mardi 22 septembre 2026

Heart of the beast : l'odyssée sauvage de Brad Pitt et Uber

Heart of the beast Brad Pitt CINEBLOGYWOOD

Après George Clooney, Edward Norton et Leonardo Di Caprio, Brad Pitt partage l'affiche avec un nouveau partenaire de jeu : Uber. C'est un berger allemand et je vous assure que cette association vous marquera autant que celles avec les acteurs susnommés. Heart of the beast sort ce mercredi au cinéma et c'est un film à ne pas manquer.


Heart of the beast, un survival d'un nouveau genre

James Belmont vient poser son petit hydravion dans un coin reculé de l'Alaska. A ses côtés, son chien Odin. Au programme : quelques jours au grand air, loin de tout et de tous. L'occasion de se reconnecter avec la nature sauvage et d'oublier. Car James et Odin sont deux vétérans de l'armée américaine revenus fracassés de leurs missions au Moyen-Orient. Fracassés dans leurs corps et dans leurs têtes. Mais le camping vire au cauchemar quand le mauvais temps provoque la chute de l'appareil au milieu de la forêt boréale. Blessés, privés d'une grande partie de leurs équipements et de leur nourriture, l'ex-soldat et son chien doivent rejoindre au plus vite la civilisation pour échapper à la mort.

Compagnons de déroute

J'ai beaucoup aimé le film de David Ayer (Fury, déjà avec Brad Pitt, déjà sur l'horreur de la guerre), qui m'a rappelé l'excellent Arctic (Joe Penna, 2019). S'il rejoint la longue liste des films américains qui évoquent le traumatisme des vétérans (Voyage au bout de l'enfer, Rambo, Né un 4 juillet, American Sniper...), Heart of the beast l'aborde à travers celui d'un chien et de son maître. On découvre les deux protagonistes dont on comprend rapidement à leurs cicatrices qu'ils sont des rescapés mais c'est bien Odin qui est revenu du champ de bataille avec les plus grandes blessures (et les prothèses pour les compenser). C'est le berger allemand qui fait des cauchemars pendant la nuit et permet d'aborder avec originalité le syndrome de stress post-traumatique (PTSD en anglais). Original et encore plus poignant.

Brad Pitt et Uber, un duo jamais cabot

La réussite du film tient d'abord à son duo d'acteurs. Brad Pitt (également coproducteur) est formidable en vétéran mutique, qui ne semble (sur)vivre que grâce à l'existence de son compagnon canin. Hormis quelques rires et une poignée de phrases, le comédien fait tout passer par ses regards, ses silences et son engagement physique. Il m'a fait penser à une autre grande prestation "physique" d'un autre immense acteur : Robert Redford dans All is lost (J.C. Chandor, 2013). Comme son mentor, Pitt est hypnotisant. On le voit penser et on se laisse emporter dans cette odyssée sauvage grâce aux émotions qu'il parvient à faire passer par sa présence et son comportement. On a même l'impression que Pitt s'efface au profit de son compagnon de jeu à quatre pattes : le chien n'est pas un prétexte, il est au coeur de l'histoire. Odin est Ulysse. Ensemble, ils ont réussi à créer une relation qui nous semble authentique et rend ce film bouleversant. Deux autres êtres humains sont au générique : J. K. Simmons, formidable en baroudeur qui est aussi sympathique qu'inquiétant, et Anna Lambe, qui réussit la lourde tâche de conclure le film avec émotion et espoir. 

David Ayer, maître de guerre

David Ayer s'y connaît en film d'action, aussi bien en tant que scénariste (Training Day, Fast and Furious) que réalisateur. Dans Heart of the beast, il met en scène les séquences d'action avec l'efficacité, l'énergie et la tension nécessaires pour tenir le spectateur en haleine. Et jamais il n'oublie ses protagonistes : comme je l'ai écrit, la relation entre James et Odin est retranscrite avec beaucoup de sincérité. Ceux qui ont possédé ou possèdent un chien s'y retrouveront ; les autres n'auront aucun mal à comprendre le lien unique, fort, qui rend cette histoire crédible.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Heart of the beast est un thriller poignant.

Anderton


Aucun commentaire: