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jeudi 22 juin 2023

Daniel, en route pour l’éternité !

Daniel Sidney Lumet Timothy Hutton CINEBLOGYWOOD


Inédit en salles depuis sa sortie en 1984, Daniel sort des limbes. Méconnu en raison de son échec commercial en plein reaganisme triomphant et de sa faible postérité, le film de Sidney Lumet, tourné entre Verdict (1982) avec Paul Newman et A la recherche de Garbo (1984), avec Anne Bancroft, constitue un jalon majeur de sa filmographie. Et du cinéma américain. La preuve par six.

dimanche 13 novembre 2022

A la recherche de Garbo : la tendre comédie de Sidney Lumet à (re)découvrir illico

A la recherche de Garbo Blu-ray CINEBLOGYWOOD

En Blu-ray et DVD : Ce n'est pas le film le plus connu de Sidney Lumet mais A la recherche de Garbo (Garbo Talks, 1984) est une tendre comédie qui continue de nous faire fondre près de 40 ans après sa sortie. L'Atelier d'images nous propose de (re)découvrir ce petit bijou dans un nouveau master HD en vidéo.

mardi 30 mars 2021

Le Gang Anderson : un thriller prophétique

Le Gand Anderson Blu-ray CINEBLOGYWOOD

En DVD et Blu-ray : A quoi reconnaît-on un grand cinéaste ? A sa capacité à réaliser un film de genre (en l'occurrence, un film de casse), en lui donnant le rythme et le suspense attendus, tout en développant un discours pertinent - et même prophétique ! - sur notre société. C'est justement ce que Sidney Lumet a réussi haut la main avec Le Gang Anderson (The Anderson Tapes, 1971), qui ressort en vidéo dans une belle version restaurée. En prime, il a relancé la carrière de Sean Connery et lancé celle de Christopher Walken !

dimanche 5 juillet 2020

Point Limite : un thriller tendu dans l'ombre de Docteur Folamour

En Blu-ray et DVD : Eclipsé par Docteur Folamour lors de sa sortie en 1964, Point Limite (Fail Safe) aborde comme le film de Stanley Kubrick l'absurdité de la guerre froide et surtout, le péril que fait peser l'arme nucléaire sur nos existences. Rimini Editions propose le long-métrage de Sidney Lumet, avec Henry Fonda et Walter Matthau, dans une belle version, complétée par des bonus passionnants.

vendredi 12 décembre 2014

Gerry Fisher : d'Accident à Highlander, retour sur une filmo éclatante -VIDEOS


Artistes : Avec le décès de Gerry Fisher à l'âge de 88 ans, disparaît l'un des plus grands chefs opérateurs du cinéma, dont le nom restera à jamais lié à celui de Joseph Losey. Dont il éclaira huit films, et pas des moindres, d'Accident à Don Giovanni, en passant par Cérémonie secrète, Le Messager,  Maison de poupée, Une Anglaise romantique, M. Klein, et Les Routes du Sud. 

Mais Gerry Fisher, par la qualité de son travail sur les couleurs, le soin qu'il apportait à la captation de la lumière naturelle – rappelez-vous le soleil estival du Messager, ou bien la netteté des silhouettes égarées dans la chaleur nocturne suffocante d'Accident – a prêté ses talents à d'autres grands cinéastes. Tout d'abord comme assistant et cadreur du grand chef op britannique Jack Hildyard, il participe aux tournages du Pont de la Rivière Kwai, de Soudain l'été dernier, de Cléopâtre, et de... Modesty Blaise, de Joseph Losey. 

C'est le début d'une longue et fructueuse collaboration entre le directeur de la photographie britannique et le réalisateur américain, qui entamait la période glorieuse de son exil européen. En se lançant seul sur la lumière d'Accident, Gerry Fisher accède à la reconnaissance internationale avec Joseph Losey, mais aussi avec John Huston – Le Malin, en 1979 – Billy Wilder – Fedora, en 1979. Et surtout Sidney Lumet, pour lequel il se dépassera dans un registre sombre et claustrophobique avec The Offence (1973), solaire, mélancolique et automnal avec A bout de course (1987). Enfin, parmi sa très riche carrière, relevons deux coups d'éclat, totalement inattendus, quasi-expérimentaux et graphiques :le méconnu Wolfen (1981), dans lequel il prête ses éclairages à des regards subjectifs de loups envahissant New York, alors en pleine déliquescence ; Highlander (1986), dans lequel il est parvenu à magnifier et contenir  l'esthétique clip et choc des années 80 de son réalisateur Russel Mulcahy.

Retour sur une carrière de tout éclat.


lundi 1 juillet 2013

Contre-enquête : un Lumet à redécouvrir


En DVD et Blu-ray : Juifs, blacks, blancs, WASP, latinos, gays, Irlandais, Porto-Ricains, drogués, prostitué(e)s, flics, voyous, politiciens, avocats, hommes, femmes... Revoir Contre-Enquête (Q&A, 1990) aujourd'hui, c'est d'abord ça : mesurer à quel point Sidney Lumet avait su restituer la réalité sociologique d'une ville, de toutes ses composantes. Et de toutes ses tensions. Car ce que révèle avant tout le film, c'est la désagrégation du lien social, l'arrivée du communautarisme. Rien que pour ça, l'un des films les plus méconnus de Lumet mérite le coup d'oeil.

jeudi 8 septembre 2011

A la recherche de Garbo : La Rose Pourpre du Caire by Sidney Lumet


En salles : Attention, perle rare. Dans l’abondante filmographie de Sidney Lumet, décédé au printemps dernier, on oublie très souvent A la recherche de Garbo, qui ressort cette semaine en copie neuve. Et c’est dommage, car derrière ses aspects modestes, de film mineur, c’est l’une des oeuvres les plus secrètes de son réalisateur, certainement celle où il se dévoile le plus – quasiment une sorte d’autoportrait. Certes, sans posséder le souffle élégiaque de A bout de course, ce Garbo talks tient une place à part dans son œuvre. La preuve  par trois :


Un registre inhabituel

1 - C’est une comédie, certes douce amère, mais une comédie. Un registre inhabituel pour le réalisateur de Serpico, du Crime de l’Orient-Express ou de Network ! Dialogues, situations, Lumet en possède le BA-BA. Un sans faute. Notamment dans les scènes de ménage du couple Ron Silver-Carrie Fisher, stigmatisant les différences de comportements entre Californiens et New-Yorkais. Ou bien l’anticonformisme et le culot de son personnage principal, interprété avec abattage par Anne Bancroft….

lundi 27 juin 2011

Sidney Lumet n'est décidément pas mort


Artistes : Hasard ou coïncidence, la récente disparition de Sidney Lumet s'accompagne d'un fort regain d'intérêt à son égard. Il faut dire que la vigueur, la force et l'originalité de son dernier film 7H58 ce samedi-là l'avaient déjà remis sur la devant de la scène après quelques années d'injuste purgatoire.

dimanche 10 avril 2011

Mort de Sidney Lumet : deux perles à redécouvrir

Artistes : Sidney Lumet est mort. De ce grand cinéaste, on retiendra évidemment 12 hommes en colère, Serpico, Un Après-midi de chien, Le Prince de New-York, Verdict, voire même Family Business ou Le Crime de l’Orient-Express.

Lumet a également réalisé des perles moins connues mais que Cineblogywood vous invite à redécouvrir illico. Pour notre camarade Travis Bickle, A Bout de Course, avec le regretté River Phoenix, est tout simplement le meilleur film de Lumet. Quant à moi, j'ai été scotché par la noirceur de The Offence, avec un Sean Connery à contre-emploi. Relisez donc nos posts :



Anderton

lundi 14 septembre 2009

The Offence : Connery et Lumet dans un polar glauque


En DVD : Lassé de jouer James Bond, Sean Connery a tenté de relancer sa carrière et de prouver au monde qu'il pouvait faire autre chose à l'écran que commander un martini. Et il n'y a pas plus éloigné de l'univers de 007 que The Offence.


Dans ce film méconnu de 1973, pas d'espion glamour mais un flic désabusé, traumatisé par les horreurs auxquelles il a dû assister tout au long de sa carrière. Pas d'organisation secrète voulant détruire le monde, mais un insaisissable violeur d'enfants. Pas de plage paradisiaque aux Bahamas mais une sordide banlieue anglaise, au coeur d'un hiver gris et pluvieux.

A la réalisation, Sidney Lumet. Avant Serpico (1973) et Un Après-midi de chien (Dog day Afternoon, 1975), le cinéaste américain signe un polar sombre, cru. Glauque, même. Sa mise en scène parvient à concilier parti pris réaliste pour décrire l'environnement sordide de l'histoire (ville-nouvelle sans âme, campagne boueuse) et séquences hallucinatoires, qui ne manquent pas d'interpeller le spectateur.



Radical

Sean Connery joue un être sur le fil du rasoir, enfermé dans son propre cauchemar. Rien à voir avec le héros hollywoodien classique. Un de ses grands rôles, sans aucun doute. Mais voilà, le film est trop radical pour son époque et casse trop le mythe de la star écossaise. D'où une sortie minimaliste et un vautrage au box-office.

Bravo Wild Side pour avoir sorti de l'oubli cette oeuvre âpre mais pleine d'intérêt. Comme l'expliquent dans un bonus pointu Jean-Baptiste Thoret, historien du cinéma, et François Guérif, expert ès-polar, The Offence était finalement trop en avance sur son temps. Une (re)découverte s'impose.

Anderton

mercredi 22 avril 2009

A bout de course : éloge de la fugue

En salles : Papy Travis a vu pour vous une rareté qui ressort cette semaine sur les écrans, A bout de course (Running on Empty, 1988), du vétéran Sidney Lumet. Du cinéaste, on connaît surtout les polars urbains et nerveux des années 70 : Serpico, Un après-midi de chien, Le prince de New-York. On connaît également ses films de genre, sérieusement troussés, tels Contre-enquête, Network, 12 hommes en colère ou tout récemment le dostoievskien 7h58 ce samedi-là.
On connaît également ses adaptations – Equus, La Mouette, L’Homme à la peau de serpent. On connaît également son goût pour les stars – Family Business, Verdict ou Le Crime de l’Orient-Express en témoignent. Eh bien, A bout de course est à l’opposé de tout son cinéma. Et demeure à son jour son meilleur film.
Sidney Lumet à son meilleur
Car le vieux routier du cinéma US – 84 ans au compteur – livre là son film le plus secret, le plus intime. Et le plus élégiaque – magnifique lumière de Gerry Fisher, chef op attitré de Losey, notamment sur Accident et Le Messager. Chronique d’une famille perpétuellement en fuite, traquée par le FBI pour avoir commis un attentat contre un laboratoire fabriquant du napalm, A bout de course se concentre moins sur le contexte politique que sur les relations familiales. Et plus particulièrement sur l’aîné, las de quitter tous les six mois son école, ses amis, son identité. Et incapable de se projeter vers l’avenir, obligé d’endosser la faute de ses parents.
River Phoenix, le DiCaprio des 80’s, lui apporte tout le rayonnement et la sensibilité qui caractérisaient son jeu. L’un de ses trois grands rôles, avec Stand by me et My own private Idaho.
On ne peut pas danser sur du Beethoven
"Question de tempo, on ne peut pas danser sur du Beethoven", apprend-on au cours du film. Eh bien, Lumet semble appliquer à la lettre ce principe : question de tempo, il ne peut pas filmer cette fugue familiale comme il filme New York. Pour une fois, comme l’a remarqué Bertrand Tavernier dans son indispensable 50 ans de cinéma américain, Sidney Lumet prend son temps. Et s’attache à ses personnages, plus qu’au suspense qu’aurait pu générer cette intrigue. Et c’est tout simplement bouleversant. A l’instar de la scène où le père apprend la disparition de sa mère, ou lors des retrouvailles entre la mère et son propre père, un conservateur qu’elle n’avait pas vu 14 ans durant.
Si vous ne sortez pas la gorge nouée de ce film à redécouvrir absolument, c’est définitivement que vous n’êtes pas digne de lire ce post !
Travis Bickle