Dossier

lundi 3 avril 2017

Pris de court : un bon thriller des familles


L'équipe de Cineblogywood s'agrandit, avec l'arrivée d'Annie Hall. Après avoir enfilé son gilet, elle a retroussé ses manches pour nous livrer son premier papier.

En salles : Pris de court est un film sur un premier mensonge, sur l’engrenage qui en découle, sur la fuite mais aussi sur l’amour indéfectible d’une mère pour ses deux fils. Un thriller familial réussi d’Emmanuelle Cuau, à la musique entêtante, qui nous donne à voir simplement mais avec efficacité le combat d’une femme toujours en mouvement.


Une situation banale

Nathalie est veuve (Virginie Efira, sobre), elle élève seule ses deux garçons : Paul 15 ans (Renan Prévot, juste) et Bastien 8 ans (Jean-Baptiste Blanc, lunaire). Elle s’installe à Paris pour un nouvel emploi dans la joaillerie. Le matin même de son embauche, on la prévient par téléphone qu’elle n’est finalement pas retenue. Elle est déjà en route alors elle ne rentre pas, préférant errer dans Paris. Le soir au dîner, elle ne dit rien. Premier mensonge. Sauf que personne n’est dupe. Ni Paul qui en déambulant après le lycée découvre que sa mère ne travaille pas là où elle le dit. Ni Bastien, qui comprenant tout sans avoir les mots pour le dire, a souvent mal au ventre.

L’argent de poche 

Paul devient par l’intermédiaire de Léo, un camarade de classe, le coursier de Fred gérant-dealer d’un bar (Gilbert Melki, un méchant à peine menaçant). Il parcourt pour lui Paris à rollers, livre la drogue, récupère l’argent. Il cambriole aussi les appartements des clients indélicats. Deuxième mensonge. S’installe alors une crise d’adolescence doublée d’une crise de confiance. Un rapport mère-fils mouvant et juste, où chacun cherche à montrer à l’autre qu’il maîtrise la situation. Lentement les éléments du drame sont posés comme des pierres précieuses s’assemblant harmonieusement dans une mise en scène maîtrisée où chaque personnage tient son rôle.


A la vie, à la mort

Et puis Nathalie retrouve un poste chez Muriel une patronne bienveillante (remarquable Maryline Canto). Celle-ci la trouve douée et lui confie le montage d’un collier en diamant d’une valeur de 120.000€. Alors quand Paul est soupçonné d’avoir volé 75.000€ lors d’une livraison, l’info n’est pas perdue pour tout le monde. Nathalie va imaginer une "manip" pour sauver son fils et se sauver elle aussi.

La fuite

Le film bascule alors dans le polar avec filature, angoisse, préparation du vol du collier, fabrication d’un faux, sans quitter pour autant quitter la cellule familiale. Le rythme jusque-là plutôt lent s’accélère. La tension monte. Emmanuelle Cuau filme alors avec précision et empathie Nathalie et ses deux fils et rien qu’eux. C’est une famille unie que l’on voit faire face au crime. Nathalie protège, Paul exécute et Bastien suit. Un film sur le courage, sans effets spéciaux, sans personnages parasites, simplement beau. L’intrique est certes parfois attendue, mais montrée avec une telle délicatesse que ça s’oublie. Allez-y !

Annie Hall


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