Avec Police Flash 80, Jean-Baptiste Saurel nous transporte à une époque où les flics portaient des blousons en cuir, décapsulaient leurs bières avec leurs flingues et menaient leurs interrogatoires à coups de bottin. Désormais disponible en vidéo chez Pathé, la comédie avec François Damiens, Audrey Lamy et Thomas Ngijol joue à fond la carte du rétro et du pastiche et ça fait le job.
Voilà la brigade de choc
Johnny Lansky était un sacré bon flic. A l'ancienne. Le genre à détourner le regard et empocher le pognon. Sauf qu'il est devenu un peu trop gourmand et que ça n'a pas plu à Luc Le Timal, animateur respecté de la MJC du quartier et dealer à plein temps. Le flic a été retrouvé mort. Son partenaire, Yvon Kastendeuch, n'a pas eu le temps de faire son deuil qu'il a été propulsé à la tête d'une unité destinée à mettre un terme au trafic de drogue. Cinquante francs de salaire en plus et quelques tickets restau l'ont convaincu d'accepter sa nouvelle mission et ses nouveaux coéquipiers : Guilaine Reblot-Bernard, une brillante policière à cheval sur le règlement ; Roberto Torticelli, le roi du déguisement, et Marfoud Alaoui, le spécialiste du minitel et de la prise péritel. Pas simple pour Kastendeuch, fan de Sardou, adepte de la combine et de la procrastination.
Rétro rigolade
Police Flash 80 reconstitue les années 80 dans le moindre détail. De la bouteille de viandox au calendrier des PTT, du troquet qu'on dirait sorti d'un film de Sautet aux vêtements trop larges et aux couleurs trop criardes en passant par les coupes de cheveux où la frange épaisse le dispute aux bouclettes jusqu'en bas de la nuque. Chaque élément des décors et costumes nous ramène quarante balais en arrière. C'est vrai aussi pour les bagnoles, la bande-son et même les noms des protagonistes : Johnny Lansky est un hommage plus qu'appuyé à la série David Lansky, dont le personnage principal était interprété par Johnny Hallyday. Quant à Kastendeuch, cela rappelle aux plus anciens le patronyme d'un joueur de football qui mit ses crampons au service du FC Metz.
On baigne dans un jus vintage et souvent ringard qui fait tout de suite sourire. Faut dire que le look 80's, c'est comme le viandox ou le survêt fluo justement, ça n'a pas bien vieilli. Et là où on se marre vraiment, c'est quand le film joue et se joue de tous les codes et comportements de l'époque - sans filtre -, qui passent bien mal à la lumière plus tamisée de la nôtre. Et puis voir un policier se pointer avec un fax pour annoncer une nouvelle urgente, cela fait forcément marrer.
François Damiens s'embrouille
Au pinacle de la beaufitude, se tient fièrement Yvon Kastendeuch. François Damiens l'incarne avec son talent habituel. Bidoche en avant, bêtise crasse assumée mais sans jamais le priver d'une humanité qui jaillit ici ou là, dans un regard ou quelques mots a priori anodins que le comédien rend sensibles et touchants alors qu'on ne s'y attendait pas. Yvon le dinosaure est confronté à une "jeune" génération de collègues à la fois plus professionnelle et plus respectueuse (de la loi, des autres) mais qui n'échappe pas pour autant à la marque de son temps. Guilaine Reblot-Bernard est une flic qui ne s'en laisse pas compter sur le terrain ; à la maison, elle est renvoyée par son mari à son rôle de femme au foyer. Audrey Lamy interprète ses contradictions avec beaucoup de nuances. Même Luc Le Timal (dont le blase est en soi tout un poème pour la communauté antillaise), le méchant à la personnalité très marquée, échappe à la caricature grossière grâce au jeu de Thomas Ngijol, qui a également cosigné le scénario. A côté de ce trio, on retrouve Xavier Lacaille (Torticelli), Brahim Bouhlel (Alaoui) et Philippe Rebbot (le commissaire) qui donnent vie à des personnages hauts et en couleurs.
L'édition DVD de Pathé propose en bonus un entretien avec l'équipe du film et une journée sur le tournage. Je me suis bien marré devant cette comédie qui cherche à faire marrer et atteint pleinement son but. J'aimerais bien retrouver cette fine équipe à l'écran. Affaire à suivre...
Anderton

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