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19 mars 2010

Pathfinder : le guerrier lipidineux

 
En DVD. Pathfinder est un vrai nanar. Le genre de film dans lequel les méchants sadiques et les gentils niais s'invectivent en pagnes Tati à coup de glaives en plastique. Le genre de film pour lequel le scénario tient sur un post-it à moitié déchiré quant il ne correspond pas à la liste de course du réal. Le genre de film enfin dans lequel les acteurs sont persuadés qu'il suffit de gueuler pour se faire comprendre.

Tourné dans une forêt de Fontainebleau photoshopée à la truelle, ce fond de cuvette narre les aventures d'un héros dodu devant défendre sa tribu d'adoption, des indiens pacifiques plumes dans les fesses et calumets dans la bouche, confrontée aux attaques de son peuple d'origine, des vikings belliqueux casques à pointe et couilles en béton. Il faut voir Karl Urban gambader dans la forêt, les poignées d'amour tressautant à chacun de ses mouvements et le regard perdu cherchant la caméra. Engoncé dans un slip en cuir, il s'entraîne au maniement de l'épée lorsque le crépuscule tombe et que le réal balance des fumigènes. Quant il est vraiment énervé, ses moulinets grandiloquents s'accélèrent et il frappe l'eau qui croupie en flaques non loin de là de toute la force de son bras mou mais rageur. De magnifiques gerbes, magnifiées par une mise en scène tout en ralentis, s'élèvent alors dans les airs. C'est beau. Et pas seulement.


Pathfinder bénéficie en effet d'un rythme soutenu permis par une multitude de sous intrigues que Marcus Nispel (le réal) ne s'attarde pas à développer. Puisqu'il n'y a pas vraiment de scénar, autant multiplier les pistes sachant qu'in fine les barbus malpolis finiront occis et le héros ramazotti. Entre deux explications musclées, on verra donc Ghost (nom du personnage caricaturé par Karl Urban) tomber amoureux, s'interroger sur ses origines, affronter un rival, prendre soin d'un demeuré, faire un footing, se masturber discrètement. Au bout d'1h30 de métrage, Marcus a du prendre conscience qu'il fallait conclure...10 min après, le film était fini sur un score sans surprise.


Rassasié mais pas comblé, je me suis dit que les vikings méritaient un match retour. J'irais donc voir le film de Nicolas Winding Refn, Le guerrier silencieux. Je risque de m'ennuyer davantage mais, au moins, ce sera sans bruit.

Mon conseil : à voir pour la jolie Moon Bloodgood, celle qui en pince pour Sam Worthington dans Terminator 4.


Réplique culte : Ghost vient de foutre une correction à une vilaine flaque (voir ci-dessus), il fixe alors son père adoptif qui passait par là et lui demande légèrement essoufflé "Qui suis-je ?". On peut lire dans le regard de Karl Urban toute la perplexité de l'acteur contraint de dire un texte stupide.
 

Sentenza

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Tellement naze que j'ai cru sur le moment que c'était une parodie d'un quelconque film vikings... j'exagère, une parodie aurait été plus intéressante. Néanmoins, entre un scénariste qui a du écrire son script entre deux beuveries, le réal qui adorait les plans brumeaux d'une belle montagne ( tout le temps la même, je me demandais ce qu'elle foutait là... ), le monteur qui devrait retourner à l'école histoire d'avoir son diplôme et Karl Urban qui fait de la luge sur un bouclier, franchement, j'ai ri tellement j'étais consternée. Seul regret: Karl Urban mérite mieux qu'un pareil nanar, il a du talent, s'il est bien dirigé.

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