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mardi 2 mai 2023

Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 : une émouvante tournée d'adieu

Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 CINEBLOGYWOOD


[Sans spoiler] En salles : James Gunn conclut sa trilogie des Gardiens de la Galaxie avec un Volume 3 à la fois tonitruant et à l'ambiance douce-amère. L'action et l'humour sont évidemment au rendez-vous, l'émotion aussi.


Les Gardiens de la Galaxie se sont enfin casés. Finies les aventures cosmiques, les voici tenanciers d'une cantina. Pour autant, ils n'ont pas tous trouvé la paix : Star-Lord tente d'oublier Gamora dans l'alcool tandis que Rocket est rongé par le traumatisme de sa jeunesse... et de sa genèse. Mais le quotidien plombé des héros vole bientôt en éclat, avec l'apparition brutale d'une nouvelle menace.

On retrouve dans ce troisième volume ce qui fait l'attrait (et le succès) de la saga. A savoir des séquences d'action spectaculaires, que James Gunn met en scène avec inventivité et dynamisme. Bien entendu, sur une bande son pop, rock et soul qui contribue à rendre supra cool des scènes déjà épiques. Car autant que des super-héros, les Gardiens sont des rock stars. Ce sont eux qui choisissent les morceaux qui accompagneront leurs voyages dans le cosmos ou leurs combats à huit contre cent ou mille. Et comme dans un groupe de rock always on the road, les ego démesurés s'affrontent, mettant parfois en péril le collectif. Mais unis, ils sont imbattables.

Gunn gardien du temple

L'humour est également au rendez-vous. Gunn, qui a signé le scénario, n'hésite pas à pousser le bouchon dans la vanne qui pique, qui pue et parfois qui tâche. Mais il le fait avec beaucoup de subtilité. Tout comme il aborde chacun de ses personnages avec une infinie tendresse. Jamais les individualités ne sont noyées dans le collectif. Rocket, dont on découvre les origines, est certes beaucoup mis en avant mais les relations entre Quill et Gamora évoluent sous un autre jour, idem pour celles entre Mantis et Drax. Aucun personnage n'est résumé à sa caricature. Gunn leur donne une épaisseur psychologique qui contribue à les rendre attachants et émouvants. L'interprétation des comédiens y est aussi pour beaucoup. Aux côtés de Chris Pratt, Zoe Saldana, David Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Karen Gillan, Pom Klementieff et Sean Gunn, on retrouve par ailleurs Sylvester Stallone et on accueille Chukwudi Iwuji ainsi que Will Poulter.

Ce dernier opus est donc à la fois tout aussi tonitruant que les deux précédents mais également plus sombre. C'est évidemment lié à l'histoire et aux traumatismes des personnages, qui sont tous marqués par des pertes dont ils ne parviennent pas à se remettre. Gunn aborde des thématiques sombres telles que la souffrance animale et la perversion du progrès technologique. Le space opera du début a perdu de son innocence. On sent bien également que le cinéaste abandonne à regret des héros, et au-delà une troupe de comédiens et de techniciens avec lequel il a pris plaisir à travailler pendant dix ans. Désormais en charge du DCU chez la Distinguée Concurrence, il quitte Marvel Studios (qui l'avaient viré) en ayant signé la saga la plus réussie du MCU. Les deux premiers volumes, que j'ai revus avant le troisième, ont bien résisté au temps qui passe - ce qui n'est pas le cas de toutes les productions de la Maison des Idées. L'impertinence de Gunn, sa créativité, son respect des personnages, son art du récit vont manquer. D'où une conclusion évidemment émouvante mais aussi mélancolique, douce-amère. Pour autant, ce Volume 3 satisfera les fans des Gardiens et réconciliera les déçus des dernières sorties Marvel. GOTG Forever !

Anderton


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