mardi 27 août 2019

Dumbo : Tim met du Burton dans son Disney

En DVD et Blu-ray : Le Dumbo de Tim Burton est disponible en vidéo dans un édition bourrée de bonus. 5 raisons de (re)découvrir cette adaptation d'un classique de Disney. 


1) Un univers burtonien
C'est l'histoire d'un personnage timide et muet dont l'anormalité physique l'empêche de vivre normalement et suscite les quolibets. Il se renferme alors sur lui-même jusqu'à ce qu'il découvre que sa difformité est en fait un don qu'il peut utiliser pour faire le bien, gagnant ainsi le respect et l'admiration de la communauté. On dirait à peu près le pitch d'Edward aux mains d'argent et c'est pourtant l'histoire de Dumbo telle que l'a écrite Helen Aberson en 1939. Quand on connaît l'attirance de Tim Burton pour les outcasts et les freaks, on n'est pas étonné de découvrir que le dessin animé de Walt Disney était l'un de ses préférés. C'est pourquoi cette adaptation est tout sauf une affaire de gros sous : le cinéaste est dans son univers.

2) Une approche plus familiale
Il est reproché à Tim Burton d'avoir perdu sa "golden (and dark) touch". Et certains de ses fans regrettent ses adaptations disneyennes, d'abord Alice au pays des merveilles puis aujourd'hui, Dumbo. Je n'ai pas vu le premier mais j'ai bien aimé le second. Certes, le ton est moins grinçant et l'atmosphère moins gothique que dans certains de ses grands films. Mais je trouve que le cinéaste s'est adapté à son public et celui de Dumbo est plus familial, avec davantage de jeunes enfants. Il propose ainsi un spectacle davantage axé sur le merveilleux (d'où la photo chaude et dorée de Ben Davis) qui par ailleurs respecte l'esprit du dessin animé de 1941. Burton revisite les scènes cultes d'origine (la naissance, le bain, le premier numéro de cirque, le ballet des éléphants roses, etc.), en prenant le parti de ne pas faire parler les animaux.


3) Du Burton quand même
Dans ce film plus family oriented, Tim Burton fait parfois résonner des ricanements un peu inquiétants et jaillir les ténèbres, qui assombrissent alors l'éclat de cet univers enchanteur. Par petites doses, ici ou là. Surtout, je trouve très gonflé de sa part d'avoir confier le rôle du méchant à un patron de parc d'attractions ! Un parc qui fait bien sûr penser à Disneyland pour ses attractions, les voix qui diffusent les messages au public, les stands de jouets omniprésents... Un parc dont Burton va s'attacher à démonter la mécanique, à tous les sens du terme. Et ça, c'est typiquement Burtonien ! De la même manière qu'il a dynamité Noël de l'intérieur dans L'Etrange Noël de Monsieur Jack, il s'attaque de front à l'une des activités phares de Disney. Au passage, je ne peux pas imaginer un seul instant que les cadres du studio n'aient pas compris la démarche de Burton. Ce qui démontre que The House of Mouse est capable de laisser les artistes s'exprimer librement, à son détriment. Jusqu'à un certain point, hein, mais quand même. Et puis, Danny Elfman a évidemment composé le score.

4) Un bon mix de réalité et de virtuel
Dumbo mêle prises de vues réelles et images réalisées par ordinateur. Le rendu final du film peut donner l'impression que la CGI domine ; or un bonus montre que de gigantesques décors ont été construits. Même ambition dans les costumes et les numéros de cirque, impliquant de nombreux artistes. Le casting est top. Colin Farrell incarne un parfait papa "Disney", c'est-à-dire fondamentalement bon, pas toujours sûr de lui mais qui se révèle héroïque quand il le faut. Et wow, l'acteur s'avère être un excellent cavalier. Eva Green apporte son physique de star des années 30 : on craint qu'elle joue la méchante Frenchy et non, elle apporte beaucoup de nuances à son personnage, qui évolue au cours du film. Michael Keaton la joue à fond dans le rôle du flamboyant patron de parc d'attraction tandis que Danny DeVito assure en patron de cirque roublard. Et les deux enfants n'ont rien d'horripilant - mention à Nico Parker qui a le visage d'une héroïne burtonienne ! Quant à Dumbo, il nous fait oublier qu'il n'est pas un vrai éléphant : ses grands yeux savent émouvoir. 

5) Des bonus à gogo
Le Blu-ray édité par Disney propose de nombreux bonus qui reviennent sur la production du film. Il y a aussi des scènes coupées, un bonus spécial Easter Eggs [attention spoiler : j'ai l'impression que le film de Burton se termine dans un décor du Livre de la jungle de Favreau], un bêtisier et le clip de la reprise de Baby Mine par Arcade Fire.

Anderton

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