Dossier

14 décembre 2008

Werner Herzog : itinéraire d'un globe-trotter du cinéma

Artistes : A Cineblogywood, on aime tous les cinémas : un peu Rohmer, beaucoup Erice, à la folie Jacques Demy et Antonioni. Sans oublier Werner Herzog. Qui ça ? Eh oui, comme beaucoup, on l'a tous carrément oublié. Aguirre la colère de Dieu, Fitzcarraldo, Nosferatu : ces fleurons du cinéma allemand des années 70, tournés en Amazonie, dans des conditions épiques, avec pour interprète principal l'enfant d'Antonin Artaud et de Serge Gainsbourg, Klaus Kinski, c'est lui.
Pourquoi Herzog ? Tout d'abord, pour le plaisir. Il est toujours temps de redécouvrir son oeuvre, tranquille dans son salon, grâce aux éditions DVD des 3 films précités : films mégalos sur des destins de mégalos qui luttent contre la nature et leur propre nature.
Fitzcarraldo : Apocalypse Now en Amazonie
Mieux : à partir d'aujourd'hui, vous pouvez redécouvrir l'intégrale de son oeuvre, au centre Pompidou, à Paris. Car depuis une vingtaine d'années, ses films étaient devenus invisibles. Après la désastre financier de Fitzcarraldo, - un tournage digne d'Apocalypse Now - il s'est fait oublier. De la meilleure manière qui soit pour un cinéaste : en multipliant les projets, dans tous leurs états : fictions, docus, montages, mises en scène d'opéra, etc. Et aux 4 coins du monde : Amérique latine, Afrique, Antarctique, Laos, Australie, Etats-Unis, Ecosse, etc.

Inclassable, protéiforme, son oeuvre alterne le pire – Le Cri de la Roche – et le meilleur – Grizzly Man ou Rescue Dawn, avec Christian Bale. Petit inconvénient : pour des raisons de droit – et de mode – la plupart de ses films sont restés inédits, ou sortis à la sauvette. C'est donc une occasion unique de redécouvrir l'oeuvre d'un cinéaste globe-trotter atypique, un poil mégalo et mythomane, mais qui fait preuve d'une foi absolue dans le cinéma, à vous faire déplacer un navire par dessus les collines boisées d'Amazonie.
Eva Mendes, son psychiatre et son chien
Plus alléchant encore : son prochain film, un remake de Bad Lieutenant, d'Abel Ferrara, avec un Harvey Keitel monstrueux. Et ça, on attend avec impatience ! Dans le rôle-titre, Nicolas Cage – a priori, sans moumoute ! - et Eva Mendes - on se calme ! Pour patienter, extrait de l'interview que le cinéaste a accordé à deux journalistes des Cahiers, dans le dernier numéro du mensuel : "Je n'ai jamais vu le Bad Lieutenant qu'a tourné, comment s'appelle-t-il, Ferraro, Ferrari...Ferrara ! J'ignore qui est Abel Ferrara. (...). Je n'ai pas vu son film, mon problème n'est pas de savoir si le mien est une suite ou pas. C'est un film absolument nouveau et autonome".

A propos d'Eva Mendes : "Eva Mendes, son agent et son homme d'affaires ont exigé qu'elle bénéficie d'un entourage conisidérable. (...). Là encore, j'ai été très clair : Moi qui n'ai pas de chaise (de metteur en scène, ndlr), je ne veux pas voir le psychiatre de ton chien sur le plateau. Elle a compris, elle a rigolé, et elle est venue avec 2 personnes seulement". Ambiance !
Donc, en résumé :
1 – précipitez-vous sur l'intégrale Herzog à Beaubourg, jusqu'au 2 mars 2009 (55 oeuvres à redécouvrir en salles – c'est mieux qu'en salon !)
2 – procurez-vous les derniers numéros des Cahiers du Cinéma et de Positif qui consacrent tous deux de très riches dossiers au cinéaste (analyses, interviews...)
3 – les trailers de Rescue Dawn et Aguirre sont à voir ci-dessous et dans notre playlist Wat. Enjoy !
Travis Bickle










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