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vendredi 19 juillet 2013

Brion (3/3) : "Le réalisateur le plus malin, c'est..."


A lire : Troisième et dernière partie de notre interview de Patrick Brion, à l'occasion de la publication chez Vuibert de son passionnant livre Les Secrets d'Hollywood. Monsieur Cinéma de Minuit évoque les grands cinéastes du Nouvel Hollywood et d'aujourd'hui. Sans concession !

Que pensez-vous du Nouvel Hollywood, qui a donné le pouvoir à une nouvelle génération de cinéastes ?

La génération arrivée dans les années 1970 – les Kubrick, Schaffner, Frankenheimer et autres – a frappé les gens de ma génération par la qualité des films réalisés : La Planète des Singes, Sept Jours en mai… Enfin, il y a eu des cinéastes formidables et d’autres pas bons du tout ou qui ont eu une carrière décevante car ils étaient livrés à eux-mêmes avec des producteurs indépendants qui n’étaient pas bons. Ces cinéastes auraient été meilleurs à la grande époque des studios ! Kubrick est un bon cinéaste car il s’est expatrié en Angleterre mais enfin de compte, sa carrière est petite comparée aux 150 films réalisés par Ford ! Que le meilleur l’emporte [The Best man, 1964 – NDLR] est un très bon film de Schaffner mais il n’en a pas fait dix comme ça. Un Nouvel Hollywood, il y en a tous les douze ans.

jeudi 18 juillet 2013

Brion (2/3) : "A Hollywood, il y avait une alchimie qui me dépasse"


A lire : A l'occasion de la sortie de son excellent livre Les Secrets d'Hollywood (La Librairie Vuibert), Patrick Brion, qui anime le Cinéma de Minuit le dimanche sur France 3, a accordé un long entretien téléphonique à Cineblogywood. Découvrez la deuxième partie de cette interview sans langue de bois.

Vous évoquez dans votre ouvrage les tournages d’Autant en emporte le vent ou du Magicien d’Oz, qui ont été réalisés par plusieurs metteurs en scène. Est-ce à dire qu’à l’âge d’or d’Hollywood, contrairement à la théorie de l’auteur chère aux Cahiers du cinéma, il y avait des films de producteurs et des films de cinéastes ?

J’ai rencontré Howard Hawks il y a fort longtemps. Je travaillais sur sa filmographie et je lui ai demandé s’il y avait des films auxquels il avait collaborés sans les signer ou l’inverse. Et il m’a répondu : "C’est une question idiote !" Pour lui, cela dénotait d’une méconnaissance complète de la manière dont on tournait les films à Hollywood. Les artistes à cette époque étaient sous contrat ; ils étaient payés - royalement d’ailleurs - à la semaine. Cela veut dire qu’ils venaient travailler tous les jours aux studios. Ils se voyaient quotidiennement, déjeunaient ensemble… 



mercredi 17 juillet 2013

Brion (1/3) : "Ah, les cuisses de Lana Turner !"


A lire : Patrick Brion, pour moi, c'est d'abord une voix au ton un chouia monocorde et au rythme si particulier. Celle qui introduit un classique, culte ou méconnu, toujours en VOST, au Cinéma de Minuit, programmé le dimanche tard, sur France 3. Qu'ai-je pu en découvrir des perles du 7e art, grâce à cette voix !

Mais Brion, c'est aussi une plume : fin connaisseur du cinéma américain (notamment), l'homme a signé quelques splendides livres consacrés à Tex Avery, John Ford, Clint Eastwood ou Billy Wilder. Il a également publié chez Vuibert un ouvrage passionnant intitulé Les Secrets d'Hollywood. Il y lève le voile sur des tournages épiques, dresse le portrait d'artistes et révèle le fonctionnement des studios de la grande époque. Un livre indispensable pour ne pas bronzer idiot !

Cineblogywood n'a pas manqué l'occasion d'interviewer (par téléphone) ce grand historien du cinéma. L'entretien fut riche. Tellement riche que nous vous le proposons en trois parties. Enjoy !

Selon vous, quel est le secret du succès d’Hollywood, l’usine à rêves ?

Cette espèce d’alchimie très curieuse qui a permis aux producteurs américains de faire des films qui touchaient le monde entier, alors que les producteurs français ne faisaient des films que pour le public français. Et cela s’explique par le fait que ces producteurs américains venant de partout – ils étaient d’origine russe, allemande, polonaise, belge, française… - pouvaient parler à tout le monde. Ils étaient issus de milieux pauvres, étaient peu cultivés – ce n’est pas un reproche -, et étaient arrivés aux Etats-Unis pour échapper aux pogroms tsaristes puis nazis. A New York, ils ne se sont pas intéressés au monde du théâtre, sur lequel les Anglo-saxons avaient la main, mais se sont jetés sur le cinéma qui commençait tout juste. Ils ont eu l’aisance de coller à un marché qui n’existait pas avant.