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vendredi 15 septembre 2017

Michel Hazanavicius, un portrait intime et joyeux

A la TV : A l'occasion de la sortie au cinéma du Redoutable, le formidable film de Michel Hazanavicius, Canal+ Cinéma diffuse ce dimanche un doc consacré au cinéaste : Michel Hazanavicius - Histoires de cinéma(s).



Réalisé par Jean-Pierre Lavoignat et Christophe d’Yvoire, le tandem à qui l'on doit (entre autres) des entretiens passionnants avec des cinéastes des années 80, le doc nous emmène en balade, à vélo ou à pieds, au côté du réalisateur d'OSS 117. Pour autant, ce n'est pas un flim sur le cyclimse mais un portrait intimiste d'un bonhomme attachant, drôle, intelligent qui sait très bien parler de ses films et de ceux des autres.
 
La caméra du tandem suit Hazanavicius sur les grands boulevards ou dans son ancien bahut. Autant d'occasions de raconter sa jeunesse et sa découverte du cinéma, avec son grand-père ou sa bande de potes. Tout y passe : Nicholas Ray, Bruce Lee, Sergio Leone et Pierre Richard. Le jeune kiffe tout, sans faire de distinction entre grands classiques et films populaires. Une cinéphilie généreuse.
 
Via son ami Dominique Farrugia, Michel Hazanavicius intègre Canal+. En écrivant pour Les Nuls, il apprend l'importance d'être carré pour faire marrer les gens. Vannes et gags sont travaillées avec sérieux. Puis voici qu'on lui propose La Classe américaine. A sa dispo, le catalogue de la Warner dans lequel il puisera "semi-légalement" pour en extraire des séquences sur lesquelles les véritables voix françaises de John Wayne, Kirk Douglas and co raconteront des vannes pas toujours classe. Culte.
 
Détaché et gourmand
 
Hazanavicius lâche le petit écran pour le grand. Sa grande culture cinématographique et sa vis comica lui permettent de signer les géniales aventures de Hubert Bonnisseur de la Bath. La gloire lui tombe dessus avec The Artist, The Search signe sa descente aux enfers. Hazanavicius raconte sans fard et avec beaucoup d'esprit ces montagnes russes émotionnelles. Il n'a pas besoin d'en dire beaucoup pour faire comprendre qu'il a trouvé certaines critiques injustes. L'homme blessé ne fendra pas l'armure.
 
C'est un bonheur de l'écouter expliquer sa méthode de travail, une chance de le voir présenter Le Redoutable lors d'une projo-test puis au Festival de Cannes. Hazanavicius semble détaché du cirque médiatico-cinématographique et garde les pieds sur terre. Pour autant, il ne boude pas son plaisir, racontant avec gourmandise comment il s'est retrouvé invité à vie au déjeuner hebdomadaire qui réunit des gloires d'Hollywood (Mel Brooks, Richard Donner, le producteur Alan Ladd Jr...).
 
On le trouve sympa, Michel. Authentique. Je ne pense pas qu'il se donne un genre. Il est l'un des nôtres : un cinéphile, un vrai. Et il a réalisé notre rêve : faire des films. Des films à son image, vivants et sincères. Ce beau portrait mérite presque qu'on s'abonne à Canal.
 
Anderton (merci à Travis Bickle)
 

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