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lundi 13 novembre 2017

Le Flingueur : thriller tranchant et pervers avec Charles Bronson

En DVD et Blu-ray (le 15 novembre) : On a aujourd'hui oublié que Charles Bronson a été une superstar. Dans les années 70, il incarnait le dur à cuire taiseux tout autant que Clint Eastwood. Un statut et un personnage qu'il doit pour beaucoup à un film auquel Wild Side consacre un beau coffret Blu-ray + DVD + livret : Le Flingueur (The Mechanic, 1972). Réalisé par Michael Winner, ce thriller sec et tranchant est à (re)découvrir d'urgence.



Le début du film captive le spectateur. Charles Bronson descend d'une voiture, un sac à la main. Il fend les rues d'un quartier populaire pour entrer dans un hôtel miteux. De sa fenêtre, il prend des photos d'un sordide appartement, dans l'immeuble d'en face. Puis le voyeur s'en va. On le retrouve dans une superbe demeure, vêtu d'une robe de chambre en soie, un verre de vin à la main, de la musique classique en fond sonore. Il étudie les photos qu'il a prises : une cuisinière, une bibliothèque... La suite sera tout aussi mystérieuse. On découvrira alors qu'Arthur Bishop - c'est son nom - est un tueur à gages, aussi méticuleux qu'implacable.
 

 
En dire plus serait criminel. En revanche, je peux vous assurer que 45 ans après sa sortie, Le Flingueur n'a rien perdu de sa force. Le Britannique Michael Winner signe un thriller sous influence du Nouvel Hollywood, qui frappe dès les premières images. La photo de Richard H. Kline y joue pour beaucoup et ce master restauré HD lui fait honneur. La mise en scène s'avère pour sa part aussi efficace qu'audacieuse : faut oser ouvrir un film avec quinze premières minutes sans la moindre parole ! Si les séquences d'action sont prenantes (notamment une course-poursuite en voiture près de Naples), les scènes dans lesquelles interagissent les personnages dégagent une ambiance viciée, pour ne pas dire perverse. Le scénario réserve d'ailleurs son lot de surprises et de rebondissements.
 
Mécanicien du crime
 
Bronson parle peu et il le fait très bien. Son regard acier transperce un visage minéral que vient parfois balayer une mêche rebelle, seul élément en mouvement dans cet ensemble impassible. L'acteur est parfait en "mécanicien" du crime : comme l'indique un historien du cinéma, dans un bonus passionnant, avec ce film, Bronson impose son "personnage" qui le mènera au rôle de vigilante froid et obstiné dans la saga d'Un Justicier dans la ville. Pour autant, avant de tomber dans une caricature de lui-même, Bronson est ici impeccable. Pas de tartine psychologique pour expliquer les motivations de son personnage. Tout passe par le regard, notamment celui qu'il porte à son jeune protégé, incarné par un Jan Michael Vincent (vedette de la série Supercopter) malsain à souhait.
 
L'édition est accompagné d'un livret très informatif dans lequel Samuel Blumenfeld rappelle notamment l'influence sur le film du Samourai de Jean-Pierre Melville.
 
Anderton
 
 

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