Artistes : A 81 ans, le cinéaste britannique John Boorman jouit d'une aura XXXL, bien que ses films soient de moins en moins visibles – en France, en tout cas : alors que Queen and Country sort le 7 janvier 2015, près de neuf mois après sa présentation au Festival de Cannes, ses deux précédents films, In my country (2003) et The Tiger's tail (2006) sont restés inédits en salles. Injuste sort pour celui qui a façonné nos mythologies de cinéphile, du Point de non-retour à The General, en passant par Delivrance et Excalibur. Il revient pour la seconde fois au Forum des images vendredi 28 novembre pour une masterclass dont on espère qu'elle aura le retentissement qu'elle mérite.
John Boorman, ce sont donc 17 films, difficiles à classer, tant son amour de l'éclectisme a prévalu dans les choix de ses sujets. A l'instar d'un Stanley Kubrick, auquel on l'a parfois un peu trop comparé, il reprend les genres pour en redéfinir les codes de manière très personnelle : films de gangsters, de guerre, d'horreur, de SF, d'heroic fantasy ou d'espionnage. Et même de chronique autobiographique. Tout Britannique qu'il soit, rien ne le rapproche du style naturaliste d'un Ken Loach ou du style dramaturgique d'un Mike Leigh. Non : son goût pour les grands espaces, l'onirisme, les quêtes héroïques, l'imaginaire, son humanisme teinté de pessimisme, sa passion pour DW. Griffith le rapprochent bien plutôt d'un David Lean ou d'un Michael Powell.
Alors, partons à la découverte de sa filmographie en évoquant 13 de ses 17 films, avec pour ligne directrice les propos de Michel Ciment que ce dernier a tenus dans la monographie qu'il a consacrée au cinéaste : "Tout film de Boorman est la confrontation de deux espaces, de deux territoires, l'histoire d'une conquête et d'une agression".