09 janvier 2007

Mel Gibson sacrifie son "Apocalypto"

En salles : Apocalypto Now ! Le nouveau film de Mel Gibson sort en salles mercredi. Je l’ai visionné en décembre dernier (merci L’Olive) mais lors d’une projo officielle, hein ! Le téléchargement, c’est vilain (après, tu te mets à crocheter les voitures garées dans les ruelles). Bref, si je n’ai pas vu passer les 2h18 de film, je suis sorti du cinoche avec des sentiments mitigés. Je vous les soumets et sans balancer de spoilers.
Sale gore
D’abord, Mel Gibson n’a pas changé. Toujours aussi manichéen. Il oppose les gentils Mayas chasseurs de la forêt aux vilains Mayas cruels et décadents des villes. La civilisation maya se résume, pour lui, à des sacrifices humains et à des inégalités criantes. Il fait même passer pour des ignares un peuple reconnu pour ses connaissances en astronomie.
Non seulement il déforme la vérité historique (d’où la colère des archéologues mayanistes du monde entier) mais en plus, il se délecte encore une fois à filmer des scènes de souffrances, de violence, de torture. Avec des effets gore de série Z italienne des années 80. C’est parfois tellement hénaurme qu’on se retient de ricaner.

Voyage épique
Et pourtant, tout n’est pas à jeter. Gibson parvient, grâce aux dialogues en yucatèque, aux décors magnifiques, aux costumes somptueux et à ses acteurs, généreux, vrais, à transporter le spectateur dans un monde qui reste largement inconnu du public européen. Un monde mystérieux, à la beauté sauvage. On compatit totalement au sort du héros, ce qui ne rend que plus haletante la dernière partie du film, une course-poursuite très hollywoodienne mais efficace.
Le talent du réalisateur est indéniable. Quand il ne s’attarde pas sur un gros plan de vilaine blessure, il sait filmer ample, "épique", faire passer des émotions, donner du rythme, de la vie. Alors voilà pourquoi, je regrette les dérives du bonhomme et son idéologie sectaire, qui l’empêchent de signer un grand film.

PS : Pour ceux que le sujet intéresse, je ne peux que chaudement recommander la lecture d’Azteca de Gary Jennings. Ce n’est pas sur les Mayas (ah tiens ?) mais la civilisation aztèque est culturellement très proche de celle du Yucatan. Et c’est un excellent livre qui combine histoire, aventure et une (bonne) poignée d’érotisme. Ayayay ! Arriba, arriba!

2 commentaires:

stephane a dit…

Merci pour cette analyse intéressante.

spqr a dit…

"d’où la colère des archéologues mayanistes du monde entier"

Ce n'est pas l'avis de ceux qui ont mené des recherches ces dernières années ou qui en mènent en ce moment.

Voici un article sur les fondements d'Apocalypto et les sources mayas :

Apocalypto de Mel Gibson, les Mayas et les sacrifices humains

En dehors de cela, félicitations pour votre blog sur le cinéma, je commence à le découvrir.

Bonne lecture.

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