dimanche 16 avril 2023

Comics - Little Monsters : le réveil des enfants sauvages

Little Monsters BD comics CINEBLOGYWOOD


A lire : Jeff Lemire nous déçoit rarement. Le scénariste sait l'art de raconter des histoires dans des genres dont on pense avoir fait le tour et il parvient encore à nous surprendre. Il en apporte une nouvelle fois la preuve avec le premier tome de Little Monsters, un comic-book créé avec Dustin Nguyen et publié par Urban Comics. L'histoire d'enfants qui tentent de survivre dans un monde post-apocalyptique... et découvrent qu'ils aiment le sang.


Ils s'appellent Yui, Lucas, Romie, Billie, Bats, Vickie et les jumeaux Ronnie et Raymond. Ils jouent, se chamaillent, dessinent sur les murs d'une mégalopole vidée de ses habitants. Leurs repas : les rats qu'ils parviennent à capturer. Dans cette prison de béton à ciel ouvert, les gamins attendent. Car on leur a dit d'attendre, on leur a dit qu'on reviendrait les chercher, on leur a dit qu'ils ne devaient surtout pas quitter la ville. Alors ils attendent, depuis quoi ? Une centaine d'années ? Mais personne ne revient. Et ils s'ennuient. Leurs journées sont interminables. Ou plutôt leurs nuits. Car dès que le jour pointe, la petite bande s'enfonce dans les souterrains et espaces clos. Jusqu'à ce qu'un étranger débarque. L'instinct de Billie se réveille. Il ne mangera plus de rats.

Avec Sweet Tooth, Jeff Lemire nous avait déjà plongé dans un monde post-apocalyptique, où l'on suivait l'odyssée de Gus, un garçon doté de cornes, plus exactement de bois de cerf. Dans Little Monsters, il réussit à nouveau à nous tenir en haleine en imaginant un monde étrange et menaçant (quelle catastrophe a pu provoquer la fin de notre civilisation ?). A la fois innocents et sauvages, ses gamins sont rapidement présentés et leur personnalité suffisamment marquée pour que se tissent des interactions faites de coopération et de conflits larvés. L'équilibre de la communauté est précaire. Elle volera bientôt en éclats. Car ces enfants sont des monstres en puissance : ils n'ont pas encore pleinement découvert leur différence. Une fois que leur nature reprend ses droits, les voici incapables de lutter contre leurs penchants.

C'est évidemment touchant de les voir se transformer, prendre peur ou de l'assurance, et abandonner leur innocence. Le lecteur est déchiré entre l'effroi qu'ils inspirent et leur apparence enfantine; avec tous les comportements qu'implique leur âge. Dustin Nguyen les représente avec des visages très expressifs. Une atmosphère inquiétante se dégage de son dessin, où le noir domine, s'étalant sur les pages. L'album en noir et blanc est réhaussé de gris, avec quelques éclats de couleurs. Le rouge du sang surtout.

Ce premier tome (découvrez les premières pages) se termine sur un cliffhanger. Hâte de lire la suite !

Anderton

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