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lundi 29 août 2022

Summer 1982 : Conan, Rocky et cadavres nus (1/7)

En salles [première publication le 14/08/2012, mise à jour le 29/08/2022] : Il y a 40 ans, les spectateurs américains ont pu découvrir au cinéma 27 films dont certains sont devenus cultes, voire cultissimes. Au point que l'été 1982 (découvrez notre dossier) aux Etats-Unis passe pour être l'été cinématographique le plus riche et le plus réussi (qualitativement) de tous les temps. En sept posts, Cineblogywood dresse un bilan très subjectif et un brin nostalgique de cette lumineuse saison pour les salles obscures. Pour ce premier post, passons en revue les sorties du mois de mai 1982.



Conan le Barbare (Conan the Barbarian) de John Milius

Scénariste inspiré (L'Inspecteur Harry, Magnum Force, Jeremiah Johnson, Apocalypse Now, 1941, le monologue de Quint dans Les Dents de la Mer), amateur de surf et d'armes à feu tendance facho (il inspirera le personnage de Walter Sobchak dans The Big Lebowski), John Milius réalise avec Conan le Barbare le film-phare de la fantasy. Celui qui influencera tous les autres, jusqu'au Seigneur des Anneaux. Les fans de la saga signée Robert E. Howard, des peintures de Frazetta et des adaptations Marvel nées du trait puissant de John Buscema s'y retrouvent. Produit par Dino de Laurentiis, Conan le Barbare revient sur la jeunesse d'un roi alors vieux et fatigué : une jeunesse qui le voit aux prises avec une secte responsable du massacre de sa famille. Orphelin, esclave, gladiateur, voleur puis guerrier, Conan grandit, monte en puissance (surtout physique - le héros est un taiseux plutôt bourrin), découvre le sexe et la biture, les combats contre loups, vautour, serpent et chameau, souffre, s'endurcit. Et acquiert une certaine sagesse liée aux pratiques martiales. Comme quoi, un bon coup de hache, ça donne à réfléchir.

Conan est un film viril. On n'en attendait pas moins de John Milius et de son coscénariste, Oliver Stone. La violence est assez crue pour l'époque. Je me souviens encore de mon père qui, après les vingt premières minutes, souffle à mon frangin et à moi, tout juste ados : "Ca va. Pas trop impressionnés ?" Et nous de secouer la tête, les yeux écarquillés, le dos collé au fauteuil. Arnold Schwarzenegger est parfait dans le rôle éponyme. Quasi-inconnu du grand public, il devient star grâce au film. Mais la poésie affleure aussi. Beauté des paysages, grandeur des sentiments. Conan et Subotaï courant jusqu'à l'horizon... A ces images éternelles, est associée une musique grandiose, souvent copiée, jamais égalée. La partition est signée Basil Poledouris, qui la compose comme un opéra. L'intro du film avec le monologue du magicien (Mako) est une des plus fortes qu'il m'ait été données de voir au cinéma. Cette voix résonnant dans le noir complet. L'expérience salle dans toute sa force. La suite (Conan le Destructeur) ne sera pas aussi bonne. Idem pour la filmo de Milius. Mais quarante ans plus tard, Conan le Barbare n'a quasiment pas pris de rides. Juste des cicatrices. Et ça lui va bien.




Les Cadavres ne portent pas de costards (Dead Men don't wear plaid) de Rob Reiner

Avant Les Nuls ou La Classe Américaine, Rob Reiner (Stand By Me, Princess Bride, Misery...) a réalisé un chef-d'oeuvre de comédie parodique. Une histoire de privé bien loufoque qui est aussi une manière de rendre hommage au film noir hollywoodien de la grande époque. Tourné en noir et blanc, Les Cadavres ne portent pas de costard (lire notre chronique complète) permet à Steve Martin (génial) de donner la réplique à Humphrey Bogart, James Cagney ou Burt Lancaster. La femme fatale est interprétée par Rachel Ward, qui fut au générique du larmoyant feuilleton (c'est comme ça qu'on appelait une série à l'époque) Les Oiseaux se cachent pour Mourir et du thriller romantique Contre Toute Attente (lire notre chronique complète), avec la chanson Against All Odds version Phil Collins, remember ? L'actrice a disparu du grand écran depuis près de trente ans. Raison de plus de ressortir ces cadavres du placard.



Fighting Back de Lewis Teague

Huit ans après Un Justicier dans la ville (Death Wish), le Vigilante Movie a encore de beaux jours devant lui, puisque la période continue d'être sombre. "Enough is enough", clame l'affiche du film retitré Death Vengeance au Royaume-Uni, histoire de surfer sur le succès de la saga avec Charles Bronson. Cette fois-ci, dans le rôle du citoyen lambda excédé par les-crimes-restés-impunis-car-la-police-ne-fait-rien, un autre moustachu : Tom Skerritt. Il retrouve à l'écran son compère d'Alien, Yaphet Koto. Pas vu ce film qui défend le droit à l'autodéfense. A la réalisation, Lewis Teague, un "faiseur" qui signera Cujo un an plus tard puis Le Diamant du Nil en 1985. 



Rocky III de Sylvester Stallone

J'avoue, je n'ai jamais été un grand fan de la franchise Rocky. Tout comme pour Rambo, seul le premier opus trouve grâce à mes yeux. Dans ce numéro trois, Rocky Balboa (Sylvester Stallone) est statufié de son vivant en sa bonne ville de Philadelphie. C'est donc un has-been, comme s'empresse de lui signifier de manière peu élégante Mr T pour sa première apparition au cinéma. Et en plus, le boxeur se fait puncher par son Adrienne (Talia Shire), son beauf (Burt Young) et son coach (Burgess Meredith). Huuuuuuh, il ne sait plus où il en est. Heureusement, son ancien adversaire devenu copain, Apollo Creed (Carl Weathers), va lui redonner confiance en lui, après la rouste que lui met son adversaire à la coupe mohawk. Je n'ai pas revu Rocky III depuis les années 1980. En redécouvrant la bande-annonce, j'imagine que le film, comme son héros, a pris un sacré coup de vieux. Les combats de boxe en témoignent et sonnent faux par rapport aux affrontements réalistes de Fighter ou même de Raging Bull sorti en... 1980.

Reste que Rocky III sera un des plus gros succès de l'année 1982, en rapportant 66,2 millions de dollars. Et la chanson du film aura tout autant de succès : je parle évidemment de Eye of the Tiger du groupe Survivor. Lequel groupe n'aura pas survécu à ce carton rock qui fait, depuis trente ans, le bonheur des animateurs de stades et autres enceintes sportives. REP A SA EUROPE !




The Escape Artist de Caleb Deschanel
 
Encore un film que je n'ai jamais vu. Sur un scénario de Melissa Mathison (à qui l'on doit aussi le script d'E.T.), cette coproduction Zoetrope/Orion met en scène Griffin O'Neal (le fils de Ryan) dans le rôle d'un jeune apprenti magicien qui vole un portefeuille à un type patibulaire incarné par Raul Julia. Teri Garr, une habituée des productions Coppola, est également à l'affiche. Le réalisateur Caleb Deschanel réalisera un deuxième long-métrage de cinéma à la fin des années 1980 puis quelques épisodes de Twin Peaks. Son palmarès en tant que directeur de la photographie est plus éloquent : L'Etoffe des héros, Le Meilleur, Le Patriote, la Passion du Christ, Killer Joe, Jack Reach et Le Roi Lion de Jon Favreau. A noter que Georges Delerue a composé la musique. La magie n'a pourtant pas fonctionné : le film a fait un flop au box-office. 



Cette ouverture de l'été 1982 est prometteuse. Elle consacre deux des méga-stars des années 1980 (Schwarzy et Stallone) dans des films typiques de l'époque Reagan, où les héros parviennent à surmonter les situations par leur seule volonté associée à deux poings qui cognent.


Anderton

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