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dimanche 31 mai 2015

L’épitaphe de Philippe de Broca


Artistes : Agrégé de philosophie et spécialiste de Philippe de Broca (découvrez notre dossier)Jean-Pierre Zarader nous a transmis ce texte consacré à l'émouvante épitaphe gravée sur la tombe du cinéaste. 

Un simple clic nous l’apprenait il y a encore quelques jours, juste avant l’ouverture de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque : "Philippe de Broca est un cinéaste français né le 15 mars 1933 dans le 12ᵉ arrondissement de Paris et mort le 26 novembre 2004 à Neuilly-sur-Seine, enterré en Bretagne, à Sauzon, à Belle-Île, avec pour épitaphe : 'J'ai bien ri''. Pourtant, si l’on se rend sur sa tombe, on peut lire : "J’ai assez ri...". Il faut d’abord reconnaître que cette double inscription, pour le moins incongrue, a quelque chose de debroquien et qu’on devrait s’en tenir là, de même que la chanson chantée par le gitan, dans L’Incorrigible, se suffit à elle-même : "C’est beau comme ça, y’a pas tellement intérêt à traduire", répond Victor à Marie-Charlotte qui veut savoir "Qu’est-ce que ça veut dire ?". Reste que la question surgit presque d’elle même et il est difficile de ne pas se demander quelle est la bonne épitaphe : "J’ai assez ri" ou "J’ai bien ri" ?

mardi 14 mai 2013

INTERVIEW - "Philippe de Broca est un cinéaste baroque"


Artistes : Agrégé de philosophie (1), spécialiste de Malraux (2) et auteur d’ouvrages sur la philosophie du cinéma (3), Jean-Pierre Zarader est également un inconditionnel de l’œuvre de Philippe de Broca. Il a notamment cosigné le livre de référence consacré au cinéaste (4). A l’occasion de la sortie en Blu-ray des splendides versions remastérisées de L’Homme de Rio et des Tribulations d’un Chinois en Chine (chez TF1 Vidéo), Cineblogywood, qui réunit quelques Brocaphiles enragés, a rencontré Jean-Pierre Zarader. L’occasion de comprendre pourquoi les films de ce réalisateur sous-estimé sont plus profonds qu’en apparence… 

jeudi 3 juillet 2008

L'Homme aux Cent Visages : formidable One Gassman show

En DVD : La comédie, "wo-o-o-oooo, je l'aime à l'italienne". Bon, dis comme ça, ça ne donne pas envie.
Mais je voudrais vous faire part d'un coup de coeur découvert il y a plusieurs années et qu'Opening a la bonne idée de sortir enfin en DVD dans la 2e vague de sa collection Les Grands Classiques du Cinéma Italien.
La comédie en question s'appelle L'Homme aux Cent Visages (Il Mattatore, 1960) et elle réunit Dino Risi derrière la caméra et Vittorio Gassman devant. Rien que ces deux noms devraient suffire à vous convaincre de ne pas passer à côté de cette petite perle.
L'histoire : un type au look d'employé de bureau (Vittorio Gassman) déjeune tranquillement chez lui avec sa femme quand un vendeur ambulant débarque et tente de l'arnaquer avec un truc à ne pas tromper un aveugle sourd et muet. L'employé de bureau explique qu'on ne la lui fait pas à lui, Gerardo, qui par le passé fut le plus grands des escrocs. Et de lui raconter sa vie...
Rire et délire
Un acteur qui interprète un acteur qui interprète plusieurs personnages. Vous voyez un peu la mise en abyme ? Pas d'inquiétude : avant tout, L'Homme aux Cent Visages vous fera rire. C'est un one-man show du grand Gassman qui, entouré par une foule de seconds rôles attachants, s'en donne à coeur joie dans les déguisements et la roublardise.
Je ne peux m'empêcher de penser que sa prestation délirante a inspiré Jean-Paul Belmondo dans une autre comédie géniale, L'Incorrigible du regretté Philippe de Broca. Et sans jouer les vieux cons, on ne peut que se demander qui sont les comédiens actuels capables de se lâcher autant et d'être aussi drôles en restant premier degré, sans intellectualiser. Je n'en vois qu'un en France : Jean Dujardin. Et Will Ferrell aux States.
A noter que deux ans après Il Mattatore, Dino Risi et Vittorio Gassman signeront un chef-d'oeuvre : Le Fanfaron (Il Sorpasso).
Anderton