Dossier

mercredi 6 mai 2015

De Broca de A à Z : de Delerue à Montand (2/4)


Artistes : Chez Cineblogywood, on adore Philippe de Broca (découvrez notre dossier). L'hommage à la Cinémathèque, qui débute ce mercredi avec la projection du rarissime Roi de Coeur, nous fournit l'occasion de revenir sur la belle œuvre de ce cinéaste à la fois léger et profond. Aujourd'hui, deuxième partie de notre abécédaire.



D
Delerue (Georges)
Classe et élégance des partitions que le musicien composa pour les cinéaste – sur le tempo de valses, bien sûr ! 18 films sur 30 – un record. C'est dire la complicité et les affinités qui liaient les deux hommes. La plus représentative ? Sans hésiter, celle du Diable par la queue (le thème de Jeanne), maintes fois reprise en tant que générique d'émission radio.



F

Fenêtre
"Les plus beaux voyages se font par la fenêtre", déclame Jean-Claude Brialy dans Le Roi de cœur. Regardez le nombre de plans filmés à travers la fenêtre chez de Broca : non pour signifier la distance ou de l'incommunicabilité. Non, juste pour signifier la concomitance de l'imaginaire avec le réel, du passé avec le présent en perpétuelle évolution. Et quand l'action s'arrête, on est souvent dans une roulotte, ou dans un espace clos, sans ouverture. "La contemplation des étoiles, quel bonheur !", dira de Broca.

Femmes
Obscur objet de désir, le femme est chez de Broca celle par qui la rêverie arrive. Celle qui anime les allers-retours virevoltants des mâles debroquiens. Amies, maîtresses, épouses, mères, amantes, confidentes, mères, elles épousent tous les contours de l'idéal féminin. Soit de manière plurielle, comme dans Le Cavaleur, soit de manière condensée, comme dans Chère Louise. De Geneviève Bujold à Catherine Zeta-Jones, en passant par Marthe Keller, Françoise Dorléac, Catherine Deneuve, Annie Girardot, Ursula Andress ou Catherine Alric, elles sont toutes dotées d'une énergie motrice indéniable, véritable fantasme masculin vecteur d'imaginaire, et bien loin du réel. Bref, elles sont l'imaginaire, moteur de la fiction de broquienne, sans lequel le héros n'a plus de raison d'être.

G
Gassman (Vittorio)
C'est l'acteur après lequel de Broca a le plus déployé d'énergie. On le comprend tant l'exubérance et la folie douce du comédien italien (on pense notamment au Fanfaron, au Pigeon, aux Monstres, à L'Homme aux cent visages) rejoignaient celles des personnages chers au cinéaste. Première tentative sans succès – le cinéaste le souhaitait pour Le Diable par la queue, remplacé par Yves Montand (pour la petite histoire, même  imbroglio pour César et Rosalie, de Claude Sautet, lequel Sautet co-scénarise Le Diable par la queue, dans lequel Montand incarne un personnage du nom de... César ), puis pour Le Cavaleur, remplacé par...Yves Montand – décidément ! - puis par Jean Rochefort. C'est finalement pour Les 1001 Nuits que le cinéaste parviendra à convaincre Vittorio Gassman à rejoindre son univers de faux semblants et de... brocatelles.

Godard (Jean-Luc)
A partir d'un canevas proposé par Geneviève Cluny – une femme désirant avoir des enfants sans se marier – Philippe de Broca essaie de travailler pendant 15 jours avec JLG au début des années 60. "C'était le mariage de la carpe et du lapin. C'était impossible. 15 jours de cauchemar !"

L

Louise (Chère)

Film au statut particulier, car c'est le seul auquel de Broca n'ait pas participé au scénario (dû à Jean-Loup Dabadie) – excepté Louisiane. Son bonheur ? Faire tourner Jeanne Moreau. La collaboration se passe dans de si bonnes conditions que de Broca accepte que le film représente la France à Cannes en 1971. Massacre total de la critique cannoise. "J'en garde un souvenir abominable  (...) je pensais que c'était un film scandaleux. Un film sur le droit des femmes à être amoureuses sans être hélas aimées en retour, le drame le plus affreux de l'existence..."



M

Magnifique (Le)
Peut-être la quintessence du cinéma de de Broca ? Celui où ses thèmes de prédilection s'harmonisent le mieux. Celui qui rappelle à la fois la folie créatrice d'un Fellini et la potacherie bon enfant des ZAZ. Et pourtant, de l'aveu même du cinéaste, les choses avaient mal commencé : "Je ne me suis pas entendu avec Francis Veber qui refusait toutes mes idées. Et, je le dis, je l'affirme, la plupart des éclats de rires du film lui reviennent". Résultat : un des films les plus aboutis et les plus inventifs de son réalisateur : "Je m'étais imposé la discipline de ne jamais utiliser deux fois le même procédé pour passer du rêve à la réalité".

Bande annonce du film "Le Magnifique" avec Jean-Paul BELMONDO from LEPINAY on Vimeo.


Marie (Les Caprices de)
Autre film au statut particulier : celui qu'il regrette le plus d'avoir raté, car son tournage commence précisément le jour où Neil Armstrong marche sur la lune, en juillet 1969 ! "A quoi bon faire un film lorsque se produit un événement aussi important ?", dira-t-il.

Montand (Yves)
Curieusement, l'acteur virevoltant n'a tourné qu'un seul film avec de Broca – et encore par hasard, car initialement, c'est Vittorio Gassman qui devait jouer César dans Le Diable par la queue ! Pourtant, les projets n'ont pas manqué : Cyrano ; Le Grand Escogriffe, finalement tourné par Claude Pinoteau ; enfin, Le Cavaleur, prévu à l'origine pour Yves Montand. "Je lui ai proposé des sujets formidables, et à chaque fois, il y a des problèmes (...) C'est dommage, parce qu'il a de sacrés dons, cet animal !"

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La plupart des citations sont extraites de l'ouvrage de référence consacré au cinéaste, Philippe de Broca, par Alain Garel, Dominique Maillet, Jacques Valot et Jean-Pierre Zarader, éditions Henri Veyrier.

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