DJ BrianEt en même temps, non. Parce que le contexte n'est plus le même. Et que De Palma s'est complètement renouvelé : comme un DJ cinéaste, il malaxe, comprime, éparpille tous les documents qu'il fait mine d'avoir sous la main – vidéos HD, blogs, etc
(regardez l'extrait 1 de Redacted). Pas d'esbrouffe, pas de plan séquence de 20 mn ou de split-screen à gogo. Ou du moins, fait-il semblant d'être cinématographiquement modeste.
Car c'est toute la force du film : parvenant à se faire totalement oublier, Big Brian crée là le film ultime : celui que tout le monde peut visionner, créer, dans l'anonymat le plus total, celui de l'ère de YouTube, où le réalisateur et le spectateur ne font plus qu'un. Mais plus malin que De Palma, tu meurs : dans un ultime sursaut, l'auteur de
Snake Eyes se réinsère dans la fiction, lors de la dernière scène, en tant que metteur en scène amateur, sorte Deus ex-machina invisible, dans ce qui constitue la seule séquence de mise en scène, et assumée comme telle.
Auto-pastiche ou bien brûlot expérimental ? A vous de voir...surtout si vous êtes allergique à ces images tièdes qui envahissent nos écrans, qu'elles viennent
du Nord ou de la Gaule olympique !
PS : gros scandale : en VO, les sous-titres blancs sur fonds sur-exposés... blancs sont quasiment illisibles - le distributeur aurait-il voulu flinguer la sortie du film qu'il ne s'y serait pas pris autrement... Censure douce ? Redacted redacted ?