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jeudi 7 septembre 2017

John McTiernan, dynamiteur de blockbusters

 

Buzz : Alors que le Festival de Deauville 2017 bat son plein, retour sur un excellent livre publié cet été par les éditions L'Harmattan : Le cinéma de John McTiernan.


En une centaine de pages, Claude Monnier, qui avait déjà rédigé une monographie sur le cinéaste américain, parvient à donner une analyse claire et complète du "style McTiernan" : aussi bien sa conception de la mise en scène que les thématiques fortes de son oeuvre. Réalisateur de films hollywoodiens conçus pour divertir le grand public, McT n'en est pas moins un auteur. Avançant "masqué, invisible comme ses personnages", explique l'auteur, il a su "élever le regard" de son public, principalement adolescent. Il a dynamité de l'intérieur le blockbuster hollywoodien.
 
Quête de l'élan vital
 
"La grande joie de McTiernan, la source du plaisir que dégagent ses films, est sa vision anthropologique de l'existence". Une vision acquise sur les bancs de la fac, lors de ses études en anthropologie. Le cinéaste cherche à "déceler dans la société moderne les signes du monde primitif". D'où son insistance sur "nos sens primordiaux", la vue et l'ouïe, et sa quête de "l'élan vital". Les racines américano-irlandaises du cinéaste ont par ailleurs marqué son approche de la société ("les petits contre les grands").
 
Avant d'apprendre les techniques du 7e art, McTiernan a également étudié celles du théâtre. L'influence de Brecht, Shakespeare et Artaud se fait ainsi sentir de films en films. "Avec McTiernan à son meilleur, le théâtre, l"opéra et la danse moderne se fondent totalement dans le cinéma." Et Monnier de détailler la manière dont se meuvent les personnages et dont la caméra les accompagne comme dans un ballet. Des personnages que la mise en scène place parfois comme au centre d'une scène de théâtre.
 
Caméra sur le qui-vive
 
Il y a chez McT "une vision du monde qui engendre le style, façonne la forme". L'auteur évoque une caméra "sur le qui-vive", qui vise à projeter le spectateur au coeur de l'action, à lui faire "s'approprier le territoire" où celle-ci se déroule. Monnier multiplie les exemples pour étayer ses propos, s'appuyant aussi sur les déclarations de McTiernan et certaines analyses qui lui ont été consacrées.
 
Pointu sans être pédant, l'ouvrage reste accessible au plus grand nombre. Il comble les fans du cinéaste et devrait achever de convaincre ceux qui doutent encore de la profondeur de sa démarche.
 
Anderton
 
 
 
 
 
 

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