mardi 26 septembre 2017

D'Astérix au Viager, le 7e art de René Goscinny

A lire : Alors que la Cinémathèque consacrera une exposition à René Goscinny à partir du 4 octobre, les éditions Dunod publient Goscinny Scope. Un ouvrage pour tout savoir des projets du génial scénariste sur petit et grand écrans.


Astérix, Lucky Luke, Iznogood, Le Petit Nicolas, Pilote (Mâtin ! Quel journal !)... René Goscinny a durablement marqué de son empreinte la bande dessinée franco-belge et, au-delà, l'humour hexagonal. Adepte du trait d'esprit tout en finesse et du calembour qui claque, le scénariste peut aussi se targuer d'avoir eu une belle carrière à la télévision et au cinéma. Fan absolu de Laurel & Hardy ou des Marx Brothers, René caressait le rêve - tout comme Uderzo et bon nombre d'auteurs de BD publiés chez Dupuis et Dargaud, d'ailleurs - de travailler chez Walt Disney. La chance ne lui a pas "souris", n'en faisons pas un fromage. Revenu en Europe, après un passage aux States, Goscinny est devenu le conteur drôle de drôles de personnages.
 
Les premières expériences de Goscinny au cinéma ne sont pas des plus réussies. Embauché comme gagman, il travaille dans l'ombre et ne se fait pas toujours payer. Le salut viendra de la télévision : en Belgique et en France, il écrit les scénarios de différentes fictions policières. Le Petit Nicolas fait l'objet de premières adaptations télévisées au milieu des années soixante mais c'est le succès phénoménal d'Astérix qui éveille l'intérêt des producteurs. Parfois dans le dos de ses auteurs : le premier dessin animé Astérix le Gaulois est lancé sans l'accord de Goscinny et d'Uderzo. Catastrophé par la pauvreté de l'animation, le duo se démène alors pour limiter les dégâts. Plus tard, afin de garder le contrôle artistique de leur oeuvre, les deux compères lanceront les studios d'animation Idéfix. Comme un pied de nez à Disney. L'aventure sera exaltante mais se soldera par un gouffre financier.
 
A la télévision comme au cinéma, Goscinny s'appuie souvent sur le talent de Pierre Tchernia. Ensemble, ils signent notamment Le Viager, formidable comédie portée par un Michel Serrault au sommet et une sacrée brochettes de comédiens : Michel Galabru, Jean-Pierre Darras, Claude Brasseur, Gérard Depardieu...
 
L'humour en héritage
 
Dans son livre, Philippe Lombard détaille tous les projets auxquels Goscinny a pris part, y compris les plus obscurs, les oubliés. Il nous révèle que, dans les années soixante-dix, le scénariste commençait à se lasser de la bande dessinée et du rythme infernal de parution auquel il était soumis. L'envie d'abandonner le papier pour la pellicule faisait son chemin. Un arrêt du coeur en 1977, à l'âge de 51 ans, en décida autrement. Cruelle disparition. Pour autant, l'oeuvre du Roi René, loin de tomber dans l'oubli, fit l'objet de multiples adaptations, animées ou en prises de vues réelles. Un héritage également passé en revue. En prime, Philippe Lombard dresse la liste des acteurs "goscinniens", de Roger Carel à Alain Chabat. Une belle troupe.
 
Bourré d'anecdotes et de témoignages compilés ici et là, Goscinny Scope est un livre vivant qui rend bien compte de "l'autre" carrière de René Goscinny. Un scénariste qui avait plus d'une corde à son art.
 
Anderton

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