilli et caché par une jeune fille alors que la police et un trio de chercheurs farfelus sont à sa poursuite.. 

Un style qui se démarque de Pixar

Pour raconter cette histoire d'amitié colorée et poétique, Ugo Bienvenu a fait des choix forts. Pas de style Pixar mais le sien. Retour à l'animation traditionnelle. La splendeur du résultat final, qui s'impose comme une évidence, est un petit miracle puisque le réalisateur a d'abord peiné à convaincre des partenaires de rejoindre l'aventure. C'est Natalie Portman notamment, qui en devenant coproductrice du film, permettra au projet de devenir réalité. Le parti pris graphique est de faire évoluer dans des décors et arrière-plans peints, très fouillés, des personnages épurés. On est plus près de Miyazaki que de Pixar, dans l'esthétique comme dans l'approche poétique et délicate, porteuse d'espérance.

Des voix au diapason

Bienvenu a fait appel à des comédiens qu'on n'aurait pas forcément attendus dans cet exercice particulier : William Lebghil, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel. Des voix qui ne sont pas "fortes" comme celles des comédiens de doublage mais qui apportent beaucoup d'originalité et de sincérité à leurs personnages. On retrouve également au casting vocal, Alma Jodorowsky et Oxmo Puccino, qui avait déjà participé à un autre beau film d'animation, Adama. L'autre grande et belle voix, c'est celle de la bande originale, signée Arnaud Toulon. Elle nous transporte et contribue à faire décoller le film. César de la meilleure musique mérité.

Une pluie de récompenses

Présenté au Festival de Cannes 2025, nommé aux Oscars et aux Baftas, Arco a remporté de nombreux prix en Europe comme en France, notamment ceux du César 2026 du meilleur film d'animation et du Cristal du long-métrage au Festival d'Annecy. Succès critique et public, avec près de 488 000 entrées en France, qui récompensent la démarche bienvenue d'Ugo.

Des bonus pour comprendre

Diaphana propose une édition vidéo qui permet d'entrer dans les secrets de fabrication d'Arco. Des entretiens et des making of avec le réalisateur et ses partenaires Félix de Givry, Sophie Mas et Natalie Portman, ainsi qu'avec le compositeur. Et puis, cette bonne idée de proposer un court-métrage d'Ugo Bienvenu et Félix de Givry, L'Entretien (2018). Approche hyper-réaliste qui associe prises de vues réelles et images de synthèse pour donner vie à un récit futuriste et poétique (déjà), dans lequel les robots d'Arco font une première apparition.

C'est encore une fois la démonstration que le support physique est indispensable à l'expression de la cinéphilie.

Anderton


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