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mardi 19 juillet 2016
lundi 29 novembre 2010
Coco Chanel et Igor Stravinsky : deux virtuoses, une passion
En DVD et Blu-ray : 2009 était l'année Coco, eh oui. Non, pas le Coco de Gad Elmaleh qui addooorrre les sushis, LA Coco, alias Mademoiselle Gabrielle Chanel dans la vraie vie. 2009 était donc son année, ça a même commencé fin 2008 avec un biopic télévisuel en deux parties. Pour une fois que la télé dégainait avant le cinéma, c'était du joli. Et ensuite, 2009 donc, avec non pas un, mais deux films consacrés à la plus célèbre créatrice de mode française. Quelques mois seulement après la sortie de Coco avant Chanel d'Anne Fontaine, Jan Kounen, le réalisateur au style un brin acerbe et contestataire s'est lui aussi attaqué au mythe Chanel en évoquant un épisode relativement méconnu de sa vie. Ainsi naquit Coco Chanel et Igor Stravinsky, que Wild Side sort en vidéo.
L'affiche du film, qui met en scène Anna Mouglalis et Mads Mikkelsen dans les rôles titres, enfonce le clou : Coco Chanel était une fumeuse invétérée (rapport à la clope entre les doigts d'Anna Mouglalis ; la même qu'Audrey Tatou exhibait nonchalamment pour Coco avant Chanel et qui avait suscité une belle polémique). Mais pour son biopic à lui, Jan Kounen a décidé de frapper droit au cœur en évoquant l'histoire d'amour passionnée que vécurent Coco Chanel et Igor Stravinsky.
lundi 2 juin 2008
Jan Kounen, cinéaste hallucinant
Artistes : Depuis Blueberry L'Expérience Interdite, on sait que Jan Kounen est passionné par le chamanisme. Il aborde justement cette question dans un ouvrage collectif passionnant : Plantes et Chamanisme (Mama Editions).L'ouvrage est construit autour d'une conversation à bâtons rompus entre le cinéaste, l'écrivain Vincent Ravalec et l'anthropologue Jeremy Narby. Chacun revient sur son expérience perso du chamanisme et des plantes hallucinogènes (ayahuasca en Amazonie, iboga en Afrique) qui accompagnent ces séances.
Comme au cinéma
Kounen compare une session de chamanisme (c'est-à-dire de médecine traditionnelle indigène) à un film : tu passes à travers une multitude de sentiments, très forts, mais à la fin, tu dois en ressortir mieux. Selon lui, c'est justement parce que Gaspar Noé a passé dix jours de sessions hallucinogènes au Pérou qu'il a raconté Irréversible à l'envers : "(...) cette histoire finit par l'amour, et donc laisse quand même le sentiment de l'amour à la fin".
Sur Blueberry, Kounen explique être revenu d'un séjour chez les Shipibo, au Pérou, et avoir dit "texto" aux producteurs du film : " 'Ariel [Zeitoun], Thomas [Langman], ça va être très bien ! Dans mes bras ! Oublions l'idée de faire un film ; il faut que vous veniez avec moi en Amazonie. On fera un film dans quelques années peut-être. Il y a des choses plus importantes que de faire du cinéma !' Ce qui a empêché mes producteurs de dormir pendant plusieurs semaines. Mais on a fini par faire un film, parce que j'ai changé d'avis quelques semaines après (...)" On comprend pourquoi le cinéaste a alors été catalogué comme illuminé, voire irresponsable.
Comme Richard Dreyfuss
Cette expérience du chamanisme l'a tellement chamboulé et l'a tellement fasciné qu'il en était devenu extatique. Au risque de passer pour un cinglé. "J'étais comme Richard Dreyfuss dans Rencontre du troisième type", explique-t-il dans le livre. Ses extra-terrestres, c'était les chamanes d'Amazonie. Lui "qui était obsessionnel sur le cinéma, qui vivait, mangeait et chiait du cinéma" (se torchait-il avec Les Cahiers du Cinéma comme Romain Duris dans Dobermann ?), il a pris conscience, grâce à l'ayahuasca, "qu'il y avait autre chose (...) comme rencontrer des gens, voyager..." Mais, reconnaît Kounen, "ça fait très peur chez nous, quelqu'un qui change radicalement parce qu'il a pris on ne sait trop quelle drogue avec un sorcier au fond de la jungle".
On a failli le perdre, Kounen. Et cela aurait été dommage car qu'on aime (comme moi) ou non ses films, c'est bien d'avoir un cinéaste aussi inventif en France. Heureusement, le succès de 99 Francs l'a remis sur les rails. Bref, je vous recommande chaudement la lecture de Plantes et chamanisme : au départ, je n'étais pas particulièrement intéressé par le sujet mais Kounen et ses deux compères m'ont fait découvrir un monde fascinant. Jan Kounen en parle d'ailleurs très bien dans un entretien filmé par LCI.fr. Enjoy !
Anderton
jeudi 11 octobre 2007
Après Kounen, Fabien Lafait
En salles. Et si Octave était obsédé sexuel ? Et si Madone vendait des soutifs plutôt que du yaourt ? Et si Kounen était un Max Pécas désinhibé ?Nous n'en avions pas rêvé, JTC l'a fait. 95 bonnet F n'est qu'une copie fantasmée de 99F mais son effet sera sans doute plus perceptible dans le pantalon qu'entre les oreilles.
En tout cas, Fabien Lafait, réalisateur de cette petite gâterie, ne s'est pas encombré du moindre scrupule pour reprendre l'histoire et l'affiche du film de Kounen.
Gageons cependant que le prétexte d'instrumentalisation (mot à la mode) des fantasmes de la ménagère de moins de 50 ans sera moins présent... Au profit d'une manipulation sans vergogne de cette même ménagère.
Cette "comédie pornographique" sort en novembre : reste à savoir comment les producteurs de 99F vont expliquer comment ils se sont mordus la queue.
PS: Question à qui connaît la réponse. N'y a t-il pas de cadre juridique à la récupération des titres issus du cinéma "classique" par l'industrie porno ? On vous en avait donné quelques échantillons ici.
Sentenza (Yataaaa !)
PS: Question à qui connaît la réponse. N'y a t-il pas de cadre juridique à la récupération des titres issus du cinéma "classique" par l'industrie porno ? On vous en avait donné quelques échantillons ici.
Sentenza (Yataaaa !)
mardi 2 octobre 2007
99F : Kounen crache dans sa soupe
En salles. : Je n’aime pas les livres de Beigbeder. Je n’aime pas les films de Jan Kounen. Pourtant, sensible à la pression marketing autour de sa sortie salle, je suis allé voir 99 F, dont voici la bande-annonce. Je n'aurais pas dû...Entre le mysticisme branché du réal et le snobisme affiché du scribouillard (il faudrait sans doute ajouter la vénalité du producteur), le film s'embourbe dans la dénonciation d'une publicité conquérante et sans créativité. Oscillant constamment entre le réquisitoire dépassé pour lecteurs de teknikart et la comédie lourdingue pour abonnés Télé 7 jours, 99 francs tente de dénoncer la publicité en travestissant ouvertement ses codes.
La transgression manque de finesse, comme la mise en scène d'originalité. Les séquences pop indigestes, tournées à la façon de clips abrutissants, succèdent à des scènes durant lesquelles il ne se passe rien, excepté une longue énumération de poncifs sensés décribiliser ceux qui les disent.
Publicité ou cinéma ?
Les intentions restent louables mais elles sont imposées avec un tel opportunisme qu'elles en deviennent suspectes. Le ton est péremptoire alors que le talent est inexistant : Jan Kounen devrait se contenter de faire de vrais pubs, ou de vrais clips, plutôt que des faux films. Octave, le personnage joué par Jean Dujardin, dit que lorsqu’il va au cinéma les pubs sont bien souvent meilleures que le film. Je ne pensais pas pouvoir être un jour de son avis...
Mon conseil: A voir pour le culot du réal qui ose terminer son film sur un message moralisateur alors qu'il n'est apparu (et ne survit ?) que grâce à la pub.
Sentenza (Malavida)
Publicité ou cinéma ?
Les intentions restent louables mais elles sont imposées avec un tel opportunisme qu'elles en deviennent suspectes. Le ton est péremptoire alors que le talent est inexistant : Jan Kounen devrait se contenter de faire de vrais pubs, ou de vrais clips, plutôt que des faux films. Octave, le personnage joué par Jean Dujardin, dit que lorsqu’il va au cinéma les pubs sont bien souvent meilleures que le film. Je ne pensais pas pouvoir être un jour de son avis...
Mon conseil: A voir pour le culot du réal qui ose terminer son film sur un message moralisateur alors qu'il n'est apparu (et ne survit ?) que grâce à la pub.
Sentenza (Malavida)
samedi 8 septembre 2007
Michel Houellebecq version 2.0
En prod - Sur le web : Comme les cinéastes anglo-saxons (Bryan Singer, Peter Jackson, Zack Snyder parmi beaucoup d'autres), les réalisateurs français se mettent au web 2.0 et tiennent des journaux de bord numériques (des blogs, quoi) pendant leur tournage.On vous a parlé des blogs de Jean-Jacques Annaud pour Sa Majesté Minor (un très bon blog sur lequel on reviendra bientôt) et de Jérôme Salle (Anthony Zimmer) pour Largo Winch. C'est au tour de Michel Houellebecq de relater la prod de La Possibilité d'une île sur le net. L'écrivain sulfureux est effet devenu metteur en scène pour adapter son roman polémique.
Cul et clownDans une "note d'intention" publiée jeudi, Houellebecq explique sa décision de passer derrière la caméra : "L’aspect visuel était, dès le début [du livre], très présent." Et de résumer l'intrigue de son bouquin. S'il filme comme il écrit, cela reste de faire des vagues. Le bonhomme est connu pour ses avis tranchés et politiquement incorrects ainsi que pour ses scènes de cul dignes d'un film X glauque. Il suffit de parler cul pour en voir la raie : la photo qui illustre son blog ne laisse aucun doute sur la présence de femmes dévêtues. On ne sait pas encore si Benoît Magimel, l'interprête principal, fera également tomber la chemise, voire plus. Reste à savoir si Houellebecq saura développer un style cinématographique.
Frédéric Beigbeder, lui, a préféré confier l'adaptation de 99 Francs à un cinéaste et un vrai : Jan Kounen. Avec Jean Dujardin dans le rôle du clown de la littérature. On sait donc déjà que ce sera mieux filmé que ça n'a été écrit. Confirmation avec cette bonne bande-annonce.
Anderton
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