DOSSIER

16 mars 2010

Ninja Assassin : l'étoile dans les têtes


En salles : Raizo est orphelin. Pauvre Raizo. Heureusement grâce au programme d'intégration "Les parents les plus stricts du monde", il se trouve une famille d'accueil en rejoignant le clan Ozunu. Suivant les principes d'une éducation fondée sur le châtiment corporel systématique à la moindre incartade, il devient expert en maniement de joujoux tranchants. A l'âge où certains font encore dans leur lit, il est capable de décapiter une mouche à l'aide d'une cuillère en bois non affutée. Ce qui est loin d'être un exploit pour un ninja digne de ce nom, surtout si la mouche est préalablement immobilisée grâce à une bombinette à fumée.

Raizo apprend en effet à être un guerrier de l'ombre, il doit se déplacer sans bruit sur un parquet qui craque (le méchant et sans scrupule chef de clan a installé une latte piégée), se battre dans un dojo éclairé à l'aide d'une multitude de lustres explosifs (le méchant et sans vergogne chef de clan les a placé trop bas), cultiver des bonzaïs riquiquis et dépressifs (le méchant et sadique chef de clan a contraint leur croissance). Il devra même se passer de ses 5 sens les uns après les autres, histoire d'être certain de repérer à l'oreille une attaque de calories hargneuses.

Bref, maltraité pour son bien, la vigueur de son bras grandissant à mesure que l'intensité de son regard s'amenuise, il grandit surtout en force...Jusqu'au jour ou il prend conscience que cet enseignement le destine à tuer des gens qu'il ne connaît pas affublé d'une burka sportswear. Raizo fait alors sa crise d'ado et fugue avec pour objectif de botter les fesses racornies de son père adoptif. Même s'il ne sait toujours pas lire.

Comme son nom l'indique, Ninja Assassin n'est pas une comédie romantique. Produit par le frère et la sœur Wachowski (Suite à l'échec acidulé de Speed Racer, Larry assume enfin officiellement sa part féminine), c'est un pur film de genre dans lequel le scénario n'est que le prétexte à la mise en scène de séquences de combat aussi visuellement bluffantes qu'invraisemblables. Il est vrai que les capacités attribuées aux Ninjas se prêtent assez bien aux délires habituels des réalisateurs de Matrix...

La gravité n'a pas d'emprise sur ces virevoltants fantômes. Tout de noir vêtus, ils te découpent une jambe comme ils feraient une julienne de carottes, avec le même petit sourire concentré et détaché. Les chorégraphies s'enchaînent donc sans surprise si ce n'est un penchant pour l'effusion de sang stylisée et le démembrement expéditif.

Sans prétention, Ninja Assassin est un film bourrin plutôt réussi qui ne parvient toutefois pas à nous faire oublier que les choses ont changé, que les fleurs ont fané, que le temps d'avant, c'était le temps d'avant. Les ninjas restent et resteront ringards.

Mon conseil : j'attendais mieux du réalisateur de V pour Vendetta (James McTeigue) mais les amateurs s'en contenteront sans peine.


Sentenza

1 commentaire:

Armand_LeHess a dit…

Brainless, gore, Ninja Assassin ne fait pas dans la dentelle mais ne parvient pas à s'imposer dans un genre pourtant laissé en friche, la faute à une mise en scène brouillonne et une absence complète de sentiments ou de liens narratifs forts. Ninja Assassin, un Van Damme de luxe sans Van Damme.

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